À l’heure actuelle, près d’un véhicule sur deux vendus en Europe appartient au segment des SUV/Crossover. Toutefois, on constate que la berline opère un retour remarqué sur le devant de la scène, principalement grâce à son poids plus contenu et donc des consommations plus basses. Quoi qu’il en soit, toutes les berlines ne se valent pas, que ce soit au niveau de leurs prestations intrinsèques, certaines étant moins chères, mais aussi de leur facilité de revente. Ce point est pourtant trop souvent encore ignoré par de nombreux automobilistes et il nous semblait opportun de se focaliser sur les berlines les plus faciles à revendre.
Pourquoi s’intéresser à la facilité de revente de sa voiture ?
Avant d’aller plus loin, il est important de préciser ce que l’on entend par facilité de revente. Après tout, n’importe quelle voiture s’avère fondamentalement facile à revendre, à condition de la proposer sur le marché à un prix en deçà des attentes des acheteurs potentiels. Toutefois, l’idée n’est évidemment pas ici de considérer que le propriétaire actuel d’un véhicule doit accepter de perdre des plumes dans l’opération. L’objectif consiste, en revanche, à identifier des modèles suffisamment attractifs sur le marché de l’occasion pour que leur acquéreur initial puisse s’en séparer par la suite rapidement et au meilleur prix. Notez bien que tous les modèles qui profitent d’une faible décote ne sont pas forcément faciles à revendre, précisément, car l’absence d’un écart marqué par rapport au prix du neuf peut rebuter bien des acheteurs sur le marché de la seconde main.
Pour établir ce classement, nous nous sommes donc intéressés à des berlines qui décotent peu, mais qui génèrent assez d’attrait auprès d’un large public pour que leurs propriétaires puissent les revendre rapidement. Ce faisant, ils optimiseront leur coût global de possession du véhicule, bien sûr, et ils se placeront dans les meilleures conditions possibles pour acheter une autre voiture par la suite. Bien souvent, le leasing est mis en avant comme la solution idéale pour changer fréquemment de véhicule sans avoir à se soucier des problématiques liées à la revente. C’est tout à fait exact, mais le calcul économique d’une LOA ou d’une LLD, par rapport à un crédit classique, ou pire, par rapport à un achat cash, ne donne pas toujours le leasing en vainqueur et si l’on dispose d’une voiture facile à revendre, il est même souvent préférable d’en faire l’acquisition dès le début, en particulier si l’achat se fait à un tarif en dessous du prix catalogue.
Le Top 5 des berlines les plus faciles à revendre
Audi A3
Commercialisée en 2020, la quatrième génération de l’Audi A3 met en avant une offre particulièrement étoffée et un dynamisme de conduite de premier plan, en sus d’un équipement technologique dernier-cri. Elle rivalise donc avec la Mercedes-Benz Classe A et la BMW Série 1, ses principales rivales et au moment de la revente, l’historique de la marque aux anneaux sur le segment des berlines compactes lui permet d’emporter la victoire. De fait, BMW s’est quelque peu renié avec la nouvelle Série 1, qui n’est plus une propulsion, et Mercedes pâtit encore de l’image de la première génération de la Classe A, lancée à l’époque comme une sorte de mini-ludospace. Au sein du constructeur d’Ingolstadt, la A3 n’a jamais changé ses fondamentaux, mais elle les a peaufinés à chaque nouvelle itération, jusqu’à friser la perfection dans de nombreux domaines : finition, comportement routier, ergonomie, etc. En outre, l’Audi A3 présente l’atout d’être disponible en deux carrosseries : bicorps, de 4,34 m x 1,85 m x 1,45 m, ou tricorps plus longue de 20 centimètres. Quant aux motorisations, comme évoqué précédemment, elles sont remarquablement diversifiées, depuis le 3 cylindres en ligne essence de 110 chevaux jusqu’au tonitruant 5 cylindres turbo de 407 ch, en passant par plusieurs hybrides, MHEV (Mild Hybrid Electric Vehicle) ou PHEV (Plug-in Hybrid Eletric Vehicle), telles que la version 45 TFSIe de 245 ch pour 1,1 l/100 km seulement.
BMW Série 3
Si BMW perd la première manche, celle des berlines compactes, elle gagne haut la main la seconde, concernant les berlines familiales, segment sur lequel la Série 3 fait office de maître étalon depuis plusieurs décennies. Lancé en 2018 et restylé en 2022, ce modèle en est à sa septième génération, et il en a profité pour adopter une hybridation légère sur tous les moteurs, du plus petit bloc essence de 156 ch jusqu’au M340i de 374 ch, à l’exception de la M3, qui se positionne davantage comme une ultra sportive que comme une simple berline. À noter également la présence de deux offres hybrides rechargeables, pour des consommations inférieures à 1,5 l/100 km en cycle mixte, selon la norme WLTP. Quoi qu’il en soit, si la Série 3 prend l’ascendant sur ses nombreuses concurrentes en matière de revente, c’est principalement parce que BMW a su faire de ce modèle un porte-drapeau de ce que la marque incarne, à savoir une sportivité raisonnée. La Série 3 est relativement habitable, plutôt confortable, oui, mais ce sont principalement les sensations de conduite qu’elle procure qui en font une success-story, et qui explique la facilité qu’il y a pour trouver un repreneur à un bon prix. Mentionnons aussi une interface technologique beaucoup mieux élaborée que dans le passé, le terrible iDrive de première génération, qui a pu échauder quelques acheteurs potentiels, n’est plus que de l’histoire ancienne. Enfin, en termes de gabarit, la BMW Série 3 a, sans surprise, subit la tendance à la hausse qui a animé l’ensemble de la catégorie, mais l’inflation a été contenue dans les limites du raisonnable, notamment pour une utilisation urbaine : 4,71 m x 1,83 m x 1,44 m. Et, fait remarquable, une fois au volant, la Série 3 donne l’impression d’être bien plus compacte que ses dimensions réelles ne le laissaient craindre. BMW n’est pas seulement un excellent motoriste, c’est également un expert en châssis, et cela se sent immédiatement !
Mercedes-Benz Classe E
2023 aura été l’année de la commercialisation de la sixième génération de la Mercedes Classe E, l’un des modèles les plus iconiques de la marque à l’étoile. Il n’y a pas réellement de révolution à noter au niveau du design extérieur, mais plutôt une touche subtile de modernisme, au niveau de la calandre et du bandeau reliant les feux arrière, notamment. Dans l’habitacle, en revanche, les progrès sont notables : la finition reste impeccable, mais le style chic et un tantinet chargé de l’ancienne itération a laissé place à une présentation rappelant l’offre EQ 100 % électrique. Le numérique est donc omniprésent, mais, et c’est à noter, l’ergonomie a vraiment été soignée, de sorte que l’on se sent rapidement à l’aise dans cette Classe E. Alors, vous vous demandez peut-être pour quelle raison nous avons privilégié ce modèle par rapport à une Audi A6 ou une BMW Série 5, deux excellentes voitures par ailleurs. En réalité, c’est pour la même raison que la Classe E continue inexorablement de mieux se vendre que ses rivales Premium d’outre-Rhin : le compromis confort/efficacité/praticité qui la caractérise. Certes, une A6 sera encore mieux finie, jusque dans le moindre minuscule détail, et, oui, elle prodiguera davantage d’efficacité sur sol mouillé avec sa transmission Quattro de série. Toutefois, sur une route sinueuse, et en haussant le rythme, elle perdra de sa superbe. Inversement, une Série 5 se montrera incontestablement plus vive, et plus dynamique encore que la Classe E, mais au prix d’un confort et d’une praticité en retrait. Pour ce qui est des moteurs, Mercedes fait carton plein, avec de l’essence, du diesel, de l’hybride (simple et rechargeable) et même une offre électrique au travers de l’EQE. Les puissances s’échelonnent de 220 à 390 ch, voire jusqu’à 612 équidés tout de même pour la 53 AMG Hybrid 4MATIC+. Quant au gabarit, la Classe E étant une routière, elle en impose avec 4,95 m de long, pour 1,88 m de large et 1,47 m de haut.
Peugeot 508
D’un point de vue purement commercial, la Peugeot 508 de seconde génération n’aura sans doute pas rempli les objectifs que la marque au Lion envisageait à son lancement en 2018. De fait, elle avait une mission ambitieuse, celle de remplacer à la fois la 508 I, mais aussi la 407 Coupé et même, d’une certaine façon, prendre le relais de la 607. Pour cela, Peugeot lui a conféré une ligne de coupé à 4 portes particulièrement élégante, quitte à sacrifier quelque peu l’habitabilité à l’arrière. Pour autant, son design plaît, c’est indéniable, et depuis son restylage en 2023, le contenu technologique a été remis au goût du jour, en récupérant l’excellent système multimédia de la 308 III sur un écran de 10 pouces. Du côté des moteurs, l’offre est courte, mais rationnelle et bien pensée. Ainsi, la 508 II ouvre le bal avec des hybrides rechargeables, de 180 et 225 ch ! Longue de 4,75 m, large de 1,86 m et haute de 1,40 m, la 508 II se revend en tout cas très bien dans l’Hexagone, car elle incarne une certaine idée de la berline idéale à la française : élégante, dynamique, plus chaleureuse qu’un modèle allemand et finalement plus si éloigné en termes de performances et de prestations globales. Elle n’est pas exempte de petits défauts, mais pour sa clientèle, c’est finalement sans doute ce qui la rend si attachante.
Tesla Model S
Le tout premier véhicule de la marque californienne a été le Roadster, sorti dès 2008 et basé sur une Lotus Elise. Toutefois, c’est bien sûr cette berline grand format, de 5,02 m x 1,99 m x 1,43 m, qui a véritablement lancé Tesla. Restylée en 2021, la Tesla Model S conserve des performances à peine croyables électrisantes, même. En tout cas, ses prix se maintiennent à un excellent niveau et elle est très recherchée en occasion, car elle a démontré tout le potentiel de la propulsion 100 % électrique, et que ses batteries dénotent d’une usure très limitée, année après année. Certes, la Model S se retrouve aujourd’hui quelque peu dans l’ombre commerciale des Model 3 et Model Y, mais elle reste une berline d’exception, en particulier dans sa version Plaid, capable de dévorer le 0 à 100 km/h en 2,1 secondes, d’atteindre 322 km/h, tout en ayant une autonomie mixte d’environ 600 kilomètres, et en ne réclamant que 110 000 euros. C’est bien simple, avec de telles prestations pour un tel tarif et qui, rappelons-le, a pour corollaire une excellente valeur de revente, la Model S est sans rivale dans le monde des berlines électriques.
L’essentiel à retenir
Ce qu’il faut retenir de notre exploration des berlines les plus faciles à revendre réside dans l’importance de choisir un modèle qui combine attractivité, faible décote et qualités intrinsèques solides. Que ce soit pour leur performance, leur technologie avancée, leur design ou leur fiabilité, les véhicules sélectionnés dans notre Top 5 se distinguent par leur capacité à offrir à leurs propriétaires une expérience de conduite optimisée, tout en assurant une revente rapide et à un prix avantageux, bien sûr. Les modèles que nous vous avons présentés incarnent des choix judicieux pour tout automobiliste soucieux de l’économie à long terme de son investissement.
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