L’organisme européen Euro NCAP prépare une refonte majeure de son protocole d’évaluation. Désormais, décrocher la note maximale de 5 étoiles exigera de satisfaire à des critères bien plus stricts. Tests en conditions réelles, retour des commandes physiques, évaluation renforcée des aides à la conduite : les constructeurs devront revoir leurs copies pour maintenir leurs scores.
Une méthodologie repensée pour coller à la réalité
Euro NCAP abandonne une partie de ses tests en laboratoire au profit d’évaluations en conditions réelles. L’objectif affiché : mesurer la sécurité des véhicules tels qu’ils sont réellement utilisés, et non dans des scénarios idéalisés. Cette approche concerne notamment les systèmes d’aide à la conduite (ADAS), désormais évalués par mauvais temps, pluie, brouillard, et à différentes vitesses. Un freinage d’urgence automatique qui fonctionne parfaitement à 50 km/h sur route sèche devra prouver son efficacité dans des situations dégradées.
De plus, les tests de collision existants sont renforcés pour mieux évaluer la protection d’un plus grand nombre de types d’occupants, y compris les enfants et les personnes de différentes morphologies, grâce à des simulations avancées et des tests sur traîneau.
Les écrans tactiles dans le viseur
L’Euro NCAP s’attaque aussi à une tendance controversée de l’industrie automobile : la disparition des boutons physiques au profit d’interfaces entièrement tactiles. Le nouveau protocole pénalisera les véhicules dont les fonctions essentielles, clignotants, feux de détresse, essuie-glaces, klaxon, ne sont accessibles que via un écran. Les constructeurs qui ont misé sur des tableaux de bord minimalistes, tels que Tesla, devront réintégrer des commandes directes pour prétendre à la notation maximale.
Cette exigence répond aux critiques récurrentes des associations de sécurité routière. Manipuler un écran tactile détourne le regard de la route pendant plusieurs secondes, là où un bouton physique s’actionne instinctivement. Plusieurs marques, dont Volkswagen et Hyundai, ont déjà annoncé un retour partiel aux commandes traditionnelles sur leurs futurs modèles.
Des critères spécifiques pour les véhicules électriques
Enfin, les voitures électriques feront l’objet d’évaluations supplémentaires. L’organisme européen indépendant prévoit des tests dédiés à la sécurité des batteries haute tension en cas de collision, ainsi qu’à la protection des piétons face à des véhicules plus lourds que leurs équivalents thermiques. Le poids moyen d’un SUV électrique dépasse souvent les 2 tonnes, ce qui modifie significativement la dynamique des chocs.
L’entrée en vigueur progressive de ces nouvelles règles débute dès cette année, avec une application complète prévue pour 2030. Les constructeurs disposent donc de plusieurs années pour adapter leurs plateformes, mais les modèles lancés en 2026 seront évalués selon une grille partiellement révisée. Les premières notes attribuées sous ce nouveau régime devraient tomber au second semestre.
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