Patrick Pouyanné ne s’attendait sans doute pas à créer la surprise sur ce terrain. Pourtant, le PDG de TotalEnergies a récemment pris la défense de la voiture électrique, estimant qu’elle pourrait trouver un terrain particulièrement favorable… loin des grandes villes. Selon lui, les zones rurales seraient même l’un des environnements les plus cohérents pour accélérer son adoption.
À l’occasion d’une audition devant la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, le 17 juin dernier, le dirigeant a livré une analyse qui tranche avec certaines idées reçues sur l’électromobilité.
L’électrique, une logique plus évidente hors des centres-villes
Dans l’imaginaire collectif, la voiture électrique reste souvent associée aux centres urbains, où les contraintes environnementales sont les plus fortes et où les zones à faibles émissions se multiplient. Pourtant, Patrick Pouyanné estime que cette vision mérite d’être renversée.
À ses yeux, l’usage quotidien de l’automobile en milieu rural correspond parfaitement aux qualités d’un véhicule électrique. Les habitants des campagnes parcourent généralement davantage de kilomètres, utilisent leur voiture plus fréquemment et disposent, dans une large majorité, d’une maison individuelle. Un cadre qui simplifie considérablement la recharge.
Le patron de TotalEnergies souligne ainsi que l’électrique pourrait y offrir un réel levier de réduction des coûts de mobilité. Recharger à domicile reste aujourd’hui la solution la plus économique pour rouler, un avantage particulièrement pertinent pour les automobilistes les plus dépendants de leur voiture.
Selon lui, c’est justement dans ces territoires que se joue une partie importante de la transition énergétique. Les conducteurs ruraux figurent parmi ceux qui accumulent le plus de kilomètres chaque année, bien davantage que de nombreux citadins dont le véhicule peut rester immobilisé plusieurs jours.
Des bornes publiques pas forcément prioritaires
Autre point marquant dans son discours : la question des infrastructures. Là encore, Patrick Pouyanné adopte une position qui va à contre-courant des discours habituels. Pour lui, déployer massivement des bornes publiques dans les campagnes n’est pas forcément la stratégie la plus pertinente.
Son raisonnement est simple : si la majorité des habitants peut recharger chez elle, l’usage des bornes publiques restera limité. Une réalité déjà observable dans certains villages où les infrastructures existantes peinent encore à trouver leur public, faute de parc roulant suffisant.
Cette analyse ne signifie pas pour autant que ces équipements sont inutiles. Certains foyers, notamment ceux vivant en habitat collectif ou dans des maisons sans accès direct à une installation adaptée, auront toujours besoin de solutions alternatives. Mais l’idée serait davantage de cibler les installations plutôt que de multiplier les points de charge sans réel besoin.
En parallèle, le développement des bornes rapides dans les enseignes de grande distribution pourrait rebattre les cartes. Ce modèle séduit déjà de plus en plus d’automobilistes, qui peuvent profiter de leurs courses pour récupérer rapidement de l’autonomie, souvent à des tarifs plus compétitifs que sur autoroute.
Un schéma qui pourrait bien contribuer à lever une partie des réticences encore présentes dans les territoires ruraux, où l’électrique cherche encore à convaincre.
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