Ces dernières années, BYD n’a cessé de faire parler de lui. Le géant chinois s’est imposé comme un leader de l’électromobilité dans le monde. En 2023, le constructeur affichait 4,27 millions de véhicules écoulés, ce qui le hisse au sixième rang des groupes automobiles mondiaux en termes de volume. Mais alors que le second semestre 2025 commence à peine, des signes de ralentissement viennent entacher ce tableau idyllique. En effet, la marque fait face à une diminution de la production dans certaines usines, tandis que ses stocks sont en hausse, sans compter ses prévisions commerciales en Europe revues à la baisse.
Le plan d’action de BYD ne semble pas se dérouler comme prévu
Si BYD a démarré sa conquête du marché européen en fanfare, les résultats ne sont pas complètement au rendez-vous. Le constructeur chinois avait projeté d’exporter ses modèles électriques en masse sur le Vieux Continent, en appliquant des prix compétitifs et en proposant une gamme variée, adaptée à différents profils d’automobilistes. Mais aujourd’hui, cette stratégie montre petit à petit ses lacunes.
En Europe, les ventes sont loin des attentes initiales, ce qui a contraint BYD à revoir sa feuille de route. Le plan de départ, qui consistait à multiplier les concessions et implanter des sites de production locaux, a dû être reconsidéré.
En parallèle, les pratiques commerciales du constructeur sont pointées du doigt, notamment en Chine, où il aurait enregistré des véhicules d’occasion en tant que voitures neuves pour avoir indûment droit aux subventions publiques. La marque a vraisemblablement surestimé ses capacités de vente, car les acheteurs européens ne se ruent pas sur les modèles BYD, comme escompté.
Le rythme de production des usines est revu à la baisse, tandis que les stocks s’accumulent…
BYD rencontre des difficultés commerciales en Europe, mais pas seulement. En Chine, le géant de l’électrique connaît également une demande en baisse. Après des mois de progression, les ventes tendent à régresser. Selon certaines informations, BYD a ralenti le rythme dans pas moins de quatre sites. En plus de devoir retirer les équipes de nuit, plusieurs projets de nouvelles lignes de production ont dû être suspendus.
Les chiffres en disent long : en avril 2025, la croissance annuelle a chuté à 13 %, avant de s’écrouler à 0,2 % en mai, un niveau jamais atteint depuis plus d’un an. Sur les deux mois, la production moyenne a diminué de 29 % en comparaison du dernier trimestre 2024.
Dans le même temps, les stocks continuent de s’accumuler. En moyenne, les concessionnaires BYD ont désormais 3,21 mois de stock, un chiffre qui dépasse largement la moyenne nationale en Chine, établie à 1,38 mois. Cette instabilité a entraîné la fermeture d’une vingtaine de concessions appartenant à un distributeur BYD. La Chambre chinoise des concessionnaires d’automobiles est allée jusqu’à exhorter BYD à adapter sa production aux capacités du marché.
Le désintéressement relatif des acheteurs pour les modèles du constructeur, auquel s’ajoute une offre pléthorique, pourrait engendrer une situation difficilement gérable à long terme. Pour réussir à vendre ses véhicules, BYD devra miser sur des remises de plus en plus importantes. Mais à terme, cela pourrait nuire à ses marges bénéficiaires.
Mais les chiffres d’affaires sont pourtant toujours aussi élevés
Malgré cette baisse de production, BYD s’en sort très bien. En 2024, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 777 milliards de yuans, soit près de 99,4 milliards d’euros, dépassant celui de Tesla, qui plafonne à 89,9 milliards. Cette performance s’explique en grande partie par le succès de ses voitures hybrides.
Par ailleurs, de janvier à mai 2025, les ventes de BYD affichaient encore une progression de 11 % par rapport à l’année précédente. Même si l’objectif des 5,5 millions de véhicules vendus pour l’année entière n’est pas atteint, cette croissance, même modérée, reste un indicateur positif.
Même en réduisant sa production, l’empire BYD ne risque pas pour autant de s’effondrer. En réalité, le constructeur chinois compte toujours parmi les acteurs majeurs de l’industrie automobile mondiale, et les chiffres le prouvent parfaitement. Mais pour préserver son leadership, la marque devra réajuster sa stratégie commerciale, optimiser sa chaîne industrielle et renforcer l’attractivité de son offre.
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