Pour une marque automobile vieille de plus de 100 ans, il s’est passé bien des choses durant ces années. Outre les exploits d’Audi dans le sport automobile, certains modèles de voitures destinés au public ont rencontré un franc succès, notamment l’A8 en 1994 et l’Audi A4, qui a vu plus de 7,5 millions d’exemplaires vendus en 25 ans. Comme toutes les grandes entreprises, Audi a également dû faire face à certaines réalités, dont voici quelques-uns de ses échecs commerciaux.
Audi 50
Pour Audi, le moment était propice pour lancer une petite citadine moins énergivore, juste après le premier choc pétrolier en 1973. Avec un record de développement, soit seulement 21 mois entre la conception et la production, l’Audi 50 était bien partie. Il s’agissait d’une citadine 3 portes avec hayon, disponible en 2 versions. La version LS se dotait d’un moteur 1.1 L de 50 ch, tandis que la GL s’équipait d’un moteur 1.1 L de 60 ch. Elle était donc parée pour rivaliser avec les citadines de l’époque telles que la Peugeot 104 ou encore la Renault 5.
Les chiffres de vente, peu après son lancement, étaient prometteurs, jusqu’à ce que le rêve soit subitement ruiné par l’arrivée sur le marché de la Volkswagen Polo. La Polo se contentait du strict minimum en termes d’équipements pour proposer un tarif inférieur à celui de l’Audi 50. Par exemple, tandis que l’Audi était équipée de freins à disques, la Polo se contentait de freins à tambours. De même, en ce qui concerne le starter, la rivale de la marque aux anneaux n’utilisait qu’un starter manuel au lieu d’un automatique.
L’Audi 50 n’a donc pas pu survivre à une telle concurrence, si bien qu’elle a dû arrêter la production en juillet 1978, malgré ses 180 828 exemplaires déjà écoulés.
Audi A2
À l’aube du nouveau millénaire, Audi voyait non seulement grand, mais aussi écologique. Elle lança alors en 2000 l’A2, une voiture compacte qui se distingue par sa carrosserie en aluminium, lui permettant d’avoir un poids raisonnable de 895 kg à 1 070 kg selon l’équipement et la motorisation. À l’affiche, les clients pouvaient choisir entre une motorisation essence de 1.4 16S de 75 ch ou de 1.6 FSI de 110 ch et une motorisation gazole disponible en 3 versions : 1.2 TDI 3L de 61 ch, 1.4 TDI de 75 ch et 1.4 TDI de 90 ch. Le prix catalogue était de 129 000 francs (19 600 euros environ).
Parmi les critiques à l’encontre de l’Audi A2, les clients reprochaient au modèle d’être trop modeste en matière de motorisation. Ils n’appréciaient pas non plus les énormes montants du pare-brise qui cachaient la vision. Certains ont même pensé que la réparation d’un tel véhicule pourrait leur coûter cher.
Les chiffres de vente du constructeur n’arrivaient donc pas à rentabiliser les coûts, ce qui était assez catastrophique, car Audi perdait 40 000 francs par voiture vendue. En France, le tarif a été revu à la baisse en 2001, soit 115 400 francs (17 600 euros environ), mais en vain. Audi a persisté jusqu’en 2005 avec, au compteur, 176 377 modèles écoulés pour une perte de 1,3 milliard d’euros.
À l’époque, la marque n’a plus voulu développer, ne serait-ce qu’un nouveau A2, en annonçant son souhait de se concentrer davantage sur les grandes séries.

Audi V8
Les berlines haut de gamme étaient en vogue vers la fin des années 80, avec BMW et Mercedes qui dominaient déjà ce segment du marché. Audi, de son côté, cherchait à se tailler une place en proposant sa V8, lancée en 1988. Basée sur les modèles Audi 100 et 200, la V8 était équipée d’un moteur de 3.6 L, développant 250 ch et un couple de 340 Nm.
Cependant, en plus de son image de marque qui n’a pas encore atteint son plein potentiel, Audi a été critiquée pour sa V8. Cette dernière n’a pas réussi à impressionner les clients, notamment américains, qui lui reprochaient de manquer de reprise comparée à la BMW Série 7 et à la Mercedes-Benz Classe S.
En 1992, le constructeur a répondu aux critiques en améliorant son moteur. Le nouveau bloc-moteur de 4.2 L développait ainsi 280 ch et 400 Nm, permettant à la voiture d’atteindre une vitesse de pointe de 250 km/h et d’accélérer de 0 à 100 km/h en 7 secondes. Malheureusement, cette initiative n’a pas réussi à relancer la carrière commerciale de la V8. En 1994, sa production a été arrêtée, avec un total de 21 293 modèles vendus.
Comme on dit, on apprend de ses erreurs ! Pour une marque premium comme Audi, elle a compris qu’il n’est pas toujours facile de concilier tendance et exigence. Quoi qu’il en soit, y a-t-il d’autres modèles de la marque aux anneaux qui ne vous ont pas convaincu ?
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