À la fin de l’année 2023, la vente de voitures électriques a considérablement augmenté, avec 1 voiture sur 4 vendues étant électrique. Cependant, les préoccupations concernant les batteries demeurent, notamment en raison de problèmes tels que la recharge difficile en hiver ou une autonomie inférieure à celle annoncée. Dans ce contexte, l’Advertising Standards Authority (ASA) au Royaume-Uni a sanctionné deux grands constructeurs pour publicité mensongère.
L’organisme britannique chargé de la régulation des publicités épingle Kia et Mercedes
Depuis l’avènement des voitures électriques, l’autonomie de la batterie a été la préoccupation principale des automobilistes. Les premières générations, conçues pour remplacer les moteurs thermiques, offraient une autonomie limitée, généralement entre 100 et 150 km par recharge. Cette contrainte obligeait les futurs acheteurs à recharger fréquemment leur véhicule, malgré le nombre restreint de bornes disponibles. Pour remédier à cette situation, les nouveaux modèles offrent désormais en moyenne 300 km d’autonomie, et les différents constructeurs mettent en avant cet argument de vente majeur pour promouvoir leurs nouvelles voitures électriques.
Cependant, selon l’ASA, l’autorité britannique chargée de vérifier la véracité des publicités, certains constructeurs ne respectent pas vraiment ces principes. Kia et Mercedes sont actuellement dans le viseur de cet organisme très respecté. Le cœur du problème réside dans un écart apparent entre les annonces d’autonomie basées sur une batterie chargée à 100 % et les recommandations de charge, discrètement mentionnées en bas de page, incitant les conducteurs à ne pas dépasser les 80 % pour prolonger la durée de vie de la batterie.
Concrètement, l’autonomie WLTP de la batterie annoncée par les deux constructeurs était basée sur une charge complète à 100 %. Toutefois, comme sur tout appareil électronique basé sur des batteries, il faut aussi veiller à la durée de vie de ces accumulateurs. Ainsi, selon Kia et Mercedes, afin d’optimiser le fonctionnement des batteries et du véhicule, il est recommandé de ne le recharger qu’à 80 %. Une autonomie réduite de 20 % et c’est ce que l’ASA reproche aux deux constructeurs.
Les SUV électriques Kia Niro EV et le Mercedes EQC sont spécifiquement visés par ces critiques de l’ASA. L’autorité de régulation britannique estime que cette pratique manque de transparence, ce qui pourrait créer une confusion chez les consommateurs concernant l’autonomie réelle de ces voitures électriques dans des conditions d’utilisation courantes. Le Mercedes EQC annonce par exemple une autonomie de 408 km selon le cycle WLTP, tandis que le constructeur recommande en coulisses de ne jamais charger la batterie au-delà de 80 %.
[easy-image-collage id=23257]Vers une régulation de la publicité autour des voitures électriques et de l’autonomie ?
Concernant le cas du Kia Niro EV et du Mercedes EQC, l’ASA a invoqué la réception de plusieurs plaintes, incitant ainsi l’autorité de régulation des publicités au Royaume-Uni à prendre des mesures. Dans le but de résoudre cette problématique, l’ASA a exigé des constructeurs qu’ils affichent clairement sur leurs publicités l’autonomie réelle de leurs véhicules. Désormais, toute commercialisation de véhicule électrique en Angleterre devra inclure tous les détails, y compris les conditions de recharge, dans les annonces. Malheureusement, cette réglementation reste actuellement limitée à l’Angleterre.
À ce jour, Mercedes a publié un communiqué affirmant son intention de se conformer aux nouvelles lois britanniques. De son côté, Kia a défendu la validité des résultats obtenus lors des tests WLTP en cycle combiné. Le cycle WLTP, protocole standardisé visant à évaluer l’autonomie des voitures électriques, notamment, est conçu pour simuler des conditions de conduite réelles au moyen de tests effectués en laboratoire sur des bancs à rouleaux. Toutefois, il est crucial de noter que le WLTP tend à correspondre à un mode de conduite calme, réalisé à une vitesse modérée sur un itinéraire plat. Bien qu’il soit perçu comme plus réaliste que son prédécesseur, le NEDC, il peut encore présenter des différences avec l’autonomie réelle, notamment sur autoroute à pleine vitesse.
Voici quelques caractéristiques des conditions des tests WLTP en cycle mixte :
- Durée du test : 30 minutes
- Distance parcourue : 23,25 km
- Vitesse de pointe : 131,3 km/h
- Vitesse moyenne : 45,5 km/h
- Phases de conduite : quatre phases
- Durée des arrêts : 12,5 % de temps d’arrêt
Les véhicules thermiques se distinguent des véhicules électriques à plusieurs égards. L’autonomie réelle peut varier en fonction de divers facteurs tels que le comportement de conduite individuel ou les conditions météorologiques. Envisagez-vous l’achat d’une voiture électrique en 2024 ? Quelle est votre opinion sur l’exigence de transparence de l’ASA ? Devrait-il y avoir une action similaire en France ?
Propriétaire d’un SUV hybride Mercedes, j’ai signalé ces mensonges éhontés à mon concessionnaire qui n’a pas été très convaincu.
C’est inadmissible !!!