La question peut paraître surprenante, de prime abord. Après tout, même si les SUV sont aujourd’hui les maîtres du marché, après près de 50 % des ventes de voitures neuves en Europe, on se dit inconsciemment que les berlines restent omniprésentes. Toutefois, à l’ère des Crossovers et des véhicules qui cherchent à créer leur propre niche, se poser la question de comment reconnaître une berline et ce qui la définit fait sens et c’est tout l’objet de cet article. Nous étudierons donc d’abord les critères clés qui permettent de savoir si l’on se trouve en face d’une berline ou non, avant d’en présenter les différentes sous-catégories et tailles de berline, pour terminer par une appréciation objective de leurs atouts et limites.
En quoi le sujet est-il une vraie problématique ?
Avant toute chose, opérons un bref rappel historique sur le terme de berline, qui renvoie, on l’oublie souvent, à la ville de Berlin. En effet, c’est dans la capitale allemande que le concept de cette voiture, tirée par des chevaux, à l’époque, a fait son apparition dès le XVIIIe siècle. L’idée était alors de disposer de davantage d’espace pour que les occupants du véhicule puissent voyager sur de longues distances dans les meilleures conditions possibles et, d’une certaine façon, cet objectif demeure d’actualité.
Néanmoins, l’eau a évidemment coulé sous les ponts en trois siècles et le mot berline a été associé à moults typologies de voitures, parfois abusivement, d’ailleurs. Bien sûr, il y a eu de nombreuses tentatives d’harmonisation de cette dénomination et on peut notamment se référer à la fameuse norme internationale ISO, qui s’y attelle dans le cadre de son article 3833:1977.
Celui-ci nous indique qu’une berline correspond à une voiture à la carrosserie fermée, avec ou sans montant central, pourvue d’un toit rigide fixe, bien qu’il puisse être découpé pour un toit ouvrant. En ce qui concerne les places assises, il en faut au minimum 4, de même que les fenêtres latérales, tandis qu’il peut y avoir 2 ou 4 portes latérales.
Aussi intéressante, instructive et nécessaire que soit cette norme, elle n’est cependant pas suffisante, et on le voit notamment au fait qu’une berline bicorps à 5 portes sera appelée ainsi en raison de la présence d’un hayon arrière ouvrant, constitué d’une partie tôlée et d’une autre vitrée, alors même qu’il ne permet pas d’accéder à une assise. En outre, il suffit de faire face à une Citroën C5 X, une berline surélevée, pour se mettre à douter : est-ce véritablement une berline, alors qu’elle semble cocher toutes les cases de la norme ISO ?
Dans le même esprit, vous lirez probablement qu’une berline se définit par l’agrégation des segments C, D, H1 et H2 selon la différenciation des types de véhicules, communément admise dans l’Union européenne. Soit, à ceci près que les limites de ces segments varient dans le temps et que certains constructeurs prennent un malin plaisir à positionner leurs nouveaux modèles à l’intersection de plusieurs d’entre eux.
Les critères essentiels pour définir une berline
Compte tenu des éléments précédemment évoqués, il nous paraissait pertinent d’adopter une démarche plus empirique, en nous interrogeant sur ces critères qui, une fois tous regroupés, nous permettent de dire, quasi-instinctivement, si telle ou telle voiture est une berline. Il y a tout d’abord la taille, dont l’organisation ISO ne parle absolument pas, par exemple. Or une voiture de moins de 4 mètres est immédiatement perçue comme une citadine et non pas comme une berline. À l’inverse, à plus de 5,25 m, on quitte le domaine de la berline pour entrer dans celui de la limousine. Et n’oublions pas, non plus, la garde au sol, précisément pour éliminer les Crossovers. Si une voiture dépasse 190 mm sur ce critère, elle cible une autre clientèle, et ne peut donc plus être considérée uniquement comme une berline.
De plus, il faut bien sûr que le véhicule ait une carrosserie monocoque, avec le châssis intégré, et qu’elle soit fermée. Autrement dit, aucun cabriolet ou coupé-cabriolet ne saurait être appelé une berline, quand bien même il en dériverait. Idem pour les coupés, car contrairement à la norme ISO, nous considérons que les véhicules à deux portes ne sont pas des berlines. S’ils n’ont pas la vocation sportive d’un coupé, appelons-les des coach.
Pour les véhicules à 3 portes, tout dépend cette fois-ci du design. De fait, une Audi A3 est une berline mais un Audi TT, non, alors qu’ils ont pourtant beaucoup de choses en commun. Certes, nous admettons les limites de ce critère, quelque peu subjectif, mais l’on comprend bien qu’une voiture au look sportif, sacrifiant toute ou partie de ses places arrière sur l’autel du design et de la performance, n’appartient pas à la catégorie des berlines.
Les différents types de berline
On parle tout d’abord de berline bicorps ou tricorps, selon la présence ou non d’un décochement entre l’habitacle et le coffre, à la base du pare-brise arrière. Longtemps, il a été simple de les distinguer, car seuls les modèles bicorps disposant d’un hayon, faisant du coffre une partie à part entière du véhicule, tandis qu’une berline tricorps recevait une malle pour ouvrir un coffre séparé du reste de l’habitacle. Cependant, le jeu s’est troublé avec l’apparition de certains modèles comme la Skoda Superb ou la Peugeot 508 II, dont le look fait penser à une berline tricorps, mais dont le coffre est accessible via un hayon. D’ailleurs, si vous recherchez une berline avec un grand coffre, ne manquez pas notre nouveau Top 10 dédié !
Il semble donc plus logique de raisonner selon une terminologie mixte, mêlant à la fois les critères de taille, de type, de niveau de prestations et même de motorisations. Le marché se présente alors de la manière suivante :
- les berlines compactes, de 4 m à 4,45 m environ, elles-mêmes pouvant se subdiviser entre les modèles low-cost, généralistes et Premium, dont l’atout principal est la polyvalence. On pense par exemple à la Peugeot 308, la Volkswagen Golf ou l’Audi A3 Sportback ;
- les berlines routières, de 4,50 m à un peu plus de 5 m, qui visent un confort maximum sur de longs trajets à la manière de la berline du XVIIIe, telle que la BMW Série 3 ;
- les berlines de prestige, issues de marques luxueuses, qui viennent se positionner encore un cran au-dessus des Premium ;
- les berlines hautes performances, ciblant les passionnés de conduite et prodiguant des performances de premier plan ;
- les berlines coupés, qui arborent des silhouettes plus élancées et plus dynamiques, pour plaire à une clientèle en quête de différenciation ;
- les berlines électrifiées, enfin, s’inscrivent résolument dans la prise de conscience actuelle de la nécessité de réduire l’empreinte carbone de nos déplacements. Elles peuvent pour cela faire appel à de l’hybridation, rechargeable ou non, ou à des solutions 100 % électriques.
Les avantages et inconvénients de la berline
En lien avec ce que nous évoquions ci-dessus, les berlines présentent un atout majeur par rapport aux autres typologies de véhicules et surtout vis-à-vis des SUV : leur gabarit. De fait, une berline se montre souvent moins logeable qu’un SUV, à empreinte au sol équivalente, mais d’une part, la différence est souvent plus faible qu’elle n’y paraît au premier abord et d’autre part, cela permet à la berline d’afficher un poids nettement plus faible.
En outre, il est indéniable que la berline ne possède pas le charisme visuel d’un Crossover, qui joue évidemment sur le côté baroudeur de la carrosserie d’un 4×4. Cependant, au travers de la multiplication des berlines coupés, le genre s’est lui aussi réinventé, pour accroître son attrait visuel. D’ailleurs, si l’on raisonne plus largement sur ce point du dynamisme, la berline possède une autre carte majeure à jouer. Bien sûr, elle n’a pas la position de conduite surélevée d’un monospace ou d’un SUV, mais en contrepartie, son centre de gravité plus bas lui offre un comportement routier plus agréable, avec davantage de ressentis et de sensations au volant.
Il est également plus facile pour les ingénieurs châssis de trouver un compromis idéal entre confort et sportivité sur une berline par rapport à un SUV, pour la simple et bonne raison que les masses suspendues à gérer une fois le véhicule en mouvement sont moindres. Il n’est pas nécessaire de durcir à outrance les suspensions sur une berline pour limiter les mouvements de caisse, alors qu’il s’agit d’un problème fréquent pour les Crossovers.
L’essentiel à retenir
Il n’est pas surprenant que la berline opère un retour remarqué sur le devant de la scène, se permettant de concurrencer de plus en plus frontalement les SUV. C’est d’autant plus vrai que, même si nous ne l’avons pas encore souligné, à motorisation et prestations équivalentes, une berline sera toujours moins chère qu’un SUV, aussi bien à l’achat qu’à l’entretien.
Enfin, puisqu’il est question de prix, concluons cet article par la bonne nouvelle dont nous vous avions parlé dans l’introduction. Sachez que si vous êtes à la recherche de la meilleure affaire possible pour votre future voiture, vous pouvez aisément abaisser la facture de 15 à 20 % en moyenne par rapport aux prix catalogue pratiqués par les concessions des réseaux constructeurs en France à leurs clients en direct. Il suffit pour cela de contacter un mandataire auto professionnel, que vous pourrez identifier tout aussi facilement en amont via notre comparateur en ligne 100 % gratuit Caroom.
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