Stellantis a officialisé l’arrêt de l’assemblage automobile sur son site de Poissy à compter de la fin de vie des modèles actuels, dernier bastion de la production de voitures en Île-de-France. L’usine, qui fabrique actuellement la DS 3 et l’Opel Mokka, cessera cette activité après 2028. Le site ne fermera pas, mais sera reconverti vers des activités industrielles de support.
Une usine historique qui tourne la page de l’assemblage
Fondée en 1938 par Ford, l’usine de Poissy a traversé plusieurs décennies sous différentes enseignes : Simca, Chrysler, puis PSA à partir de la fin des années 1970. Le site a connu des heures glorieuses avec jusqu’à 27 000 salariés et une production annuelle dépassant les 500 000 véhicules. Des modèles phares comme la Simca 1000 ou la Peugeot 205 y ont été assemblés.
Le déclin s’est amorcé dans les années 1990, au fil des restructurations successives et de la baisse des volumes. Avec cette annonce, Stellantis met fin à près de 90 ans de production automobile sur ce site francilien. La DS 3 et l’Opel Mokka, les deux modèles encore assemblés sur place, verront leur carrière s’achever après 2028.
Reconversion industrielle et réduction des effectifs
Le groupe franco-italo-américain prévoit de transformer Poissy en centre de support industriel. Le site continuera à produire des pièces embouties, à ferrer et à peindre des éléments de carrosserie destinés à d’autres usines Stellantis en France. Une ligne de fabrication de pièces de rechange sera également mise en place, ainsi qu’un atelier de déconstruction de véhicules pour valoriser les composants réutilisables.
Cette mutation s’accompagne d’une réduction significative des effectifs. De 2 000 salariés aujourd’hui, le site devrait passer à environ 1 200 employés d’ici 2030. La direction évoque une transition progressive, avec des départs anticipés à la retraite. D’autres pistes sont étudiées, notamment la création d’un espace d’aménagement de véhicules pour clients professionnels.
Réactions syndicales et contexte industriel
La direction de Stellantis présente ce projet comme un moyen de garantir la pérennité du site avec des activités orientées vers l’avenir. Le syndicat Sud conteste cette vision et dénonce ce qu’il qualifie de fermeture déguisée. Selon ses représentants, les nouvelles activités ne représenteraient que 200 à 300 emplois réels, sans garantie de durabilité. Suite à cette annonce, plusieurs syndicats minoritaires avaient appelé à la grève le 23 avril 2026 pour contester cette transformation.
Cette décision n’arrive pas totalement par surprise. Le successeur de la DS 3, attendu pour 2028, sera produit en Espagne et non en France. La reconversion de Poissy rappelle celle du site Renault de Flins, transformé en pôle d’économie circulaire sous le nom de Re-Factory. Ces mouvements illustrent les mutations profondes de l’industrie automobile française, confrontée à la baisse des volumes et à la réorganisation des chaînes de production européennes.
Sources et méthodologie
Pour rédiger cet article, la rédaction de Caroom a croisé les annonces officielles des constructeurs avec les analyses des médias de référence.
- Sources officielles : Communiqué Stellantis (media.stellantis.com)
- Analyses presse : Auto Plus, Le Parisien
Dernière mise à jour de la veille : 17 avril 2026
0 commentaires sur cet article
Commentez cet article