Vous vous souvenez du changement de nom en catastrophe de l’Alfa Romeo Junior. Le gouvernement italien n’a pas trop apprécié l’audace de Stellantis. Le groupe a choisi le nom de Milano pour un SUV aux motorisations françaises et à la production polonaise. Mais c’était peut-être l’initiative de trop. En effet, Fiat, autre constructeur italien du groupe Stellantis, est aussi pris pour cible par le gouvernement italien. On vous explique.
Un problème d’origine
Le gouvernement italien a décidé de traquer toutes les voitures qui se revendiquent italiennes sans l’être vraiment. Effectivement, après l’affaire de l’Alfa Romeo Junior, c’est au tour des Fiat d’être embêtées.
La petite Topolino portait un drapeau italien. C’est vrai que le style est très inspiré de l’Italie, mais la voiturette sans permis est une cousine de la française Citroën Ami. Et sa production ne se fait pas en Italie, loin de là, elle est fabriquée au Maroc dans l’usine de Kénitra.

Le gouvernement italien ne le prend plus à la légère. L‘article 517 du Code Pénal italien précise : « l’importation et l’exportation à des fins de commercialisation, ou la commercialisation ou la commission d’actes qui ne sont pas sans équivoque destinés à la commercialisation de produits portant des indications d’origine ou de provenance fausses et trompeuses. »
Au revoir les petits drapeaux italiens
Fier de ses origines, Fiat mettait des drapeaux italiens sur ses voitures, mais le constructeur prend les devants face à cette loi. Les drapeaux italiens ont donc été retirés des nouvelles Topolino, mais aussi de la Fiat 600. Le nouveau SUV électrique de la marque n’a pas grand-chose d’italien, lui aussi est fabriqué à Tychy en Pologne.

Un orgueil bien italien ?
Alors, le gouvernement italien a-t-il pris en grippe le groupe Stellantis pour avoir dépossédé le pays des marques comme Alfa Romeo, Fiat ou Maserati ? C’est une lecture possible du conflit opposant Stellantis et l’État italien.
Mais une autre lecture possible est simplement la volonté pour le gouvernement italien de défendre son image. En contrôlant l’appellation Italie et tout ce qui se réfère au pays, les Italiens préservent un savoir-faire et une réputation. Il faut donc voir cette démarche comme une « origine contrôlée », comme on peut en trouver dans l’agriculture.
Pourquoi l’appellation « Champagne », « Bordeaux », « Parmesan » ou encore « Cantal » et « Comté » serait contrôlée mais pas un pays dans sa globalité ? Ainsi, l’Italie se protège et a trouvé un moyen de préserver un savoir-faire d’exception.
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