De nombreux automobilistes branchent leur véhicule à domicile, souvent la nuit, afin de bénéficier de tarifs avantageux et d’une batterie pleine le lendemain. Mais dès le 1er novembre 2025, le système tarifaire des heures pleines et creuses pourrait évoluer. Cette réforme planifiée par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) vise essentiellement à contrebalancer la production et la consommation. Mais elle risque aussi de modifier les habitudes de certains électromobilistes et d’alourdir leur facture.
Une nouvelle répartition des heures creuses motivée par les énergies renouvelables
Jusqu’à présent, le système heures pleines/heures creuses était assez simple. Les 14,5 millions de foyers français souscrivant cette option tarifaire rechargent leur voiture électrique la nuit à moindre coût, à raison de 0,1635 € le kWh contre 0,2081 € en heures pleines, alors que le tarif de base est établi à 0,1952 €. Une différence qui peut représenter plusieurs dizaines d’euros d’économies tous les mois, surtout pour les gros rouleurs.
Cependant, la CRE compte y apporter quelques changements, sachant que pour alimenter le réseau électrique, les énergies renouvelables sont de plus en plus sollicitées. En réalité, avec l’essor des parcs éoliens et centrales solaires, la production d’électricité ne coïncide plus forcément avec les périodes de forte consommation. À titre d’exemple, le solaire produit son maximum entre 10 h et 16 h, plage horaire durant laquelle la demande domestique est pourtant basse. Les pics de consommation se situent le matin de 8 h à 12 h et le soir de 17 h à 20 h.
Afin d’inciter les Français à utiliser l’électricité quand elle est plus disponible, la CRE a donc décidé de diminuer les heures creuses nocturnes et de déplacer jusqu’à trois heures creuses en journée, entre 11 h et 17 h. Cette réforme prendra progressivement effet jusqu’en 2027, avec des ajustements effectués par Enedis, en fonction des besoins du réseau et des saisons. Certains foyers pourront conserver une grande partie de leurs heures creuses nocturnes, alors que d’autres devront s’adapter à cette nouvelle répartition.

Quels impacts pour les propriétaires de voitures électriques ?
Cette décision pourrait avoir un impact non négligeable sur un grand nombre d’électromobilistes. Jusqu’ici, la recharge nocturne constituait la solution la plus simple et la plus économique. Il suffit de brancher la voiture en rentrant le soir pendant les heures creuses, et repartir le matin avec une batterie rechargée. Mais la diminution de ces plages horaires pourrait compliquer le calcul.
En pratique, plusieurs conducteurs pourraient ne pas jouir des nouvelles heures creuses en journée. Ceux qui travaillent à l’extérieur n’ont probablement pas la possibilité de recharger leur véhicule chez eux entre 11 h et 17 h. Ils devront alors continuer à recharger la nuit, et malheureusement estimer leur consommation en tenant compte du tarif heures pleines.
Par ailleurs, d’après un sondage réalisé en 2024, seulement 26 % des propriétaires de voitures électriques programment leur recharge en fonction des périodes de faible demande. Autrement dit, près des trois quarts laissent leur véhicule branché sans optimiser leur consommation. Par conséquent, cette nouvelle réforme pourrait davantage augmenter les factures.
La nouvelle répartition des heures creuses pourrait grandement désavantager les automobilistes ayant l’habitude de charger leur voiture la nuit. Pour y remédier, il serait peut-être judicieux de proposer un mode de recharge plus intelligent, qui permettrait d’ajuster plus facilement la consommation à la production d’électricité renouvelable. D’ici là, les automobilistes devront déjà s’habituer à effectuer leurs recharges différemment et éventuellement investir dans des options plus sophistiquées. Autrement, la facture pourrait être plus salée.
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