Les tensions commerciales entre l’Europe et la Chine continuent de s’accentuer. Après que Bruxelles a renforcé ses règles environnementales et ses incitations favorisant les véhicules produits sur le Vieux Continent, Pékin riposte en instaurant une nouvelle mesure fiscale. Celle-ci vise principalement les constructeurs de voitures premium et de luxe étrangers. Depuis juillet, le seuil d’application de la surtaxe sur les modèles haut de gamme a été revu à la baisse, ce qui complique le marché des importations. Le point avec Caroom !
La Chine impose une taxe basée sur un seuil drastiquement abaissé
Auparavant, la surtaxe chinoise de 10 % sur les voitures de luxe s’appliquait uniquement sur les modèles vendus sur le marché chinois à plus de 1,3 million de yuans, soit 155 000 euros environ. Cette fiscalité ne touchait que les modèles très exclusifs, tels que les Maybach et certains supercars.
Cependant, depuis juillet 2025, le gouvernement a amené ce seuil à 900 000 yuans, c’est-à-dire à un peu plus de 105 000 €. Concrètement, cela signifie qu’un grand SUV électrique comme le Mercedes EQE ou certains modèles Porsche, font désormais partie des véhicules soumis à la surtaxe.
Et sur des voitures affichées à un prix supérieur à 100 000 €, 10 % de plus représentent un surcoût non négligeable, qui se répercuterait sur la clientèle. Si la Chine évoque une évolution dans son système fiscal, cette nouvelle norme constitue plutôt une réponse face aux restrictions européennes adoptées sur les marques chinoises.
Les voitures chinoises largement épargnées
Même si elle est présentée comme universelle, cette taxe semble épargner les modèles chinois. En effet, la quasi-totalité des constructeurs locaux, incluant ceux qui proposent des modèles haut de gamme, commercialisent leurs véhicules bien en dessous de la barre des 900 000 yuans. Même certains modèles premium, tels que la Huawei Maextro S800, débutent à un prix autour de 708 000 yuans, évitent ainsi la surtaxe.
Parmi les seules voitures luxueuses chinoises concernées par la surtaxe figurent celles de la marque Hongqi. Mais en général, cette fiscalité ne touche pas les productions locales, et frappe en particulier les modèles européens et japonais.
Les conséquences se font déjà ressentir, puisque dès juillet, le marché des importations a connu une baisse de 18 %, tandis que depuis le début de l’année, la diminution est estimée à 15 %, ramenant le nombre de véhicules importés à seulement 323 000 exemplaires. Pour des marques comme Mercedes affichant une chute de 22 % et BMW qui voit sa part réduite à 34 %, les répercussions sont lourdes.
Une production en Chine inévitable pour les constructeurs européens ?
Au vu de la situation, le choix de délocaliser leur production sur le territoire chinois pourrait représenter la solution ultime pour les constructeurs européens, afin de rester compétitifs. D’ailleurs, certains d’entre eux semblent déjà avoir pris certaines dispositions à ce sujet.
BMW envisage, par exemple, d’assembler son futur iX3, basé sur la plateforme Neue Klasse, directement en Chine. Cette décision lui permettrait de contourner les surcoûts liés aux importations. Le groupe Volkswagen a aussi pris les devants, en lançant une marque spécifique baptisée AUDI, exclusivement dédiée au marché local.
Néanmoins, de tels changements ne sont pas sans risque. Les automobilistes chinois, qui ont droit à des prix abordables sur les modèles locaux, pourraient-ils s’intéresser aux marques internationales ? Rien n’est sûr…
0 commentaires sur cet article
Commentez cet article