Depuis le milieu des années 1990, les SUV (Sports Utility Vehicles) sont devenus, si ce n’est omniprésents, du moins incontournables et pas uniquement aux Etats-Unis. En France, ils représentent désormais plus de 40 % des ventes de véhicules neufs et si l’on en juge par les futurs projets annoncés chez les différents constructeurs, cette tendance va encore s’accroître. Toutefois, on entend si souvent parler du terme SUV qu’il semble parfois mal utilisé, ou a minima il semble y avoir une méconnaissance de toute la diversité des sous-segments qu’il englobe. C’est précisément dans cette optique qu’il nous paraissait opportun de faire un focus sur cette catégorie auto, autour d’une problématique simple : comment reconnaître un SUV à coup sûr ? Et, mieux encore, quels sont les détails à rechercher pour savoir de quel type de SUV il s’agit ?
Quelles sont les caractéristiques des SUV ?
Avant toute chose, il est bon de faire un bref retour en arrière, à une époque où le concept de SUV n’existait pas encore réellement. Les ménages souhaitant disposer d’un véhicule habitable et pratique se tournaient alors majoritairement vers le break ou le monospace, tout en lorgnant avec envie du côté des voitures tout-terrain pour leur côté aventurier ou du côté des coupés sportifs pour leur look dynamique. Sur le papier, le SUV constitue donc en quelque sorte le parfait compromis, au travers de carrosseries évoquant des 4×4 purs et durs ou reprenant les gimmicks de quelques supercars, mais avec, dans tous les cas, une quête évidente de polyvalence.
Aujourd’hui, tous les constructeurs proposent au moins un SUV dans leur gamme, jusqu’aux plus irréductibles à cette tendance, à l’instar de Ferrari et son Purosangre, ou bien de Lotus et l’Eletre. Très clairement, ce n’est pas un hasard, car la demande du public reste très forte pour ces modèles qui dégagent tous une présence charismatique et imposante sur la route. En outre, les SUV ne constituent pas une famille homogène. Vous trouverez aussi bien des modèles urbains que des géants de plus de 5 mètres de long, tandis que de faux coupés côtoieront un vrai cabriolet, mais surtout de nombreux modèles au look baroudeur.
De plus en plus, vous entendrez même parler de Crossover, comme s’agissant d’une étape intermédiaire supplémentaire entre la berline et le SUV. En réalité, c’est surtout le témoignage du succès bluffant des SUV, dont les sous-catégories continuent de s’étoffer au fil du temps.
Alors, retenez simplement que le SUV se démarque par une position de conduite surélevée qui avait, en partie, fait le succès des monospaces à l’époque et par une attention particulière portée au design, le tout avec une praticité supérieure à celle d’une berline ou équivalente à celle d’un break.
Quelles sont les performances offertes par les SUV ?
Indéniablement, cette question soulève une problématique essentielle : les SUV ne sont intrinsèquement pas les meilleurs dans n’importe quel domaine, pour être tout à fait honnêtes. Et c’est aussi, paradoxalement, la raison pour laquelle ils sont parvenus à s’imposer avec une telle efficacité.
Ainsi, les SUV, bien qu’ils contiennent le terme « Utility » ne sont pas aussi pratiques que les monospaces, ludospaces et autres breaks familiaux qui peuvent mettre en avant des volumes de chargement supérieurs, pour un encombrement identique ou similaire. Bien sûr, s’agissant de véhicules imposants, il y a tout de même de l’espace à bord, mais si l’on prend un exemple simple, l’argument vous paraîtra tout de suite plus apparent. En passant de l’Espace IV (un monospace) à l’Espace V (un SUV), le volume de chargement maximal est passé de 2 860 à 2 101 dm3, sans que l’empreinte au sol de la voiture ne soit profondément modifiée.
En parallèle, et malgré la présence du « S » de Sport dans l’acronyme SUV, ces modèles ne peuvent évidemment pas prétendre au même dynamisme qu’une berline ou qu’un coupé, à moteur équivalent, pour la simple et bonne raison qu’ils sont plus lourds et que leur centre de gravité est surélevé. Et ceci est vrai pour n’importe quel couple berline/SUV, de la Série 5 de BMW face au X5, ou même au X6, ou bien de la Tesla Model S par rapport au SUV Model X.
Par ailleurs, puisque les SUV ont cette problématique de surpoids et très souvent de coefficients aérodynamiques moins efficaces que ceux des autres véhicules dont ils dérivent, les consommations énergétiques, que ce soit en essence, diesel ou électricité, sont plus élevées.
Enfin, à de rares exceptions près, du côté du Range Rover ou du Porsche Cayenne, les SUV ne brillent pas hors des sentiers battus. La plupart des exemplaires vendus n’ont même que deux roues motrices, c’est dire !
Alors, devant un panorama aussi peu flatteur, comment expliquer que les SUV soient si populaires ? En fait, ils ne sont les meilleurs en rien, soit, mais ils sont plutôt bons en tout et c’est ça qui plaît autant. Ils n’ont pas la praticité d’un monospace, certes, mais ils sont beaucoup plus pratiques qu’une berline. Ils n’ont pas le dynamisme de ladite berline, soit, mais ils se montrent beaucoup plus sportifs qu’un ludospace.
Ils consomment davantage, a-t-on dit ? Oui, mais ce sont aussi eux qui, grâce à leurs volumes, peuvent embarquer les batteries les plus imposantes et donc proposer des autonomies 100 % électriques plus intéressantes, par exemple. Quant à l’aspect de la conduite en tout-terrain, est-ce vraiment important dans la mesure où le véhicule dispose déjà d’un contrôle de motricité renforcée (pour la neige), voire d’une transmission intégrale et sachant qu’il y a de moins en moins d’endroits où le 4×4 est autorisé ?
Quels sont les différents types de SUV disponibles sur le marché ?
Pour plus de facilité, nous avons inclus les Crossovers au sein de la grande famille des SUV. Cela étant posé, découvrons à présent l’incroyable diversité de ce segment de marché, en débutant par les SUV urbains, c’est-à-dire ceux dont les dimensions apparaissent compatibles avec une utilisation citadine, si ce n’est quotidienne, du moins régulière. Il s’agit donc de modèles de 4,20 m environ, parmi lesquels on retrouve le Peugeot 2008, le Renault Captur ou bien encore les Volkswagen Taigo et T-Cross.
Viennent ensuite les SUV compacts, ceux qui reposent, pour l’immense majorité, sur des plateformes de berlines compactes. On pense ici à des modèles autour de 4,50 m, tel que le 3008 (qui utilise la plateforme de la 308), du Tiguan (reposant sur une plateforme de Golf) ou du X1 (qui fait appel à une partie du châssis de la Série 1). Parmi les exceptions, le Land Rover Range Rover Evoque mérite un coup de projecteur, car sa plateforme n’est pas partagée avec une berline compacte, Land Rover et Jaguar ne proposant de tel modèle dans leur offre.
Intéressons-nous ensuite aux SUV familiaux, dont la longueur se situe approximativement à 4,70 m, étant entendu que ce sous-segment est complété par celui des SUV XXL, qui dépassent désormais allègrement les 5 mètres de long. Parmi les SUV familiaux les plus connus, citons le X3, le DS 7, le 5008, le nouvel Espace VI, sans oublier le Kodiaq, le Model Y et le XC60. Quant aux grands SUV, on trouve l’Audi Q7, les BMW X5 et X7, ainsi que le Range Rover ou le Model X de Tesla.
Mentionnons également un OVNI, le T-Roc Cabriolet, car hormis une tentative de Nissan avec un Qaqhai à capote en toile brièvement proposé Outre-Atlantique, il n’y a pas de SUV décapotable. Certes, la Jeep Wrangler ou certaines versions du Mercedes-Benz Classe G ou du Ford Bronco peuvent être transformées en cabriolet, mais ce sont des 4×4 purs et durs, que l’on ne peut pas intégrer dans la catégorie des SUV.
Inversement, les SUV à hautes performances en font partie et méritent un focus particulier, car leurs comportements routiers sont de plus en plus dynamiques, au point de faire oublier leur surcharge pondérale. Il suffit de prendre le volant d’un Lamborghini Urus ou d’un Maserati Levante Tropheo pour s’en convaincre ! En outre, sans aller jusqu’à dépenser autant, Ford, au travers de son Crossover Puma ST, témoigne d’un réel engouement du public pour des SUV plus agiles et plus vifs.
Enfin, n’oublions pas non plus la distinction entre les SUV low-cost, généralistes et Premium, ce triptyque découlant du constructeur en lui-même. Ainsi, lorsque Dacia propose le Duster, c’est un SUV low-cost, mais sans aucun a priori négatif, car c’est véritablement un très bon modèle. Idem pour Suzuki et son modèle Ignis, qui s’échange tout de même pour presque trois fois moins qu’un Audi Q2…
Ce classement n’en est d’ailleurs pas vraiment un, car vous pouvez parfaitement trouver un modèle répondant mieux à vos critères de recherche parmi les généralistes ou les low-cost que les Premium, sans même que le facteur du prix n’entre en ligne de compte !
L’essentiel à retenir
Les SUV sont donc d’une si grande diversité qu’il n’est pas simple de les définir en une seule phrase, mais nous espérons tout de même que ce guide vous aura permis d’y voir plus clair. Vous avouerez qu’entre un Fiat 600, un Ferrari Purosangre, un Peugeot 5008 et un Jeep Grand Cherokee, il n’y a pas, de prime abord, de nombreux points communs. Et pourtant, ce sont tous des SUV, qui appartiennent au même groupe, Stellantis. Tout ceci pour dire que notre définition finale, aussi approximative qu’elle soit, tient la route : monospace + berline + break = SUV classique, monospace + tout-terrain + break = SUV, orienté baroudeur, tandis que monospace + coupé dynamique + break = SUV, orienté sport.
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