L’essence synthétique : un carburant aussi propre que l’électrique ?

Personne en train de faire le plein dans une station-service
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Nous le savons tous, les beaux jours des véhicules thermiques sont derrière nous, car remplacés par des technologies plus propres telles que l’électrique ou l’hybride. L’épuisement des ressources et les mesures gouvernementales toujours plus sévères sonnent le glas des énergies fossiles, mais les constructeurs auto n’ont certainement pas dit leur dernier mot. Leur solution : des carburants de synthèse comme l’essence synthétique. Mais qu’est-ce que ce carburant et comment fonctionne-t-il ? Et quel est son niveau de pollution par rapport à l’essence classique ou l’électrique ? Toutes les questions que vous vous posez sur l’essence synthétique se trouvent dans cet article.

 

L’essence synthétique, c’est quoi ?

Fabriquer de l’essence avec des énergies renouvelables telles que l’énergie éolienne ou l’énergie solaire. C’est le pari que se sont lancé, il y a déjà quelques années, plusieurs constructeurs automobiles afin de réduire drastiquement leurs émissions de CO2. Et il semblerait que Porsche soit le premier à lancer la production et l’expérimentation de l’essence synthétique dès 2022.

Les carburants de synthèse également appelés eFuels se composent de milliards de molécules d’hydrocarbures. En soi, ils ne constituent pas une technologie nouvelle puisqu’elle s’avère possible et connue depuis bien longtemps. Cependant, les obstacles majeurs qui expliquent ce manque d’intérêt sont :

  • le coût très élevé de production ;
  • la complexité de production ;
  • et la rareté des infrastructures de production.

Comment fonctionne ce carburant de synthèse ?

Comme nous venons de le mentionner, les carburants synthétiques sont formés de molécules d’hydrocarbures obtenus lors d’un procédé d’électrolyse qui consiste à séparer l’eau et ses composants, c’est-à-dire l’oxygène et l’hydrogène. Ensuite, l’hydrogène mélangé au CO2 issu de l’atmosphère permet la création de méthanol et donc la création de carburant de synthèse.

De plus, pour produire ce type de carburants, les infrastructures ont besoin d’énergie électrique et c’est à ce moment-là qu’entrent en jeu les énergies renouvelables, car l’essence de synthèse est produite grâce à l’énergie solaire et l’énergie éolienne. Cette dernière s’avère d’ailleurs la solution retenue par Porsche pour la fabrication de son essence de synthèse puisque le constructeur allemand et ses partenaires préparent la mise en route d’une usine de production de carburant synthétique au Chili.

Panneaux solaires et éoliennes

Quel est le niveau de pollution de l’essence synthétique ?

Aujourd’hui, nous connaissons tous l’impact environnemental qu’à une voiture thermique, que ce soit lors de la production de l’énergie, le pétrole raffiné, ou de l’utilisation du véhicule. C’est justement ce qui motive les pouvoirs publics à vouloir diminuer la consommation des énergies fossiles et à promouvoir la transition énergétique. Les voitures électriques et hybrides ont le vent en poupe et la quasi-majorité des constructeurs proposent actuellement des modèles propres.

Toutefois, ces technologies ne sont pas complètement vertes. Prenons l’exemple de l’électrique, il est indubitable que sur la route une voiture électrique ne rejette qu’une infime quantité de particules polluantes, mais la situation est tout autre lorsque vient le moment de la fabrication et du recyclage. En effet, l’extraction de métaux rares pour produire les moteurs et les batteries des véhicules électriques n’est pas sans conséquence sur l’environnement et le recyclage des batteries pose encore de nombreuses questions.

C’est pourquoi les constructeurs automobiles comme Porsche, Audi ou encore Volkswagen se lancent à la conquête des carburants de synthèse. Ils s’avèrent évidemment moins polluants que l’essence ou le diesel classique, mais posséderaient également un niveau de pollution similaire à la fabrication et à l’utilisation d’une voiture électrique. Et cela est possible grâce aux énergies renouvelables qui jouent un rôle majeur dans la fabrication des eFuels comme l’essence synthétique.

    Et est-ce une alternative pour le futur ?

    Si l’on en croit Porsche qui accorde une grande importance à ce type de carburants, l’essence synthétique à toutes ses chances de s’imposer au côté du 100 % électrique sur le marché de l’automobile. On remarque également que de plus en plus de constructeurs, notamment allemands, se penchent sur le sujet et ils ont de bons arguments pour le faire. En effet, les carburants synthétiques pourraient alimenter la majorité des véhicules actuellement en circulation puisque le moteur thermique ne demanderait que très peu de modifications pour fonctionner normalement. Et tout cela sans altérer les performances des voitures. Rendez-vous donc en 2022 avec Porsche pour en savoir plus ! Sachez par ailleurs que l’essence synthétique n’est pas le seul carburant a être étudié puisque plusieurs laboratoires ce sont déjà penchés sur le diesel de synthèse.

    L’essentiel à retenir

    Tout comme la technologie hybride et l’électrique, les carburants synthétiques ont de bonnes chances de se faire une place dans le parc automobile. Ils pourraient, à long terme, alimenter et donc conserver des moteurs thermiques, mais aussi hybrides tout en réduisant considérablement les émissions de CO2.

    Et vous, pensez-vous que ces carburants synthétiques ont un avenir ? N’hésitez pas à nous faire part de votre opinion en commentaire !

    Question fréquente

    Qu’est-ce que l’essence synthétique ?

    L’essence synthétique est un carburant de synthèse composé de molécules d’hydrocarbures et fabriqué à partir d’énergies renouvelables. Moins polluant que l’essence et le diesel classiques, cette alternative attire déjà plusieurs constructeurs automobiles comme Porsche, Audi et Volkswagen.

     

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    Publié par

    Jordane CLAUSS

    Responsable de contenus

    Je suis responsable de contenus automobiles chez Caroom depuis 2020. J’ai lancé la catégorie du Guide « Voiture propre », au moment où les ventes de véhicules électriques commencent à décoller en France et où les constructeurs accélèrent leurs investissements. Ce projet a structuré mon travail : rendre la voiture électrique plus simple à comprendre, et accompagner les acheteurs dans le choix, l’achat et l’utilisation de leur véhicule (conseils, astuces, comparatifs). Mon objectif est aussi de tenir les lecteurs informés de l’actualité (bonus, nouveaux modèles, prix de la recharge, tendances du marché). En savoir plus.

    11 commentaires sur cet article

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    Les commentaires

    1. Bonjour, cet article est très intéressant. Selon moi, cette solution de carburant de synthèse n’est pas « bête » en soi. Elle a au moins 2 avantages : pouvoir acheter des voitures classique a un prix raisonnable, ce qui n’est pas du tout le cas actuellement avec les voitures 100% électrique ET réduire de façon significative la pollution. Mais, il va falloir de gros moyen solaire et éolien si cette solution devient une solution pérenne….Bref, en therme de pollution , rien n’est simple.

    2. Bonjour,
      Bon article mais incomplet. Il faudrait noter que la production d’un litre consomme 20 KWh soit l’energie qu’utilise une voiture électrique pour faire plus de 100 km donc un rendement énergétique tres faible qui ne pourra guere evoluer vu la limitation thermodynamique d’un moteur thermique et les pertes de l’electrolyse. Est-on prêt à utiliser un vehicule qui coutera 6 fois plus d’electricité pour le plaisir d’un moteur qui ronronne et d’une autonomie confortable (et accessoirement faire plaisir au lobby automobile allemand). Utiliser une éolienne à cet effet donne l’idée que le projet est plus vert sauf que cette éolienne vous la retirez du mix électrique domestique et donc vous augmentez l’impact carbone de l’electricité allemande qui n’est déjà pas si vert. L’allemagne a trouvé la solution elle le fait produire au chili comme ça pas de conséquences sur l’impact carbone électrique allemand, pas d’eolienne sous le nez de ses habitants au prix modique de quelques cout et impact de transport du e-fuel.
      Si on regarde la totalité de la production electrique française par eolienne soit 34 TWh (2019), cela ferait 1,7 milliards de litre soit la consomation annuel d’environ 2 millions de voitures soit 5 % du parc de voitures françaises, la même energie ferait tourner 12 millions de voitures électriques.
      Il faut utiliser le carburant de synthese là ou la batterie n’ira pas : poids lourds, bateaux, avions…. Mais ca ne va pas améliorer le cout energétique de l’avion qui est déjà beaucoup plus élevé que les transports terrestres.

    3. D’un point de vue carbone on rejette ce qu’on a reccupéré, donc plutôt neutre.
      Par contre on peut tout simplement s’arrêter après l’electrolyse et utiliser l’hydrogene produit, plutôt que de faire une étape supplémentaire (chaque intermédiaire introduit des pertes de rendement). Ou sinon, se servir de l’electricité directement dans le vehicule plutôt que faire une electrolyse.
      Nulle part on ne décrit le rendement de l’opération, c’est louche.

    4. je suis très attentif au developpement de ce carburant non révolutionnaire .je m’explique : pour
      celui qui s’interesse a l’histoire contemporaine ce carburant a pour origine les ingénieurs nazis
      qui l’inventèrent lorsque l’approvisionnement en fuel et essence des champs pétroliferes leur
      fut coupé vers la fin des hostilités .ainsi que la fabrication des pneus en caoutchouc synthetique

      ;

    5. Un carburant est un composé chimique dont le carbone (d’où le mot carburant provient) peut être associé avec un comburant, généralement de l’oxygène, moyennant un apport d’énergie secondaire, souvent produite par une étincelle ou par une surface ultra-chaude. Cette association entre le carbone du carburant et l »oxygène libère une plus grande quantité d’énergie que ce que ça a pris pour provoquer la combustion. Il en résulte cependant des résidus polluant comme le CO et le CO2 en plus de particules fines provenant des transformations que subissent les autres éléments du carburant pendant la combustion. D’après les informations qu’on a, le même procédé va se produire à l’intérieur du moteur ce qui devrait générer les mêmes résultats, sauf pour les partcules fines qui pourraient être évitées par le contrôle des éléments chimiques entrant dans la composition de cette essence synthétique. Au niveau des GES, je ne vois pas de changement lors de la phase de la combustion. Ce n’est seulement pendant la phase de production de l’essence que le processus peut être ‘verdi’ si la captation du carbone et l’électrolyse requise pour obtenir de l’hydrogène n’est faite qu’avec des processus dit ‘verts’ (une éolienne ou un panneau solaire requièrent de l’électronique, du cuivre, de l’aluminium et certains métaux rares qui doivent être extraits dans des mines!). En gros, le transport mécanique vert, ça n’existe pas encore!
      Pour être honnêtes, les compagnies qui travaillent sur ces essences synthétiques devraient nous donner la composition et la densité des gaz émis par la combustion de leur essence. Autrement, ça a l’air d’une autre tentative des constructeurs d’automobile de continuer la production de leurs moteurs à essence qui n’ont pratiquement plus besoin de développement et qui sont donc très rentables!

      1. Vous écrivez: Ce n’est seulement pendant la phase de production de l’essence que le processus peut être ‘verdi’ si la captation du carbone et l’électrolyse requise pour obtenir de l’hydrogène n’est faite qu’avec des processus dit ‘verts’ .
        C’est sur ce principe que repose la synthèse des carburants. On capte le CO2 présent dans l’environnement (issus de l’industrie par exemple) pour le convertir en carburant.
        Vous écrivez: les compagnies qui travaillent sur ces essences synthétiques devraient nous donner la composition et la densité des gaz émis par la combustion de leur essence. Les gaz émis seront les mêmes que ceux d’un carburant traditionnels mais sans un impact sur le réchauffement climatique puisque le CO2 émis ne provient pas du pétrole mais était déjà présent dans l’atmosphère avant combustion.