Un rapport officiel de la sécurité routière annonce que la baisse de la limitation de vitesse de 90 à 80 km/h a permis de sauver 349 vies en deux ans. Alors que la mesure doit devenir permanente, a-t-elle été réellement efficace ?
Marie Gautier-Melleray, la nouvelle déléguée interministérielle à la Sécurité Routière entrée en fonction il y quelques semaine à peine, a eu la lourde tache d’annoncer le bilan des 80 km/h lancés en 2018 par Edouard Philippe, aujourd’hui retiré du gouvernement.
Un objectif initial non rempli
Sans grande surprise, elle a défendu des chiffres positifs d’un dispositif qui a »démontré son efficacité » avec 349 vies sauvées sur la période du 1er juillet 2018 au 29 février 2020 (par rapport à la moyenne établit entre les années 2013 et 2017). Les mois allant de mars à juin n’ont logiquement pas été pris en compte pour cause de coronavirus et de confinement. Il faut cependant rappeler, malgré le positivisme de l’annonce du gouvernement, que l’objectif avouer de cette mesure lors de sa mise en place, était de 400 vies sauvegardées par an.
Le chiffre très précis de 349 vies épargnées a été donné par le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement), organisme qui était chargé par le précédent gouvernement de mesurer les effets des 80 km/h. Il n’est cependant que difficilement vérifiable, comme le relève le rapport de la Ligue de défense des Conducteurs.
Une méthode de calcul obscure
Tout d’abord, il résulte d’un calcul complexe que seuls des mathématiciens les plus émérites pourront comprendre. Ensuite, les routes comptabilisées ne correspondent pas toutes au sujet principal de l’étude.
En effet, toute les routes hors agglomérations et hors autoroutes ont été prises en compte. Mais il se trouve que dans le lot, certaine étaient limitées à 60, 70 ou même 110 km/h dans le cas des routes à doubles sens séparées par un terre plein centrale. Et c’est sans compter la grogne, tout d’abord populaire puis politique, qui a suivi la mise en place de cette nouvelle limitation de vitesse. Les élues locaux (maires, présidents de conseils) ont alors pu décider de laisser des routes limitées aux 90 km/h alors en vigueur.
Il en résulte un flou total, aussi bien pour l’organisme chargé de surveiller la portée de la mesure, mais aussi pour les automobilistes circulant quotidiennement sur le réseau secondaire national.
La sécurité routière a décidé de n’attribuer les 349 morts en moins qu’à la seule baisse des vitesses, ce qui est absolument invérifiable. D’autre facteurs peuvent aussi intervenir, comme par exemple les progrès effectués par les constructeurs auto pour améliorer la sécurité de leurs modèles.
Une mesure prolongée dans la durée
Après deux d’expérimentation avec des résultats peut concluants et invérifiables, le gouvernement à tout de même choisi de pérenniser les 80 km/h au niveau national malgré l’objectif de 400 vies sauvées qui n’a pas été atteint. Cependant, les élus locaux peuvent tout de même choisir de revenir aux 90 km/h si cela leur paraît plus adapté (cette »correction » ne concerne que les routes départementales et pas les nationales). Ainsi, les départements du Cantal, des Charentes, de la Corrèze, de la Haute-Marne et du Loiret ont vu leur routes secondaire repasser à 90 km/h.
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