Après avoir passé des décennies à se consacrer à des véhicules pourvus de moteur à combustion, Ferrari se prépare à écrire un nouveau chapitre de son histoire. Le constructeur de Maranello entend lancer son tout premier modèle 100 % électrique en 2026 : la Ferrari Elettrica. Baptisé F244 en interne, le projet est déjà bien avancé, puisqu’il dispose d’une nouvelle plateforme et d’autres éléments de premier choix. Si son design reste encore confidentiel, la future Elettrica sera unique en plusieurs points, capable de procurer les mêmes émotions qu’un V12, mais sans émissions.
De belles performances en perspective pour la Ferrari Elettrica
Pour son premier modèle électrique, Ferrari n’a pas fait les choses à moitié. La marque italienne a conçu tous les éléments en interne, au sein d’un nouveau bâtiment dédié, implanté à Maranello. La Elettrica (nom provisoire) reposera sur une architecture 800 volts, et bénéficiera de quatre moteurs synchrones à aimants permanents, deux placés à l’avant et deux à l’arrière. Chaque paire de moteurs possède son propre onduleur.
Pouvant atteindre jusqu’à 30 000 tr/min à l’avant et 25 500 tr/min à l’arrière, ces moteurs promettent des performances à couper le souffle. Selon Ferrari, le passage de 0 à 100 km/h ne prendra que 2,5 secondes, et la vitesse de pointe pourra aller jusqu’à 310 km/h.
En tout, la puissance cumulée dépassera 1 000 ch en mode Boost, de quoi propulser les 2 300 kg de la voiture avec une grande efficacité. Grâce au torque vectoring, chaque roue reçoit le couple optimal en temps réel. La Elettrica aura, en outre, droit à des roues arrière directrices et une suspension active 48 V de troisième génération, directement dérivée du Purosangue, mais perfectionnée.
Sous son plancher, la voiture intègre une batterie lithium-ion NMC de 122 kWh, comportant 15 modules, soit 210 cellules. Elle contribue à la rigidité du châssis, et réduit le centre de gravité de 8 cm, par rapport à un modèle thermique équivalent. Alimentée en 800 volts, elle supporte jusqu’à 350 kW de recharge, ce qui permet de récupérer 70 kWh en seulement 20 minutes. Quant à l’autonomie, elle pourrait passer le cap des 530 km en cycle WLTP.
Enfin, la répartition des masses est de 47 % à l’avant et 53 % à l’arrière. L’ensemble du châssis se compose de 75 % d’aluminium recyclé. En tout, plus de 60 demandes de brevets ont été déposées pour le développement du véhicule !
Un style inédit, couplé à un luxe de haute technologie
Bien que son apparence reste encore dissimulée, Ferrari a déjà fourni quelques indices concernant le design de la Elettrica. Il s’agira d’une GT à quatre portes et quatre places, positionnée entre les modèles Amalfi et 12Cilindri, au même niveau que le Purosangue dans la gamme.
Grâce à un empattement de 2,96 m, l’habitacle sera plus spacieux. La position de conduite avancée, ainsi que les porte-à-faux réduits laissent croire que la voiture adoptera la silhouette d’un coupé à moteur central.
Pour concrétiser le projet, Ferrari a choisi de travailler avec LoveFrom, l’entreprise de design fondée par Jony Ive, l’ancien designer d’Apple, à qui l’on doit notamment la conception de l’iPhone. Benedetto Vigna, le PDG de Ferrari, a rappelé que la marque avait déjà une longue tradition de collaborations artistiques, citant Pininfarina comme un précédent historique.
L’intérieur, qui sera révélé au printemps 2026, devrait incarner le luxe technologique, avec des matériaux nobles, des interfaces tactiles intuitives, mais sans excès numérique. Le volant se dotera d’un eManettino, symétrique du célèbre Manettino traditionnel, pour assurer la gestion de la transmission et des modes de fonctionnement du groupe motopropulseur : Range, Tour et Performance.
Deux palettes logicielles viendront compléter l’expérience. Celle de droite permettra d’ajuster le couple, et celle de gauche servira à moduler la régénération. Ainsi, Ferrari promet une conduite analogique.
Des ambitions électriques modérées, mais assumées
Même si Ferrari mise beaucoup sur ce premier modèle, la marque préfère rester prudente sur la cadence de son électrification. En 2021, le constructeur avait fixé ses objectifs à 40 % de ventes électriques d’ici 2030, contre 20 % d’hybrides et 20 % de thermiques.
Mais compte tenu du contexte du marché actuel, la marque de Maranello a dû revoir sa stratégie. Désormais, seulement 20 % des ventes seront des modèles 100 % électriques à cette échéance, contre 40 % d’hybrides et autant de thermiques.
Selon Benedetto Vigna, il est préférable d’avoir plusieurs modèles en faible quantité, plutôt que peu de modèles à forts volumes, mais avec de faibles ventes. Ferrari continuera donc de développer ses moteurs thermiques, et perfectionnera surtout sa gamme hybride, tout en modérant sa transition vers l’électrique. D’ailleurs, le second véhicule électrique, que le constructeur avait planifié avant la fin de la décennie, n’est plus au programme.
En tout cas, le constructeur prévoit les premières livraisons pour octobre 2026, après une présentation complète dès le printemps. En attendant, Ferrari laisse filtrer les informations au compte-goutte. Mais alors que la Elettrica inaugure une ère nouvelle, elle doit aussi convaincre les puristes que son modèle électrique peut offrir les mêmes sensations qu’un V8 ou un V12.
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