Annoncée en fin de carrière avec l’arrivée de la Mercedes CLA 100 % électrique, la Classe A thermique ne tirera finalement pas sa révérence tout de suite. La compacte à l’Étoile, initialement vouée à disparaître prochainement du catalogue, restera finalement en production jusqu’en 2028. Un changement de cap stratégique qui traduit la prudence du constructeur allemand dans un contexte où la transition vers l’électrique ralentit.
Une décision motivée par la réalité du terrain
La quatrième génération de la Classe A, lancée en 2018, devait initialement s’effacer au profit de la CLA nouvelle génération, uniquement proposée en version électrique. Mais face à une demande toujours soutenue pour la compacte thermique, notamment sur les marchés européens, Mercedes a choisi de prolonger son cycle de vie. Une décision qui s’explique aussi par le climat d’incertitude autour de la croissance des ventes de véhicules électriques.
En effet, dans plusieurs pays clés, dont la France, l’électrique progresse moins vite qu’espéré. La part de marché des voitures zéro émission peine à dépasser les 17 %, malgré les aides publiques et les incitations fiscales. Dans ce contexte, proposer une CLA électrique sans alternative thermique aurait représenté un pari risqué, même pour une marque premium comme Mercedes.
Une transition en douceur avec la future CLA
Le prolongement de la Classe A s’inscrit dans une logique de cohabitation avec la nouvelle CLA. Cette dernière viendra enrichir la gamme dès 2025, avec une offre exclusivement électrique, tandis que la Classe A continuera d’exister en parallèle. Une façon pour Mercedes de maintenir une offre compacte accessible, tout en laissant le temps au marché de s’adapter à l’électrification.

Cette période transitoire s’accompagne également d’un changement de site de production : la fabrication de la Classe A sera transférée de l’usine allemande de Rastatt à celle de Kecskemét, en Hongrie. Ce transfert vise à libérer de la capacité industrielle pour la CLA, tout en optimisant les coûts de production en fin de cycle.
Des ajustements techniques à prévoir
Pour rester conforme aux futures normes environnementales, la Classe A devra malgré tout faire l’objet de quelques évolutions. Si la norme Euro 7 s’annonce finalement plus clémente que prévu, elle imposera néanmoins certaines adaptations. Mercedes pourrait ainsi apporter des ajustements ciblés pour maintenir la conformité du modèle jusqu’en 2028, sans investissement massif.
Quant aux déclinaisons AMG, leur avenir demeure incertain. Dans un contexte européen de plus en plus défavorable aux motorisations puissantes et énergivores, ces versions sportives pourraient disparaître du catalogue dans les années à venir. Une tendance déjà perceptible chez d’autres constructeurs premium.
Une stratégie d’attente assumée
En prolongeant la vie de la Classe A, Mercedes ne renonce pas à son ambition électrique, mais ajuste le tempo. Le constructeur reste engagé dans une électrification progressive de sa gamme, mais préfère laisser à ses clients le temps d’adhérer pleinement à cette nouvelle mobilité. D’ici 2028, le marché aura évolué, et Mercedes pourra alors réajuster son offre sans précipitation.
Cette prolongation offre aussi un avantage : elle permet à Mercedes de conserver une compacte d’entrée de gamme, relativement abordable, face à une CLA électrique qui risque d’afficher des tarifs nettement plus élevés.

La Mercedes Classe A, qui devait initialement tirer sa révérence dans les prochaines années, s’offre donc un nouveau souffle. En prolongeant sa production jusqu’en 2028, Mercedes choisit une stratégie pragmatique, attentive aux signaux du marché. La compacte allemande ne brille peut-être plus par sa jeunesse, mais elle reste un modèle stratégique, capable d’assurer la transition vers une nouvelle ère, sans rupture brutale.
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