Un an et demi après son arrivée sur le marché, le Tesla Cybertruck tente de redresser la barre face à une première année très décevante. Avec une nouvelle version baptisée Long Range Propulsion, le pick-up électrique au design futuriste change de stratégie. Il s’allège, gagne en autonomie, perd sa transmission intégrale… et s’apprête à s’exporter, avec un premier pas vers le Moyen-Orient. Un virage qui en dit long sur les ambitions de Tesla de relancer un modèle dont le démarrage commercial s’est avéré bien plus difficile que prévu.
Le Cybertruck dos au mur
Lors de sa présentation, Elon Musk promettait des chiffres spectaculaires : 250 000 exemplaires par an, un engouement massif, et une révolution du segment des pick-up. Mais la réalité a été tout autre. En 2024, seules 40 000 unités ont été livrées selon Forbes, loin des attentes et des besoins d’une entreprise en quête de volumes.

Design trop clivant, finition encore perfectible, prix élevé, et surtout, un positionnement difficile à cerner pour une clientèle américaine très attachée aux pick-up thermiques traditionnels : le Cybertruck peine à convaincre. Pour Tesla, il devient urgent de repositionner le modèle.
Une nouvelle version pour séduire autrement
C’est dans ce contexte que Tesla introduit une déclinaison inédite : le Cybertruck Long Range Propulsion. Exit le moteur avant et la transmission intégrale, place à une configuration plus simple, plus légère, mais aussi plus efficiente.

Avec ses 563 km d’autonomie selon le cycle EPA, cette version gagne une cinquantaine de kilomètres par rapport à la variante All-Wheel Drive. Un progrès obtenu grâce à un poids en baisse (2 775 kg contre 3 009 kg pour l’AWD) et des équipements plus sobres. En contrepartie, la garde au sol est plus basse, la suspension pneumatique semble absente, et la capacité de remorquage est en retrait (3 402 kg contre près de 5 tonnes auparavant).
À bord, l’équipement suit la même logique d’allègement, avec une sellerie en tissu, un système audio simplifié et la disparition de l’écran arrière.
Mais l’essentiel est ailleurs : le prix. Affiché à 69 990 dollars, soit environ 10 000 dollars de moins que le modèle à transmission intégrale, ce Cybertruck « rationnel » devient enfin un peu plus accessible. Une première étape vers une offre plus cohérente ?
Le Moyen-Orient en ligne de mire
Au-delà des États-Unis et du Canada, Tesla cherche à donner un second souffle à son pick-up en explorant de nouveaux territoires. Et c’est vers le Moyen-Orient que la marque se tourne désormais. Sur ses sites locaux, Tesla annonce l’arrivée du Cybertruck d’ici fin 2025.

Ce marché, amateur de pick-up et de véhicules hors normes, pourrait offrir une seconde chance au modèle. D’autant que les infrastructures de recharge s’y développent rapidement et que la clientèle haut de gamme y reste désireuse de découvrir de nouvelles technologies. Le design radical du Cybertruck, moqué ailleurs, pourrait même séduire dans cette région du monde où se distinguer avec son automobile est un art.
Une relance qui s’annonce difficile
Avec cette stratégie d’élargissement de gamme et d’ouverture à de nouveaux marchés, Tesla cherche clairement à sortir le Cybertruck de l’impasse. Reste à savoir si cette version plus autonome mais moins tout-terrain saura convaincre au-delà d’un effet d’annonce. Et si le pari moyen-oriental suffira à redorer l’image d’un modèle qui, pour l’instant, est davantage un phénomène médiatique qu’un succès commercial.
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