L’Autopilot de Tesla est-il fiable ? On enquête dans cet article !

Intérieur d'une Tesla
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L’Autopilot imaginé par Tesla est l’un des systèmes de conduite semi-autonome, voire totalement autonome, les plus aboutis du marché et propose de nombreuses fonctionnalités. Que vous possédez ou non une Tesla, vous en avez sans doute déjà entendu parler, en bien ou en mal, d’ailleurs. En effet, la fiabilité de l’Autopilot Tesla est souvent sujette à débat. Tandis que certains ne cessent d’en vanter les mérites, d’autres sont beaucoup plus critiques et alarmistes. Alors, l’Autopilot cause-t-il plus d’accidents ? Est-ce que le système d’Elon Musk est dangereux ? C’est ce que nous allons essayer de savoir dans cet article !

 

L’Autopilot de Tesla : quelles différences entre les États-Unis et la France ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, vous devez savoir que l’Autopilot de Tesla n’a pas les mêmes fonctionnalités aux États-Unis qu’en France et partout en Europe, faute aux régulations en vigueur sur le Vieux Continent. Le territoire suit en effet les règles définies par la Commission économique pour l’Europe des Nations unies (UNECE), qui sont plus restrictives en matière de véhicules autonomes.

Concrètement, lorsque vous achetez une Tesla, vous bénéficiez de l’Autopilot de base, qui inclut :

  • le régulateur de vitesse dynamique, qui adapte votre vitesse à la circulation ;
  • et l’assistance au maintien de cap, qui permet au véhicule de suivre les marquages au sol et de rester bien centré dans la voie.

Toutefois, ces aides à la conduite sont très limitées en France, notamment en ce qui concerne l’accélération latérale qui ne doit pas dépasser 3 m/s² ; c’est-à-dire que l’assistance au maintien de cap ne vous autorise pas à prendre certains virages trop rapidement. Votre Tesla peut alors freiner brusquement ou vous rendre la main sans vous prévenir. De quoi donner quelques sueurs froides…

En configurant votre voiture électrique Tesla, vous avez également la possibilité de choisir parmi deux options : l’Autopilot amélioré (3 800 euros) et la Capacité de conduite entièrement autonome (7 500 euros). Là encore, si vous les ajoutez à votre SUV ou berline Tesla, leur utilisation sera limitée en Europe.

Par exemple, si vous activez la navigation Autopilot, le système vous demandera des validations avant un changement de voie ou un dépassement, ce qui n’est pas le cas aux États-Unis, le véhicule le faisant automatiquement.

D’ailleurs, depuis octobre 2021, la majorité des propriétaires de Tesla outre-Atlantique ayant choisi la Capacité de conduite entièrement autonome ou FSD (Full-Self Driving) peuvent utiliser la conduite automatisée en ville en version Beta. Vous vous en doutez, elle n’est pas accessible en Europe et on ne sait pas si elle le sera dans un futur proche.

L’Autopilot serait 10 fois plus sûr qu’une voiture classique… Selon Tesla

Tesla vante fréquemment les mérites de son système et n’hésite pas à partager des statistiques quant à ses performances, que ce soit pour comparer une Tesla avec et sans Autopilot ou une voiture d’une autre marque sans d’assistance particulière.

L’étude partagée par Elon Musk sur son compte Twitter dévoile que, pour le premier trimestre 2021, la distance parcourue entre 2 accidents avec l’Autopilot activé est de 6,7 millions de kilomètres. C’est donc quasiment 10 fois plus qu’une voiture classique sans freinage automatique d’urgence, par exemple. Fin 2019, ce chiffre n’était que de 4,9 millions de kilomètres, toujours selon la marque. De quoi démontrer que l’Autopilot Tesla devient de plus en plus performant.

En ce qui concerne les conducteurs Tesla qui n’utilisent pas l’Autopilot, la distance entre 2 accidents est réduite à 3,2 millions de kilomètres, toujours au premier trimestre de l’année 2021.

Rappelons que l’Autopilot de Tesla est généralement activé sur des routes moins accidentogènes telles que les autoroutes et que le conducteur est prié de rester attentif à chaque instant.

Ce qui est sûr, c’est qu’Elon Musk cherche continuellement à améliorer les performances de son système et souhaite qu’il prenne toujours plus de place en le rendant 100 % autonome. D’ailleurs, cette fonctionnalité devrait maintenant arriver dès 2023 à en croire les dernières déclarations du patron de la marque.

Tesla Model 3 sur une route de campagne

Toutefois, certains ne partagent pas le même avis et dénoncent un manque de fiabilité…

Qu’en pense la Sécurité routière américaine ?

En septembre 2021, le Conseil national de la sécurité des transports, National Transportation Safety Board (NTSB), une agence indépendante du gouvernement des États-Unis qualifiait l’Autopilot de « trompeur et irresponsable » et pointait du doigt un manque de fiabilité.

À peu près à la même période, l’agence fédérale américaine chargée de la sécurité routière, National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), ouvrait une enquête sur la responsabilité de l’Autopilot Tesla dans une série de collisions avec des véhicules d’urgence.

Toujours en cours au moment où nous écrivons ces lignes, l’enquête a déjà révélé que le système de niveau 2 des Tesla était le plus à même de causer des accidents. D’un autre côté, la NHTSA se penche aussi sur le phénomène de freinages fantômes et reçoit chaque moins de nombreuses plaintes de propriétaires outre-Atlantique. On en compte actuellement plus de 750 !

💡 À savoir : l’agence avait laissé à la marque d’Elon Musk jusqu’au 20 juin 2022 pour répondre à ce problème de freinages inopinés sans qu’aucun obstacle ne soit détecté. Si les réponses et données analytiques fournies par Tesla ne sont pas convaincantes, le constructeur s’expose à de lourdes amendes et sanctions, dont l’interdiction d’exploiter l’Autopilot sur les routes américaines.

De quoi ternir l’image de Tesla et empêcher le développement du système FSD actuellement en version Beta ? Affaire à suivre…

On recense des centaines de plaintes aux États-Unis, mais qu’en est-il dans l’hexagone ?

Des accidents avec l’Autopilot sont-ils à signaliser en France ?

Le 11 décembre 2021, un chauffeur de taxi, au volant de sa Tesla Model 3 avec sa famille, est impliqué dans une collision à Paris. Alors arrêté à un feu rouge, l’homme, âgé de 57 ans, explique que sa voiture, en mode automatique et pas autonome, redémarre et accélère sans qu’il ne puisse faire quoi que ce soit. Essayant à la fois de la ralentir et l’arrêter en appuyer sur la pédale de frein et le frein automatique, censé se déclencher à l’approche d’un obstacle, rien ne se passe et la voiture continue sur sa trajectoire. Bilan, une vingtaine de blessés et un mort, un cycliste de 19 ans percuté par une camionnette, elle-même percutée par la Tesla Model 3.

Depuis, le chauffeur de taxi a porté plainte contre le constructeur Tesla France pour « mise en danger de la vie d’autrui » et sa version reste inchangée, le frein ne fonctionnait plus. De son côté, la marque évoque une erreur humaine ou une utilisation impropre de la voiture, notamment si l’Autopilot était activé. C’est évidemment aux enquêteurs de trancher, mais l’affaire s’annonce évidemment longue et compliquée.

En avril 2017, un autre accident grave s’est produit avec une Tesla Model S sur l’autoroute A6 dans le sens Lyon-Paris. Le conducteur a activé l’Autopilot et a les mains sur le volant lorsqu’il percute de plein fouet une remorque à l’arrêt équipée d’une flèche lumineuse de rabattement. L’expertise technique avait plus tard relevé que ni le freinage d’urgence automatique ni quelconque mouvement du volant n’avaient été enregistrés.

L’essentiel à retenir

Certes, Tesla a une longueur d’avance sur les autres constructeurs avec son système Autopilot, mais on voit qu’il y a toujours des risques comme en témoignent les accidents relevés en France et outre-Atlantique.

La marque d’Elon Musk essuie de nombreuses critiques, notamment en ce qui concerne son système de conduite semi-autonome et bien qu’elle souhaite le rendre encore plus performant et 100 % autonome, certains ne le voient pas d’un bon œil. En effet, trop d’accidents sont encore enregistrés alors que de telles aides devraient justement permettre de les éviter, si le conducteur n’en est pas capable.

Et vous, que pensez-vous de l’Autopilot ? Avez-vous déjà fait l’expérience de freinages fantômes au volant de votre Tesla ?

 

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Publié par

Jordane CLAUSS

Responsable de contenus

Je suis responsable de contenus automobiles chez Caroom depuis 2020. J’ai lancé la catégorie du Guide « Voiture propre », au moment où les ventes de véhicules électriques commencent à décoller en France et où les constructeurs accélèrent leurs investissements. Ce projet a structuré mon travail : rendre la voiture électrique plus simple à comprendre, et accompagner les acheteurs dans le choix, l’achat et l’utilisation de leur véhicule (conseils, astuces, comparatifs). Mon objectif est aussi de tenir les lecteurs informés de l’actualité (bonus, nouveaux modèles, prix de la recharge, tendances du marché). En savoir plus.

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