Assurance auto malussé : vos solutions après une résiliation ou un gros malus

Conducteur consultant son courrier de résiliation d'assurance auto
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Un accrochage responsable, puis un second l’année suivante. La cotisation grimpe une première fois, puis une seconde. Le courrier de résiliation arrive dans la boîte aux lettres. Commence alors la partie la plus pénible : trouver un contrat quand votre coefficient vous précède partout. Des milliers de conducteurs vivent cette séquence chaque année et elle laisse toujours des portes ouvertes. Les règles générales du contrat, les garanties et les obligations sont détaillées dans notre dossier pour tout savoir sur l’assurance auto. Ici, nous entrons dans le cas précis de l’assurance malussé, celle qui concerne le conducteur rattrapé par son passé de sinistres.

 

Comment le malus fait grimper votre prime

Le coefficient de réduction-majoration, le fameux CRM, part de 1,00 à votre première souscription. Chaque année sans sinistre responsable le multiplie par 0,95. Chaque accident dont vous êtes responsable le multiplie par 1,25. En responsabilité partagée, la majoration tombe à 12,5 %.

Constat amiable rempli après un accident responsable qui fait grimper le coefficient
Un seul constat en tort suffit à majorer votre prime de 25 % l’année suivante.

Le mécanisme se cumule vite. Un conducteur à 0,80 qui provoque deux accidents la même année passe à 1,25. Sa prime augmente de 56 % en douze mois. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

SituationMultiplicateurEffet sur la prime
Année sans sinistre responsable× 0,95−5 %
Sinistre partiellement responsable× 1,125+12,5 %
Sinistre totalement responsable× 1,25+25 %
Plafond légal du coefficient3,50Prime de référence × 3,5

Le plancher reste fixé à 0,50, le plafond à 3,50. Autrement dit, un conducteur au coefficient maximal paie trois fois et demie la prime de référence de son contrat. Le CRM suit la personne, pas la voiture : changer d’assureur ne l’efface jamais.

Quand l’assureur met fin au contrat

Un coefficient élevé ne déclenche pas mécaniquement une résiliation. La compagnie garde toutefois cette faculté dans plusieurs cas prévus par le Code des assurances : après certains sinistres si le contrat le stipule, en cas de fausse déclaration, après une aggravation du risque ou faute de paiement de la cotisation. Le préavis est d’un mois après un sinistre. Pour un impayé, la procédure s’étale sur quarante jours à compter de la mise en demeure.

La suite se joue sur un document : le relevé d’information. Votre ancien assureur vous le remet automatiquement à la résiliation. Sur simple demande de votre part, il dispose de quinze jours pour vous l’envoyer. Il retrace cinq années de contrat, coefficient et sinistres compris. Chaque nouvelle compagnie le réclame avant d’établir un devis, ce qui explique pourquoi le passé remonte immédiatement à la surface.

Les assureurs généralistes refusent souvent ces dossiers. Des courtiers se sont spécialisés dans l’assurance auto malussé et travaillent avec des compagnies qui acceptent les coefficients élevés. Sur le site de SOS Malus, le devis se construit à partir de ce relevé d’information plutôt que sur un questionnaire standard. La démarche reste la même que pour un contrat classique, avec un tarif calé sur le profil réel.

💡 Le saviez-vous ?

Quand plus personne ne veut de votre dossier, le Bureau central de tarification prend le relais. Cette autorité administrative indépendante, présidée par Laurent Leveneur, professeur de droit à l’université Paris Panthéon-Assas, fixe le tarif auquel l’assureur de votre choix devra vous couvrir en responsabilité civile. Cet assureur est contraint de respecter la décision sous peine de retrait d’agrément. La saisine est gratuite et s’effectue dans les quinze jours suivant le refus, écrit ou tacite.

Les leviers qui font baisser une assurance malussé

Ce qui fait vraiment baisser la prime d’un conducteur malussé

Certains choix se comptent en centaines d’euros sur l’année, d’autres relèvent du cosmétique. Passer d’une formule tous risques à une garantie au tiers reste le levier le plus efficace. Relever la franchise produit le même effet, à condition de pouvoir absorber le reste à charge en cas de coup dur.

La voiture que vous choisissez pèse sur le tarif

Citadine de faible puissance fiscale, moins chère à assurer avec un malus
À coefficient identique, une citadine peu puissante coûte nettement moins cher à couvrir qu’une berline.

Le choix du véhicule compte tout autant. Une citadine de faible puissance fiscale coûte nettement moins cher à couvrir qu’une berline puissante, à coefficient identique. Le paiement annuel en une fois supprime les frais de fractionnement facturés par la plupart des assureurs. La conduite au kilomètre convient aux profils qui roulent peu.

Attention en revanche au réflexe qui consiste à changer de contrat trop vite. Les conditions et le calendrier de sortie obéissent à des règles précises, que nous détaillons dans notre page sur résilier son assurance auto.

Sur les dossiers d’import que je traite, je vois régulièrement des acheteurs qui immatriculent leur voiture sans avoir vérifié qu’ils pouvaient l’assurer. Un coefficient à 2,00 ferme beaucoup de portes, et une carte grise à votre nom sur un véhicule que personne ne veut couvrir vous immobilise. Faites des devis d’assurances avant de conclure l’achat, jamais après. Si tous les assureurs refusent, ne restez pas sans rouler : la saisine du Bureau central de tarification est gratuite et l’assureur que vous désignez est obligé de suivre la décision.

Jonathan LUCK
Jonathan LUCK

caroom

Combien de temps le malus vous suit

Bonne nouvelle : la sanction s’efface plus vite qu’on ne le croit. Chaque année sans sinistre responsable retire 5 % au coefficient. Surtout, deux années consécutives sans accident responsable ramènent automatiquement le CRM à 1,00, quel que soit le malus accumulé. Cette règle de descente rapide remet le compteur à zéro en vingt-quatre mois.

Un point mérite votre vigilance : une interruption de couverture prolongée n’améliore rien. Le coefficient reste figé et l’absence d’antécédents récents inquiète les compagnies au moment de la nouvelle souscription. Rester assuré, même au tiers avec une petite voiture, protège la reconstruction du dossier.

Ce profil reste minoritaire mais il progresse. Le Bureau central de tarification a rendu 449 décisions en assurance automobile en 2025, dont 322 pour des particuliers, avec la sinistralité comme premier motif de résiliation dans 52 % des dossiers renseignés. Son activité augmente sans interruption depuis six ans.

Les conducteurs récemment titulaires du permis subissent une logique voisine avec la surprime jeune conducteur, dont les remèdes sont abordés dans notre guide pour payer son assurance jeune conducteur moins cher.

L’essentiel à retenir

  • Le CRM part de 1,00, gagne 25 % par sinistre responsable et plafonne à 3,50.
  • Le relevé d’information sur cinq ans conditionne tous vos futurs devis, exigez-le sous quinze jours.
  • Un refus ouvre droit à la saisine gratuite du Bureau central de tarification.
  • Deux ans sans sinistre responsable ramènent le coefficient à 1,00.

Vous avez traversé une résiliation ou une remontée brutale de coefficient ? Partagez votre expérience en commentaire, elle aidera les conducteurs qui découvrent la situation.

Questions fréquentes sur l’assurance malussé

Un sinistre non responsable augmente-t-il le malus ?

Non. Seuls les accidents où votre responsabilité est engagée, totalement ou partiellement, font évoluer le coefficient. Un vol, un bris de glace ou un choc subi sans tort ne touchent pas au CRM.

Peut-on rouler sans assurance en attendant de trouver un contrat ?

Non. Le défaut d’assurance est un délit. L’amende forfaitaire s’élève à 500 €, majorée de 50 % au profit du Fonds de garantie, soit 750 € à régler. Le permis peut être suspendu et le véhicule confisqué.

Une assurance malussé coûte-t-elle toujours plus cher ?

Oui, la surprime est structurelle tant que le coefficient dépasse 1,00. L’écart se réduit fortement dès la première année sans sinistre responsable.

Le malus disparaît-il si je change d’assureur ?

Non. Le coefficient est attaché au conducteur et se transmet par le relevé d’information remis à la nouvelle compagnie.

Sources et méthodologie

Pour ce guide, nous avons croisé les textes en vigueur du Code des assurances avec notre expérience terrain de l’immatriculation et de la mise à la route des véhicules. Les coefficients, délais et sanctions ont été vérifiés à leur source officielle. La réglementation pouvant évoluer, les éléments datés font foi à la date indiquée.

  • Calcul du coefficient de réduction-majoration : Code des assurances, article A121-1 et son annexe, clause type du bonus-malus. Fiche « Bonus-malus dans l’assurance automobile » de service-public.gouv.fr.
  • Relevé d’information : articles 12 et 13 de l’annexe à l’article A121-1 du Code des assurances, délivrance obligatoire sous quinze jours.
  • Résiliation à l’initiative de l’assureur : fiche « Assurance auto : résiliation du contrat » de service-public.gouv.fr.
  • Refus d’assurance et saisine du Bureau central de tarification : fiche « Que faire si les assurances refusent d’assurer un véhicule » de service-public.gouv.fr. Chiffres 2025 issus du rapport d’activité du Bureau central de tarification, section véhicules terrestres à moteur.
  • Sanctions du défaut d’assurance : fiche « Amende forfaitaire en cas de délit de conduite sans assurance » de service-public.gouv.fr.

Dernière mise à jour de la veille : 15 août 2026

 

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Publié par

Jonathan LUCK

Fondateur de Caroom

Spécialiste de l’importation, de l’immatriculation et de la lutte contre les arnaques automobiles, j’aide les automobilistes à payer leur voiture au bon prix, en toute confiance, et à éviter les pièges. J’ai contribué à plus de 10 000 importations, réalisé plus de 18 000 immatriculations et aidé des milliers d’acheteurs à ne pas se faire arnaquer. En savoir plus.