Que Ferrari se mette aux crossovers n’était qu’une question de temps. Mais la marque transalpine n’a pris aucun risque pour ne pas ternir l’image du cheval cabré qui orne le capot, en proposant une familiale surélevée aussi excitante que son blason le laisse supposer ! Découvrez sans plus attendre notre essai auto du Ferrari Purosangue !
Écoutez cet essai en podcast 🎧
Il est loin le temps où Ferrari ne faisait que des GT et des sportives radicales. La marque s’est adaptée à son temps, comme ses petits camarades, et dispose désormais de groupes motopropulseurs hybrides ainsi que de modèles familiaux. Mais pour faire passer la pilule auprès de ceux qui seraient un peu trop réac’, la firme de Modena a tout de même pris soin de faire en sorte que son premier « FUV », pour Ferrari Utility Vehicle (si si, c’est bien le terme exact que la marque emploie), soit un modèle spécial, limité en volume (il ne représentera jamais plus de 20 % de la production totale) et proposé seulement aux clients sélectionnés. Il faut croire que la recette fonctionne à merveille, car toutes les autos pour les quatre prochaines années sont déjà vendues, alors même qu’aucun client n’a encore été livré à l’écriture de cet article.
Extérieur et design du Ferrari Purosangue
Bonne nouvelle pour les fortunés (dans tous les sens du terme) qui ont commandé leur exemplaire sur la base de photos, le Purosangue est beaucoup plus impressionnant de visu qu’il ne l’est en image. Déjà parce qu’il ne ressemble pas tant à un SUV conventionnel mais plutôt à une sorte de shooting brake surélevé, avec son immense capot et sa silhouette ramassée sur l’arrière. Il ne faut pas beaucoup d’imagination pour y voir un successeur direct aux FF et GTC4 Lusso, à ceci près qu’ici, la garde au sol est majorée et il y a bien quatre portes. On ne le décèle pas nécessairement au premier coup d’œil, notamment parce que les portières arrière sont à ouverture antagoniste, avec une poignée dissimulée dans le montant central. Effet wahou garanti ! Surtout, l’italien cache bien son jeu puisque grâce à des proportions savamment étudiées et un ensemble harmonieux, il paraît moins imposant que ses 4,97 m de long et 2,03 m de large. Il existe toutefois un indice pour repérer immédiatement le gabarit de la bête, car les immenses jantes de 22 pouces à l’avant et 23 pouces à l’arrière ne paraissent même pas démesurées dans les arches de roues en carbone.
Poste de conduite et habitabilité du Ferrari Purosangue
L’habitacle est pour sa part un peu moins novateur que l’extérieur, puisque l’on retrouve des éléments partagés avec d’autres modèles de la gamme Ferrari. La vraie nouveauté vient de la petite molette érectile et dotée d’un écran tactile pour contrôler les fonctions de climatisation, placée au centre de la planche de bord. On ne trouve pas d’écran multimédia sur la console centrale du Ferrari Purosangue, mais le passager dispose en revanche d’un affichage tactile en face de lui. Pour le reste, toutes les fonctions de la voiture se contrôlent depuis le volant et les différents écrans du combiné d’instrumentations numérique. Et on touche là au point noir de la voiture, car l’ergonomie des touches tactiles du volant est assez désastreuse. Un coup trop sensible et un coup pas assez, elles imposent un vrai temps d’adaptation pour trouver le bon coup de pouce et ne sont pas pratiques à utiliser en roulant.
Le vrai plus technologique en revanche, ce sont les portes arrière motorisées. En tirant la petite poignée électrique, les portières « suicide » s’ouvrent et révèlent des sièges individuels qui semblent identiques aux fauteuils avant. Et pour cause, ils arborent le même dessin, sont aux aussi généreusement creusés pour maintenir efficacement leurs occupants, et ils bénéficient des mêmes attentions en matière de confort, puisqu’ils sont chauffants, ventilés et même massants ! Une vraie familiale en somme, d’autant que le coffre est au diapason avec 473 l annoncés.
Que vaut le Ferrari Purosangue sur la route ? Essai en conduite
Autant d’informations pratiques qui ne sont que bien secondaires quand la voiture en question vient de Maranello. Impossible pour Ferrari de se tromper avec le Purosangue au risque de se fâcher avec une partie de sa clientèle. Aussi, la marque n’a pris absolument aucun risque pour la motorisation de son SUV, qui n’existe qu’avec le V12 6.5 atmosphérique maison, que l’on retrouve notamment dans la 812. 725 ch et 716 Nm de couple tirés d’un V12 atmo dans un crossover, qui a donc validé une folie pareille ?!
Outre son absence totale d’inertie (il passe du ralenti à son rupteur perché à 8 250 tr/min en une fraction de seconde), il étonne par sa douceur d’utilisation en conduite coulée. La boîte à double embrayage et 8 rapports est, elle aussi, d’une docilité que bien des transmissions envieraient. Mais la face cachée du Ferrari Purosangue se révèle en mode Sport, le crossover singeant alors la schizophrénie tant il est capable d’une rage que très peu d’autos sont en mesure de distiller. L’émotion mécanique procurée par les accélérations est impossible à retrouver dans un autre SUV, tandis que la force avec laquelle l’aiguille virtuelle vient taquiner la zone rouge est une drogue dure. La boîte, une fois en mode manuelle et commandée par les grandes palettes en carbone derrière le volant, devient ultra-rapide à la montée comme à la descente de rapports, faisant oublier que l’on est dans une auto familiale. Le tout sans parler de la sonorité absolument dantesque, qui passe d’un grognement rauque à envolée métallique qui colle immanquablement le sourire aux passagers comme aux observateurs extérieurs. Entre 4 500 et 6 000 trs/min, c’est l’extase tant la mélodie est belle et harmonieuse !
Même combat pour le châssis qui gère admirablement le compromis entre confort et dynamisme. L’amortissement piloté (chaque amortisseur dispose d’un moteur électrique qui gère en temps réel la détente et la compression) absorbe très efficacement les défauts de la chaussée en mode Comfort et il n’y a guère que les grandes jantes chaussées de pneus à flanc bas pour venir perturber la quiétude dans l’habitacle. Et comme avec le fabuleux moteur, une fois le mode Sport enclenché (les amortisseurs offrent alors trois lois différentes suivant l’état de la chaussée), le Purosangue se mue en une sportive efficace qui contrôle de façon improbable les mouvements de caisse. D’autant que l’amortissement très particulier ne fait ni appel à des barres antiroulis actives, ni à du pneumatique pour gérer les 2 033 kg à vide. Et si ce n’est la position de conduite un peu haute, jamais on n’a l’impression d’être au volant d’un crossover tant les vitesses de passage en courbe sont indécentes.
L’inertie semble magiquement effacée, et il n’y a guère qu’en sortie de courbe, quand les roues sont remises droites avec brutalité, que l’on sent les plus de deux tonnes du Purosangue. Dommage, d’ailleurs, que la direction soit un cran en dessous du reste avec un point milieu un poil flou et un petit manque de remontée d’informations. Mais pas de quoi bouder son plaisir, alors que la transmission intégrale fait efficacement passer toute la puissance au sol tout en conservant un tempérament de propulsion. Quant à l’agilité globale de l’italien, elle est impensable pour une auto d’un tel gabarit, bien aidée par des roues arrière directrices qui transforment le Purosangue en ballerine. C’est bien simple, chaque balade est du bonheur en barre à son volant !
Notes et avis sur l’essai du Ferrari Purosangue
| Catégorie | Note sur 5 | Avis Caroom |
|---|---|---|
| Esthétique | ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ | Bien plus intéressant à détailler de visu qu’en photo, le Purosangue fait immanquablement tourner les têtes. |
| Conduite | ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ | Un moteur d’anthologie dans un châssis efficace et agile, voilà le combo parfait. |
| Praticité | ⭐️⭐️⭐️⭐️ | Si l’ergonomie ne cédait pas aux touches tactiles sur le volant, vraiment trop peu pratiques, ce serait carton plein pour le Purosangue ! |
| Rapport Qualité/Prix | ❓ | Parler de prix sur une auto déjà vendue à ceux qui la veulent vraiment, ce n’est même plus pertinent ! |
Bilan de notre essai du nouveau Ferrari Purosangue
Incroyable découverte qu’est ce Ferrari Purosangue. À la croisée des chemins mais 100 % Ferrari dans l’âme, il est tout ce que l’on attend d’une familiale Ferrari : pratique, assez spacieux, mais totalement sensationnel à la conduite. Le prix ? Si vous le demandez c’est que c’est trop cher pour vous, mais sachez que les 390 000 euros réclamés au bas mot se transforment très vite en 500 000 euros une fois les options et le malus payés. Et avec un carnet de commandes plein à craquer, il va de toute manière falloir faire la queue et espérer un miracle pour avoir un slot sur la chaîne de production. Dans tous les cas, le Purosangue est un véritable tout de force, aussi facile à conduire qu’ultra-performant et mécaniquement enivrant. Chapeau bas Ferrari !
6 personnes ont trouvé cet article utile
Cela vous a été utile ?
0 commentaires sur cet article
Commentez cet article
Avant de publier votre commentaire, relisez-vous (orthographe, clarté) et vérifiez si la réponse n’est pas déjà dans l’article. Pour obtenir une réponse utile, donnez du contexte à votre situation. Courtoisie et bienveillance exigées.