Après avoir connu un franc succès sur de nombreux marchés grâce à ses voitures électriques et hybrides, le constructeur chinois BYD propose, une fois encore, une offre particulièrement compétitive qui pourrait lui valoir un autre exploit. Cette fois, il lance un modèle fonctionnant à l’éthanol, un carburant à base de canne à sucre, très populaire au Brésil. Alors qu’en Europe, et notamment en France, ce biocarburant peine à trouver sa place en raison des normes et politiques environnementales, il constitue une énergie très populaire au Brésil. C’est donc sur ce marché que BYD a choisi d’y développer son premier véhicule hybride rechargeable compatible à l’éthanol.
BYD Song Pro : la première voiture hybride compatible à l’éthanol du constructeur chinois
Le modèle sélectionné pour inaugurer l’innovation de BYD est le Song Pro, un SUV compact qui n’a jamais franchi les frontières européennes. Légèrement plus petit que le Seal U DM-i, il est pourvu d’une carrosserie spécifique, en accord avec les tendances locales.
Le premier Super Hybride compatible avec les biocarburants de la marque chinoise est capable de rouler à l’éthanol pur E100, au sans-plomb ou grâce à un mélange des deux carburants. Il embarque une technologie hybride rechargeable très proche de celle employée sur les BYD Seal U DM-i et Seal 6 DM-i, déjà en vente sur les marchés européens.
Le bloc se compose d’un moteur essence 1.5 litres quatre cylindres d’une puissance modérée, lequel fait office de générateur, et d’un moteur électrique qui assure seul la traction à basse vitesse, de quoi garantir une conduite fluide et silencieuse en milieu urbain. Avec la compatibilité à l’éthanol, cette configuration se veut encore plus efficiente.
Le choix technique de BYD semble ingénieux, puisqu’une étude de l’IFPEN (Institut français du pétrole et des énergies nouvelles) réalisée en 2022 révèle que la combinaison de l’hybride rechargeable et du bioéthanol pourrait offrir un bilan carbone comparable à celui du 100 % électrique. Ainsi, cette technologie Super Hybride pourrait représenter une alternative durable dans les régions où les infrastructures de recharge sont limitées.
Un modèle développé et produit au Brésil
Afin de développer cette motorisation, la marque a misé sur un partenariat entre des ingénieurs chinois et brésiliens. Le Song Pro sera alors le premier modèle BYD fabriqué au Brésil, au sein de la nouvelle usine du constructeur ouverte en juillet 2025.
Conçu pour produire jusqu’à 600 000 voitures par an, ce site industriel a également permis de livrer le 14 millionième modèle BYD de l’histoire, un Song Pro Super Hybride Flex, c’est-à-dire le premier véhicule hybride rechargeable compatible à l’éthanol de la marque.
Cette décision de BYD semble parfaitement en phase avec le marché brésilien, car l’éthanol n’y est pas qu’une option, mais une norme. La plupart des voitures neuves sont déjà Flex Fuel, donc capables de fonctionner à l’essence, à l’éthanol ou avec un mix des deux.
Cette énergie renouvelable est plébiscitée depuis des décennies, même si sa production soulève encore des débats environnementaux, notamment concernant la déforestation. Quoi qu’il en soit, avec le lancement du Song Pro Super Hybride Éthanol, le géant chinois s’intègre à un marché où près de 80 % des véhicules neufs peuvent déjà rouler à l’éthanol.
Une innovation exclue du Vieux Continent, du moins pour l’instant
Si la motorisation Super Hybride Flex détient de multiples atouts, son arrivée en Europe paraît peu probable à court terme et ce, aussi bien pour des raisons réglementaires, que d’ordre technique et économique. D’abord, le marché européen est plutôt réticent à l’égard de l’éthanol, à l’exception de la France, où le Superéthanol E85 a encore droit à une fiscalité avantageuse et un large réseau de distribution.
Néanmoins, même dans l’Hexagone, les avantages fiscaux pourraient être remis en question dès 2026, selon certaines rumeurs qui courent sur le projet de loi de finances. Ailleurs en Europe, la filière est inexistante, faute de soutien politique ou de demande du public.
En outre, sur le plan technique, le bioéthanol brésilien E100 et l’E85 français présentent plusieurs différences. L’éthanol pur adopté au Brésil est beaucoup plus concentré et ne contient pas d’essence, contrairement à l’E85 qui contient entre 15 et 35 % d’essence suivant la saison, afin de simplifier les démarrages lorsqu’il fait froid.
Adapter un moteur imaginé pour le climat tropical du Brésil à celui de l’Europe exigerait des modifications majeures du système d’injection, de démarrage et de gestion thermique. De plus, les normes d’émissions de l’UE sont nettement plus strictes que celles d’Amérique latine. Pour cette raison, aucun modèle Flex brésilien n’a jusqu’ici jamais réussi à fouler les routes européennes.
Même si les ingénieurs de BYD peuvent opérer les changements nécessaires, le marché européen n’est pas favorable à la commercialisation d’une telle innovation, du moins pas pour le moment. Quoi qu’il en soit, le constructeur chinois a toutes les armes en main pour percer au Brésil !
Encore une innovation qui nous passe sous le nez .Merci beaucoup a la gauchiasse qui a toujours rien compris