Le gouvernement doit de l’argent aux concessionnaires automobiles, beaucoup d’argent même. Une situation mettant parfois les vendeurs de voitures neuves en difficulté financière. Ce sont eux, ces petits garages, qui risquent bien de devenir les martyrs du leasing social.
Une avance financière difficilement soutenable !
Le leasing social permettait aux personnes éligibles de profiter d’une voiture électrique à environ 100 € par mois pour 3 ans et sans apport. Une aubaine pour beaucoup, en raison d’une aide de 13 000 € financée par l’État. Mais pour mettre en place le dispositif, le gouvernement a compté sur l’avance de frais des concessionnaires.
Pour chaque véhicule, le concessionnaire a alors avancé le montant du bonus écologique maximal, soit 7 000 €, plus l’aide exceptionnelle de 6 000 € accordée dans le cadre du leasing social. 13 000 € d’avance par véhicule, un manque de trésorerie qui peut rapidement peser lourd sur la santé financière d’une entreprise.

C’est le cas de ce concessionnaire Peugeot à Vernouillet, dans l’Eure-et-Loir. Ce distributeur a écoulé 70 véhicules en leasing social. Le gouvernement lui doit 910 000 €, un trou qu’il a dû compenser en contractant un crédit avec un taux d’intérêt à 5 % pour éviter de mettre la clé sous la porte.
Une dette de 100 millions d’euros
Au total, le gouvernement doit plus de 100 millions d’euros aux différents concessionnaires ayant participé à la mise en œuvre du leasing social. Dans ces établissements, on trouve majoritairement des distributeurs des marques du groupe Stellantis comme Peugeot, Citroën, Fiat, Opel et Jeep, mais aussi Hyundai, Cupra, Volkswagen, Renault ou encore Skoda.
De son côté, le gouvernement, via le ministère de la Transition Écologique, s’est exprimé sur le sujet, déclarant à TF1 : « Les points de blocage ont bien été identifiés, il s’agit des premières livraisons. L’ouverture du dispositif 2025 prendra en compte le retour d’expérience de cette année. »

Selon les informations des Echos, le délai de remboursement est long en raison d’un problème informatique : « l’interface informatique entre l’ASP et les concessionnaires est à bout de souffle. »
Bien que les concessionnaires doivent recevoir les remboursements à partir de début juin, la situation reste inquiétante alors que le gouvernement a pour projet de doubler le nombre de véhicules alloués pour la prochaine édition du leasing social, qui devrait arriver fin 2024 ou début 2025.
Le problème des retours des véhicules
Mais ce n’est qu’un défi parmi ceux déclenchés par le leasing électrique. Dans trois ans, le marché des véhicules électriques d’occasion va voir arriver 50 000 véhicules d’un coup. Il est évident qu’ils seront plus ou moins bien entretenus, mais le principal problème risque d’être la saturation du marché de l’occasion.
Avec 50 000 véhicules électriques ayant plus ou moins le même kilométrage et avec le même budget, il risque d’être difficile de trouver des acheteurs au prix de rachat calculé par les concessionnaires. Les véhicules risquent de leur rester sur les bras ou devront être remisés pour être vendus rapidement.

Le constat pourrait alors être particulièrement saisissant dans les concessions du groupe Stellantis, avec 38 000 des 50 000 véhicules attribués lors de la première session du leasing social. Il semblerait donc que le leasing social profite aux automobilistes éligibles et à la popularité politique du gouvernement en place, mais que les concessionnaires soient les grands perdants de ce dispositif.
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