Depuis plusieurs années, Mitsubishi a su tirer parti de son alliance avec Renault afin d’enrichir sa gamme européenne. Le constructeur a adapté berlines polyvalentes et SUV urbains à partir de modèles français. La Colt a notamment été calquée sur la Clio 5 restylée, de même que l’ASX sur le Captur, le Grandis sur le Symbioz, et plus récemment l’Eclipse Cross sur le Scénic E-Tech. Cette stratégie a permis à la marque japonaise de rester présente sur un marché exigeant, et de limiter les coûts de développement. Avec l’arrivée imminente de la Clio 6, on peut se demander si la future Colt héritera ou non de cette nouvelle génération. Les réponses fournies par Takao Kato, PDG de Mitsubishi, sont sans équivoque !
La Clio 6 ne fera pas partie de la gamme Mitsubishi
Dévoilée en 2023 et commercialisée la même année, la Mitsubishi Colt repose sur la Clio 5 restylée. Dès lors, il s’avère logique que Mitsubishi exploite la nouvelle architecture de la Clio 6 pour sa future citadine. Cependant, Takao Kato précise qu’aucune décision n’a été prise en ce sens.
Et pour cause, si le constructeur nippon choisit de baser la nouvelle Colt sur la Clio 6, il lui faudrait réinterpréter tout le design afin de l’aligner sur son identité stylistique. Cela nécessiterait un travail particulièrement coûteux, que la marque souhaite éviter.
Mitsubishi estime, en outre, que sa gamme actuelle comprend déjà beaucoup de modèles provenant de Renault. La Colt n’est pas la seule à bénéficier du rebadging français, puisque l’ASX, le Grandis et l’Eclipse Cross sont issus de modèles Renault. Selon le PDG japonais, quatre véhicules sont suffisants, et il est temps pour Mitsubishi de développer ses propres voitures, en vue de préserver l’ADN de la marque.
Certes, l’alliance avec Renault a permis à Mitsubishi de renforcer sa présence sur le marché européen et de préparer une croissance future. Mais à l’horizon 2030, Mitsubishi projette de produire des voitures électriques en interne. La stratégie de rebadging, qui a bien sûr été essentielle à la survie de Mitsubishi en Europe, atteint aujourd’hui ses limites.
Le Mitsubishi Eclipse Cross, dernier modèle à faire l’objet d’un rebadging Renault
Le Mitsubishi Eclipse Cross, récemment présenté à Bruxelles, arbore un style distinctif, mais est monté sur la plateforme du Renault Scénic E-Tech. C’est le quatrième modèle européen de Mitsubishi à profiter d’une base Renault, après la Colt, l’ASX et le Grandis.
Grâce aux plateformes du constructeur au losange, Mitsubishi a pu concevoir des véhicules conformes aux contraintes strictes du marché européen, en matière de réglementation et de normes environnementales, tout en misant sur un design spécifique.
Toutefois, cette solution a ses limites, comme l’illustre le refus de reprendre la Clio 6 pour la Colt. Quand bien même l’infrastructure technique serait compatible, reproduire l’esthétique et les équipements reviendrait trop cher, pour un modèle d’entrée de gamme.
Ainsi, l’Eclipse Cross sera le dernier modèle à jouir du rebadging Renault. D’ailleurs, il faut souligner que même s’il s’agit d’un clone du Scénic E-Tech, la voiture affiche un langage stylistique distinct.
Un avenir désormais tourné vers des modèles 100 % Mitsubishi
Si Mitsubishi a pendant quelques années repris les plateformes françaises, la marque nippone produit aussi des modèles originaux en dehors du Vieux Continent. C’est par exemple le cas du nouveau Pajero ou des kei-cars destinés au marché asiatique.
Takao Kato évoque, par ailleurs, la possibilité d’une nouvelle catégorie de véhicules européens inspirée des kei-cars, une idée intéressante pour laquelle Mitsubishi pourrait jouer un rôle central. Cette orientation lui permettrait d’innover, et de se démarquer de la concurrence, tout en se pliant aux normes locales.
La décision de ne pas créer la Colt sur la Clio 6 dépeint donc une vision stratégique à long terme. Pour le constructeur japonais, l’objectif sera désormais de réduire progressivement la dépendance à Renault, et de ravoir le contrôle sur l’identité de ses produits.
Pour l’heure, les économies générées grâce au rebadging permettent de stabiliser la gamme, mais elles ne doivent pas empêcher Mitsubishi de développer des modèles originaux, en phase avec son code stylistique. L’ère des clones touche alors à sa fin, et la marque s’apprête à voler de ses propres ailes, en commençant par le lancement d’une gamme électrique prévue pour 2030, incluant des modèles dotés de la technologie 800 V.
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