Après un succès fulgurant en Chine, Xiaomi Auto prépare son entrée sur le marché européen. Avec sa berline électrique SU7, qui a rencontré une demande encourageante dès son lancement en mars 2024, la marque ambitionne de bousculer les constructeurs avec comme maitres mots de sa stratégie : design affûté, performances impressionnantes et prix compétitif. Mais son arrivée en Europe, prévue pour 2027, s’accompagne de nombreux défis.
Un triomphe instantané en Chine
Jusqu’ici spécialisée dans l’électronique grand public, Xiaomi a surpris en se lançant dans l’automobile avec la SU7, une berline 100 % électrique qui a conquis le marché chinois en un temps record. Dotée d’un design attractif et de caractéristiques techniques avancées, elle s’est écoulée en un clin d’œil, provoquant une rupture de stock pour l’ensemble de l’année 2024.
Le modèle d’entrée de gamme propose une autonomie de 700 km (cycle CLTC) avec une batterie BYD de 73,6 kWh, tandis que la version haut de gamme atteint 800 km grâce à une batterie CATL de 101 kWh. Les amateurs de performances ne sont pas en reste avec une version propulsée par deux moteurs cumulant 673 chevaux et un couple de 838 Nm. Xiaomi, bien que nouveau dans le secteur automobile, a démontré sa capacité à produire des véhicules capables de rivaliser avec les références du marché.

Objectif 2027 : un pari risqué mais ambitieux
Forte de cet exploit en Chine, la marque ne cache plus ses ambitions internationales. William Lu, président de Xiaomi Auto, a confirmé lors du Mobile World Congress 2025 à Barcelone que l’Europe serait la prochaine étape. L’entreprise prévoit d’y commercialiser ses véhicules d’ici 2027, avec une stratégie pensée pour s’adapter aux spécificités du marché européen.
Pour séduire les acheteurs, Xiaomi mise sur une offensive en trois axes : des modèles ultra-performants comme la SU7 Ultra développant plus de 1 500 chevaux, une tarification agressive en lien avec celle pratiquée sur le marché chinois (avec un prix d’entrée autour de 27 500 euros) et une intégration poussée des dernières technologies embarquées, domaine dans lequel la marque excelle en raison de son expérience sur le domaine des smartphones, laptop ou encore télévisions.
Mais réussir en Europe nécessitera bien plus qu’une offre attractive. L’homologation des véhicules selon les normes européennes, la mise en place d’un réseau de distribution efficace et un service après-vente à la hauteur seront des défis difficiles à relever. En Chine, l’engouement a suffi à propulser les ventes, mais en Europe, la confiance des consommateurs et la disponibilité des infrastructures joueront un rôle clé dans le succès de Xiaomi Auto.
Si la marque parvient à surmonter ces obstacles, elle pourrait bien bouleverser l’équilibre des forces dans l’industrie automobile, et notamment inquiéter Tesla qui est en perte de vitesse en raison d’un boycott provoqué par les positions politiques de son dirigeant : Elon Musk. Reste à savoir si son approche agressive séduira les automobilistes européens aussi rapidement qu’elle l’a fait en Chine.
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