Les mesures anti-voiture et la place de l’automobile dans les grandes villes à l’heure du COVID

Etude Ifop pour Caroom sur les mesures anti-voiture et la place de l’automobile dans les grandes villes à l’heure du COVID

Se déplacer est devenu un aspect essentiel du quotidien. En moyenne, un Français se déplace 10h par semaine et parcourt 400 km pour ses trajets domicile-travail, selon la dernière enquête nationale de mobilité réalisée par l’APPA (Association pour la Prévention de la Pollution atmosphérique). Des déplacements qui se font majoritairement en voiture individuelle (80%), et pour lesquels 55% des Français déclarent ne pas avoir le choix, ni les moyens d’utiliser un autre moyen de transport. Un problème pour les grandes villes, qui tentent d’apporter des solutions en termes de mobilité. Caroom.fr, comparateur de voitures et guide d’achat, s’associe à l’Ifop afin de sonder les Français sur la place de l’automobile et les mesures prises pour encourager la mobilité dans les grandes villes, à l’heure délicate du COVID. Une transformation des pratiques de mobilité au quotidien qui devient aujourd’hui une priorité pour la transition écologique.

 

Les Français, les habitants des grandes villes et les politiques en matière de mobilité

Lorsque l’on interroge les Français sur leur position vis-à-vis des restrictions de la circulation automobile, on observe que 49% d’entre eux et 62% des citadins souhaiteraient que leur municipalité adopte une mesure visant à réduire énergétiquement la place de l’automobile au profit d’autres moyens de transport (ex : bus, vélo). Un point de vue majoritairement partagé par les sympathisants EELV (95%).

1 Enquête Ifop x Caroom

Pour ce qui est de la perception des politiques municipales, visant à dissuader l’usage de véhicules automobiles, 72% des habitants des grandes villes affirment avoir l’impression que les pouvoirs publics les dissuadent d’utiliser leur voiture dans leur commune. Notamment les sympathisants de gauche avec EELV.

2 Enquête Ifop x Caroom

Aussi, si globalement les Français (55%) sont plutôt satisfaits de l’offre de transports en commun, notamment dans les grandes villes (72%), il n’en est pas de même pour les autres services. En effet, le mécontentement est globalement plus affirmé chez l’ensemble des Français en ce qui concerne les systèmes de véhicules en libre-service (61%) et le nombre de pistes et de bandes cyclables (51%). À l’inverse, les citadins sont eux majoritairement mécontents des conditions de circulations automobile (63%), et du stationnement (69%).

 

3 Enquête Ifop x Caroom

Plus en détail, ce sont principalement les citadins de -25 ans (54%) qui sont le plus satisfaits des conditions de circulation automobile. En ce qui concerne le stationnement, c’est chez les citadins sympathisants LREM (42%) que les satisfaits sont les plus nombreux.

De ce fait, le soutien à différentes mesures concernant la politique locale de mobilité se trouve impactée, notamment chez les citadins, peu nombreux à soutenir des mesures telles que la réservation de place de stationnement uniquement aux véhicules électriques (45%), la diminution des places de stationnement dans la rue ou en sous-sol (26%), ou encore la hausse des tarifs de stationnement dans la rue (23%). De même pour les mesures pour l’interdiction de circuler dans le centre pour les véhicules diesel (46%) ou l’arrêt du développement des infrastructures aéroportuaires et ferroviaires (37%).

4 Enquête Ifop x Caroom

L’intention et les freins à l’acquisition d’une
voiture :

Plus d’un Français sur trois, citadin ou non, aurait l’intention d’acheter une voiture, dont 12% dans les douze prochains mois, notamment les personnes disposant d’un grand pouvoir d’achat tels que les dirigeants d’entreprise (55%) ou encore les possesseurs de deux-roues motorisés (66%).

5 Enquête Ifop x Caroom

Lorsqu’on interroge les Français citadins sur les potentiels freins à l’achat d’un véhicule, sans surprise, sont principalement évoqués le prix (64%), le coût de l’entretien et l’assurance (46%), le budget du carburant (41%) ou encore les difficultés de stationnement dans leur commune (36%). Viennent ensuite le coût lié aux potentielles taxes ou malus imposés aux automobilistes (34%), les difficultés de circulation dans leur commune ou agglomération (34%), le coût du stationnement dans leur commune (33%), l’impact sur l’environnement (32%) et enfin les risques d’accident (22%).

6 Enquête Ifop x Caroom

Pour pallier ces freins, certaines mesures ont été prises par l’État, telle que la prime à la conversion, un dispositif fiscal incitant l’achat de véhicules automobiles à faibles émissions de CO2, mise en place depuis Juin 2020, dans le cadre du plan de soutien à l’automobile. Ce dispositif permet ainsi d’aider les automobilistes, particuliers et professionnels, à remplacer leur ancienne voiture par un véhicule moins polluant et plus récent. Le montant de cette prime peut atteindre plusieurs milliers d’euros, et pourrait inciter 47% des citadins à acheter une voiture neuve.

Une mesure qui pourrait séduire particulièrement les jeunes citadins de -35 ans (60%), ainsi que les catégories les plus pauvres (60%), mais également ceux en deux roues motorisés (81%).

7 Enquête Caroom

Lorsque l’on interroge les Français sur le mode de transport qu’ils utilisent le plus pour se rendre sur leur lieu de travail ou d’études, on constate que c’est le bus qui est majoritairement utilisé par les citadins (33%). En ce qui concerne l’utilisation de la voiture, d’un camion ou d’une fourgonnette, on observe une baisse significative de leur utilisation par rapport à 2015 : 29% des citadins aujourd’hui contre 44% en 2015, soit une baisse de 15 points.

De même, ils sont plus nombreux à se rendre à pied ou en vélo sur leur lieu de travail/études : 17% aujourd’hui pour la marche contre 11% en 2015 (+6 points), et 15% aujourd’hui pour le vélo contre 5% seulement en 2015 (+10 points).

Transports publics trop chers, ou lieux de travail excentrés, ce sont principalement les ouvriers (52%) qui utilisent le plus leur voiture.

8 Enquête Ifop x Caroom

Si le confinement est aujourd’hui loin derrière nous, les craintes liées au COVID sont encore bien présentes dans l’esprit des Français, qui craignent encore d’être en contact du virus dans les transports publics. Aussi, 33% des habitants des grandes villes se sentent aujourd’hui inquiets d’être infectés par le coronavirus. Parmi les transports considérés comme les plus à risque, on trouve le train (68%), le bus (57%) et les deux-roues (46%), devant la marche à pied (31%), la voiture (15%) ou le vélo (14%).

Enquête réalisée auprès d’un échantillon de 1.017 personnes, représentatif de l’ensemble de la population vivant en France métropolitaine de 18 ans et plus, ainsi que d’un échantillon de 1.031 personnes, représentatif de la population vivant dans les villes de 100.000 habitants et plus, par questionnaire auto-administré en ligne du 14 au 16 septembre 2020.

Vous pouvez télécharger l’intégralité du PDF de l’enquête via ce lien

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