Alors que Volvo comptait basculer vers une gamme 100 % électrique d’ici 2030, la marque opère un revirement stratégique, qui vient modifier sa feuille de route. Le constructeur suédois, qui devait mettre un terme aux moteurs thermiques dans la décennie, revoit sa position, compte tenu des réalités du marché. En effet, la demande pour les véhicules 100 % électriques n’est pas à la hauteur des attentes, en particulier dans les segments premium. Ainsi, il se prépare à lancer une troisième génération du Volvo XC90, SUV emblématique de la marque, sous la forme d’un modèle hybride rechargeable.
Un revirement stratégique imposé par les réalités du marché
Initialement, le Volvo XC90 devait céder la place au nouveau EX90, la version 100 % électrique. Mais avec des ventes en berne et un contexte économique plutôt tendu, notamment aux États-Unis, Volvo a dû réévaluer ses objectifs. Håkan Samuelsson, nouveau PDG de la marque, l’a confirmé pendant une conférence sur les résultats financiers. Selon lui, un nouveau XC90 est nécessaire pour pallier la faible demande en modèles électriques.
De plus, la vente du XC90 s’annonce rentable, malgré son ancienneté. Restylé pour la seconde fois en 2024, le modèle est toujours aussi apprécié, comme le prouvent les 108 000 exemplaires écoulés en 2024 et les 53 000 unités et plus déjà livrés sur le premier semestre 2025. Au vu de cette stabilité commerciale, Volvo ne pouvait pas clore le chapitre XC90, sans envisager une alternative transitoire entre thermique et électrique.
Une troisième génération du Volvo XC90 exclusivement hybride rechargeable
La troisième génération du Volvo XC90, attendue aux alentours de 2027, ne sera donc pas électrique, comme cela a été initialement prévu. À la place, le constructeur proposera uniquement des motorisations hybrides rechargeables. Grâce à cette technologie, Volvo pourra s’aligner sur les réglementations européennes concernant les émissions de CO2, tout en répondant à une demande encore élevée, pour des véhicules avec une autonomie convenable et la possibilité de recharger à domicile.
Ce futur XC90 se basera probablement sur la plateforme modulaire SMA (Scalable Modular Architecture), mise au point par Geely, société mère du constructeur suédois. Cette base technique est déjà présente sur des modèles récents, comme le XC70 en Chine ou le Lynk & Co 08, ce qui présage une modernisation profonde du châssis et des technologies embarquées.
En matière de motorisation, Volvo devrait se tourner vers un groupe motopropulseur hybride qui associe un moteur essence 1,5 litre à un bloc électrique de 208 ch, avec des niveaux de puissance revus à la hausse, en fonction des versions. Ce choix permet de garantir d’excellentes performances, en phase avec les attentes du segment premium.
Une autonomie électrique record pour un SUV hybride rechargeable
Cette future génération se démarquera surtout par une autonomie 100 % électrique inédite dans la catégorie. Si l’actuel XC90 T8 bénéficie d’une autonomie de près 71 km en mode électrique grâce à une batterie de 18,8 kWh, son successeur devrait se montrer plus performant. Le modèle pourrait accueillir deux niveaux de batteries, choix que le constructeur avait déjà fait en Chine avec le XC70.
Ainsi, Volvo présenterait une première version avec une batterie LFP de 21,2 kWh, amplement suffisante pour atteindre une autonomie d’environ 100 km en mode électrique. Mais la version la plus puissante jouirait d’une batterie NMC de près de 40 kWh, soit plus du double de la capacité actuelle. Cette configuration permettrait au futur XC90 de se rapprocher, voire de dépasser les 180 à 200 km d’autonomie en mode électrique, un record jamais rencontré pour un véhicule hybride rechargeable.
Face à des concurrents comme le Mercedes GLE 350e ou le Range Rover PHEV, le XC90 nouvelle génération pourrait rivaliser en termes de performances, et même imposer un nouveau standard. Quoi qu’il en soit, avec de telles ambitions, Volvo pourrait faire du XC90 un véritable best-seller, capable de satisfaire les exigences réglementaires de plus en plus strictes sur les émissions de CO2, mais également de séduire les clients urbains désireux de rouler au quotidien en mode électrique.
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