La Commission européenne vient de valider une hausse importante des droits de douane sur les voitures électriques fabriquées en Chine. Cette mesure vise principalement à contrecarrer le « dumping » chinois, une pratique consistant à vendre à perte sur les marchés étrangers pour dominer la concurrence locale. Si la protection des constructeurs européens et l’équité commerciale sont des arguments avancés par l’Union européenne, cette décision laisse entrevoir une hausse des prix pour les consommateurs voulant commander ces véhicules électriques et risque d’attiser les rivalités économiques entre Bruxelles et Pékin.
Des taux de taxation différents selon les marques
À partir de ce jeudi, les droits de douane additionnels viennent s’ajouter aux 10% déjà appliqués. Tesla, dont les Model 3 fabriqués à Shanghai sont très populaires en Europe, verra une augmentation de 7,8 %, tandis que les marques chinoises à forte croissance comme BYD et Geely seront taxées à hauteur de 17 % et 18,8 %.
MG, propriété du géant SAIC, se trouve quant à elle en première ligne : ses modèles, ayant forgés leur réputation pour leur rapport qualité-prix attractif, devront affronter des droits atteignant 35,3 %. Maxus, spécialiste des utilitaires électriques, sera lui aussi frappé de plein fouet, ce qui pourrait freiner l’élan pris par la marque sur le marché européen.
Un impact direct sur les clients ?
Pour les consommateurs européens, cette taxation a des conséquences immédiates. Ces augmentations de coûts sont susceptibles d’être répercutées sur les prix de vente, rendant l’accès aux véhicules électriques plus onéreux pour ceux qui avaient justement opté pour ces modèles en raison de leur prix attractif. En imposant ces taxes, l’Europe prend le risque de freiner l’adoption du véhiculé électrique, pourtant encouragée par des politiques publiques visant à réduire les émissions de CO2.

Un serpent qui se mord la queue, c’est le sentiment que peuvent avoir les consommateurs. D’un coté, les institutions poussent à acheter des voitures électriques moins polluantes en taxant les voitures polluantes, mais de l’autre, les voitures électriques les plus abordables, souvent fabriquées en Chine sont lourdement taxées à l’importation.
Les objectifs de l’UE : se protéger ou s’isoler ?
Bruxelles justifie sa décision par la nécessité de protéger ses constructeurs automobiles, notamment ceux qui peinent à rivaliser avec les offres chinoises de plus en plus compétitives. Mais le message envoyé pourrait également affecter les investissements et les partenariats. L’Union Européenne semble, en effet, marcher sur une ligne étroite : défendre ses intérêts économiques sans entraver l’adoption de véhicules électriques ni intensifier les tensions avec la Chine, qui reste un partenaire commercial de premier plan.

Vers des tensions commerciales ?
Mais on imagine mal les chinois ne pas réagir face à ce qui peut être perçu comme une attaque. En effet, taxer les marques de voitures électriques chinoises tout en souhaitant continuer de commercer avec la Chine dans d’autres domaines est délicat. La Chine pourrait alors se tourner vers d’autres partenaires notamment pour les produits comme le vin, la Californie est aussi un important producteur de vin. Ce choix pourrait aussi dépendre de l’élection présidentielle américaine imminente.

Pékin, de son côté, n’a pas tardé à réagir et dénonce des mesures qu’elle qualifie d' »injustes et protectionnistes ». En réponse, la Chine semble prête à riposter, et ce, dès à présent, en impactant des filières européennes comme le vin justement.
En frappant fort contre le « made in China », l’Union Européenne semble vouloir protéger son industrie automobile, mais à quel prix pour les consommateurs ? Les mois à venir montreront si ces taxes se traduisent par une répercussion sur les prix, un ralentissement de l’adoption de l’électrique, et, surtout, si les tensions entre l’Europe et la Chine resteront contenues ou s’étendront à d’autres secteurs de l’économie.

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