En 2026, le malus au poids pourrait donner encore plus de fil à retordre aux automobilistes français. Instaurée en 2022, cette taxe vise à pénaliser les voitures les plus lourdes et alléger le parc automobile français. Officiellement, elle aspire à lutter contre les émissions de gaz à effet de serre des véhicules, mais elle cible implicitement les gros SUV, toujours plus présents sur nos routes. Cependant, un récent rapport démontre que le malus ira encore plus loin que prévu. En plus de diminuer le seuil de déclenchement déjà acté, le gouvernement songerait à instituer des règles encore plus drastiques !
Un malus au poids beaucoup plus strict en 2026
Depuis sa mise en vigueur en 2022, le malus au poids a pris effet sur tous les véhicules ayant un poids supérieur à 1 600 kg, avec un tarif évolutif en fonction du nombre de kilos excédentaires. Actuellement, les voitures 100 % électriques en sont exemptées, ce qui permet de promouvoir les modèles zéro émission. Néanmoins, la loi de finances pour 2025 prévoit déjà un changement, applicable dès le 1er janvier 2026. Le seuil de déclenchement du malus passerait alors de 1 600 à 1 500 kg.
Mais ce n’est pas tout. Dominique Bussereau, président de la conférence sur le financement des mobilités, a transmis un rapport au mois juillet 2025 à l’attention de Philippe Tabarot, ministre délégué chargé des Transports. Celui-ci évoque la future application d’une taxe encore plus sévère. Le document de 180 pages propose de baisser le seuil à 1 400 kg dès 2026. L’idée est d’accroître la contribution fiscale des automobilistes, sachant que la situation budgétaire actuelle est assez tendue.
Le rapport précise, en outre, que le futur malus s’étendrait aux véhicules électriques, avec un abattement de 400 kg pour inclure le poids des batteries. Ainsi, une voiture électrique dont le poids dépasse 1 800 kg serait soumise à un malus à partir de 2026, bien qu’il en soit actuellement complètement exonéré.
D’après les projections, la mise en œuvre de ces mesures permettrait de bénéficier de 600 millions d’euros de recettes supplémentaires par an. 400 millions d’euros proviendraient de la réduction du seuil à 1 400 kg, tandis que les 200 millions restants découleraient de la suppression des abattements dont profitent les modèles hybrides à ce jour.

Quelles seraient alors les voitures les plus touchées ?
La diminution du seuil à 1 500 kg est déjà actée pour 2026. Toutefois, dans l’éventualité de voir ce seuil réduit à 1 400 kg, de nombreux véhicules actuellement en circulation ou vendus neufs pourraient être concernés. Si auparavant la taxe visait uniquement les très gros SUV ou les voitures de luxe, le malus au poids pourrait désormais toucher des modèles bien plus répandus en 2026.
Prenons l’exemple du Peugeot 3008, un SUV compact figurant parmi les meilleures ventes en France. Dans ses versions thermiques et hybrides rechargeables, le véhicule franchit déjà le seuil des 1 500 kg. Avec une limite établie à 1 400 kg, les berlines familiales, et même les compactes bien équipées, seraient dans le collimateur.
Et même les voitures électrifiées ne seraient pas épargnées. Quand bien même l’abattement de 400 kg prévu pour les électriques permettrait de relativiser l’impact de cette disposition, cela reste insuffisant pour compenser totalement le poids élevé des batteries, en particulier sur les SUV électriques imposants.
À terme, le malus au poids plus drastique pourrait décourager les automobilistes à acheter des modèles hybrides rechargeables ou électriques, pourtant plébiscités pour leur faible niveau d’émissions de CO2. Pénaliser ces véhicules à cause de leur poids risque de susciter des idées contradictoires, ce qui pourrait rendre le choix des acheteurs encore plus complexe. En tout cas, qu’ils recherchent un modèle familial, une voiture sécurisée ou davantage tournée vers le confort, ils devront dorénavant redoubler de vigilance avant d’acheter.
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