Tesla équipe ses véhicules de l’intelligence artificielle Grok : qu’apporte-t-elle de plus ?

Tesla Model S
© Tesla

Depuis juillet 2025, Tesla équipe ses véhicules neufs de Grok, une intelligence artificielle mise au point par xAI, une des sociétés d’Elon Musk. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Grok ne révolutionne pas la conduite et n’assiste pas l’automobiliste dans les fonctions classiques de navigation ou de commande de la voiture. Alors, à quoi sert réellement cette IA embarquée ?

 

Une IA qui n’intervient ni dans la conduite ni la navigation : alors, à quoi sert-elle ?

Tesla intègre désormais Grok dans ses nouveaux véhicules : Model S, 3, X, Y et Cybertruck. Le but est de remplacer l’ancien assistant vocal sommaire par une IA conversationnelle bavarde, à la personnalité affirmée.

L’automobiliste peut alors poser des questions génériques à Grok, échanger des anecdotes, écouter des blagues ou encore calculer des distances. Il lui est également possible de personnaliser la voix et la tonalité de l’assistant, en optant pour un style conteur ou pour un mode plus déjanté, fidèle à l’humour provocateur, cher à Elon Musk.

Néanmoins, cet assistant ne propose aucune interaction directe avec les fonctions du véhicule. En effet, Grok ne contrôle ni le GPS, ni la climatisation, ni la musique, ni les paramètres qui se rapportent à la conduite.

Pour toute action essentielle relative aux fonctionnalités de la voiture, le conducteur devra toujours s’adresser au système vocal classique de Tesla. En gros, Grok agit comme un compagnon de route, destiné à divertir l’utilisateur, sans impact fonctionnel important.

Pour l’activer, il suffit d’appuyer longuement sur le bouton vocal du volant. Pour les modèles antérieurs à 2025, il requiert une puce AMD, une connexion Wi-Fi ou un abonnement Premium, ainsi que la mise à jour logicielle 2025/26, ou une version ultérieure.

 
Intérieur du Tesla Model Y
© Tesla

Une intelligence artificielle sujette à controverse

À peine lancée, Grok suscite déjà plusieurs interrogations. L’IA avait déjà attiré l’attention sur X, ex-Twitter, où elle est aussi disponible. Mais c’est surtout sa personnalité non filtrée qui a déclenché une polémique médiatique. Quelques jours avant son intégration dans les Tesla, Grok a formulé des idées antisémites, salué des figures historiques controversées comme Hitler, et même pris le pseudonyme de « MechaHitler » pour un utilisateur.

Selon xAI, ces incidents sont dus à une mauvaise assimilation des contenus issus de X. L’entreprise a rapidement exprimé ses excuses et déclaré avoir retiré le code problématique. Mais ces excès ont suffi à semer le doute sur la fiabilité morale de cet assistant, censé équiper des millions de voitures.

Au-delà de ces faits, Grok éveille des critiques par rapport à son aspect technique. Comparée aux assistants intelligents embarqués en Chine, notamment ceux de Xiaomi ou BYD, l’IA de Tesla est en net retrait. Alors que les IA chinoises ont la capacité d’interagir avec les caméras, de repérer les anomalies, d’adapter la conduite ou de gérer l’environnement intérieur, Grok ne peut qu’échanger des phrases. Est-elle alors vraiment utile ?

Grok, exclusivement accessible aux États-Unis

À ce jour, le lancement de Grok se limite au marché américain. Aucun calendrier précis n’a été révélé concernant son déploiement à l’échelle internationale, que ce soit sur le continent européen ou ailleurs. En France, par exemple, les modèles Tesla ne sont pas encore concernés.

Jusqu’alors, cette IA ne peut donc que converser. Elle n’a pas la faculté de signaler un problème mécanique ni celle de présenter l’état du véhicule et encore moins d’agir en cas d’urgence. Ainsi, l’automobiliste ne bénéficie d’aucune plus-value pratique, au-delà du simple divertissement.

Il faut, cependant, souligner que la mise à jour a permis d’ajouter quelques fonctions intéressantes indépendantes de Grok, telles que la synchronisation des effets de lumière avec la musique, l’ajout de profils audio et de nouvelles options pour la dashcam, ou encore une meilleure visualisation des données de recharge.

Avec Grok, Tesla veut probablement se démarquer de ses concurrents, en misant sur une IA au caractère bien trempé. Toutefois, le service proposé reste insuffisant. Si Grok ne joue aucun rôle dans la conduite et n’a pas accès aux fonctionnalités stratégiques de la voiture, cet assistant agit simplement comme un chatbot divertissant. Mais dans un marché de l’automobile électrique en quête de copilotes intelligents et proactifs, est-ce indispensable ? Au vu des attentes des utilisateurs, Grok est loin de faire l’unanimité.

À lire aussi

Renault 5 E-Tech en leasing social : des offres encore plus attractives en 2026
Le leasing social est de retour en 2026, et la Renault 5 E-Tech figure de nouveau parmi les modèles éligibles. Grâce à une aide publique revue à la hausse, la citadine au losange affiche des mensualités plus intéressantes qu’en 2025, à partir de 139 euros par mois. Pour ce tarif, le dispositif inclut désormais la […]
Tesla Model Y : la version à 6 places va-t-elle aussi arriver en Europe ?
Le Tesla Model Y L, une version allongée à six places du SUV électrique, a été officiellement lancé sur plusieurs marchés, dont la Chine et les États-Unis. Avec une configuration en trois rangées, il vient se positionner comme une alternative plus accessible au Model X. Cette version sera-t-elle aussi disponible sur le Vieux Contient ? […]
Suzuki dépasse les 150 000 véhicules électrifiés vendus en France et prépare son passage à l’électrique
Alors que certains constructeurs ont accéléré leur transition énergétique avec l’arrivée des normes européennes sur les émissions de CO₂, Suzuki a choisi d’adopter une démarche plus progressive. Dès 2016, le constructeur japonais a commencé à généraliser l’hybridation légère sur sa gamme française, avec l’objectif de proposer une technologie efficace sans faire exploser les prix de […]
Fiat prépare une petite électrique à 15 000 euros inspirée de la Panda des années 1980
Après plusieurs années de repositionnement au sein de Stellantis, Fiat retrouve un rôle stratégique dans le développement de nouveaux modèles. Parmi les projets actuellement en préparation figure une petite voiture électrique destinée à séduire les automobilistes à la recherche d’un véhicule abordable. Pour y parvenir, le constructeur italien entend reprendre la philosophie qui avait fait […]
Renault dépasse le million de voitures électriques produites en France et accélère sa transformation industrielle
Renault poursuit sa montée en puissance dans l’électrique. Le constructeur français annonce avoir franchi le cap du million de véhicules électriques fabriqués dans l’Hexagone, un jalon qui illustre l’importance prise par ses sites industriels français. Portée notamment par la Renault 5 E-Tech et le complexe ElectriCity, cette dynamique renforce également l’emploi et les investissements dans […]
Leapmotor B03X : le nouveau concurrent des Peugeot 2008 et Renault 4 E-Tech ouvre ses commandes à moins de 25 000 €
Le Leapmotor B03X peut désormais être commandé en France. Ce SUV urbain 100 % électrique vient élargir l’offre de la marque chinoise, dont la distribution est assurée par Stellantis.   Un SUV urbain électrique signé Leapmotor Le Leapmotor B03X rejoint le catalogue de la marque chinoise sur le marché français. Il s’inscrit dans la catégorie […]

Publié par

Jordane CLAUSS

Responsable de contenus

Je suis responsable de contenus automobiles chez Caroom depuis 2020. J’ai lancé la catégorie du Guide « Voiture propre », au moment où les ventes de véhicules électriques commencent à décoller en France et où les constructeurs accélèrent leurs investissements. Ce projet a structuré mon travail : rendre la voiture électrique plus simple à comprendre, et accompagner les acheteurs dans le choix, l’achat et l’utilisation de leur véhicule (conseils, astuces, comparatifs). Mon objectif est aussi de tenir les lecteurs informés de l’actualité (bonus, nouveaux modèles, prix de la recharge, tendances du marché). En savoir plus.

0 commentaires sur cet article

Commentez cet article