C’est une nouvelle en demi-teinte pour les automobilistes français, souvent perdus face à la complexité de la fiscalité automobile. Dans le cadre de la Loi de Finances 2026, le gouvernement a décidé de revoir sa copie sur le malus écologique. Si le projet de durcissement extrême envisagé à l’horizon 2028 est abandonné, la fiscalité se durcit bel et bien cette année : le seuil de déclenchement est abaissé et le plafond grimpe à 80 000 euros.
Le malus n’atteindra finalement pas 100 000 euros en 2028
La Loi de Finances 2026, qui fixe les grandes orientations budgétaires de l’année, marque un ajustement stratégique. En effet, le gouvernement a choisi d’abandonner le durcissement le plus sévère du malus écologique qui était programmé à l’horizon 2028. Cependant, pour l’année en cours, la vis se resserre : le seuil de déclenchement du malus est abaissé à 108 g/km de CO2.
L’autre information majeure de ce dossier concerne le plafond de la taxe. Le projet d’un malus pouvant excéder les 100 000 euros en 2028 a été écarté. Toutefois, le plafond augmente dès maintenant et est désormais fixé à 80 000 euros pour 2026. C’est une victoire en demi-teinte pour la diversité du parc automobile : si le marché des véhicules sportifs échappe à une mort subite programmée pour 2028, la facture s’alourdit considérablement dès aujourd’hui.
Il ne faut donc pas crier victoire trop vite. Si le scénario du pire pour 2028 est « atténué », le durcissement pour 2026 est bien réel. Le seuil de déclenchement s’abaisse et le plafond augmente, mais dans le cadre d’une trajectoire qui se veut plus lisible pour les constructeurs et les acheteurs. Cette décision offre un peu de visibilité aux marques, qui peinaient à adapter leur outil industriel à des changements fiscaux aussi violents à long terme.
Les professionnels du secteur demandent un reset complet
Malgré ces ajustements, les acteurs du marché restent sur leur faim. La Fédération nationale de l’automobile (FNA) estime que ces mesures, bien que clarifiant l’horizon 2028, ne sont pas suffisantes pour relancer durablement un marché du neuf en difficulté. L’organisation ne demande pas simplement un ralentissement de la hausse future, mais un véritable moratoire sur la fiscalité automobile.
Pour la FNA, le système actuel est devenu une « usine à gaz » illisible pour le consommateur. Entre le malus au poids, le malus écologique, les zones à faibles émissions (ZFE) et les bonus qui changent tous les six mois, l’automobiliste français ne sait plus sur quel pied danser. Les professionnels plaident pour une refonte totale de la fiscalité, qui prendrait mieux en compte la réalité des usages et le pouvoir d’achat des ménages, plutôt que de sanctionner aveuglément la possession d’un véhicule thermique.
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