C’est une décision qui rebat les cartes de la stratégie électrique de Nissan en Europe. Selon des informations rapportées par Reuters le 23 juin 2026, le constructeur japonais aurait arrêté le développement d’une version 100 % électrique du Qashqai, son SUV le plus vendu sur le continent. En pleine restructuration mondiale, la marque privilégie désormais une approche mêlant hybride et électrique.
Le projet de Qashqai électrique stoppé en pleine restructuration
L’annonce provient de six sources citées par l’agence Reuters. Le développement de la déclinaison zéro émission du Qashqai aurait été interrompu dès le début de l’année 2025. Le SUV compact est assemblé à Sunderland, le plus grand site automobile du Royaume-Uni. Cette version électrique avait pourtant été présentée en 2023 dans le cadre d’un plan d’investissement destiné à moderniser l’usine britannique et à soutenir le virage électrique de la marque.
Nissan n’a pas officiellement confirmé cette interruption. Dans un communiqué, le constructeur défend une stratégie d’électrification qu’il qualifie « d’équilibrée », associant modèles hybrides et électriques. Il met également en avant la « forte volatilité » qui caractérise actuellement la demande pour le tout électrique en Europe. Cette décision s’inscrit dans un plan d’économies plus large, qui prévoit une réduction de la gamme mondiale, la fermeture de plusieurs usines et la suppression de milliers d’emplois.
Un modèle central pour la marque en Europe
Le poids du Qashqai dans les ventes de Nissan donne toute sa dimension à cette nouvelle. En 2025, selon les données d’immatriculation rapportées par l’agence Reuters, le SUV a concentré environ 45 % des 330 000 véhicules vendus par la marque en Europe, soit près d’un véhicule vendu sur deux. Depuis plus de quinze ans, ce modèle constitue le pilier commercial du constructeur sur le Vieux Continent. Une version électrique apparaissait comme une suite logique, alors que la majorité des marques proposent déjà un SUV à batterie sur ce segment.
En Europe, le Qashqai repose déjà en grande partie sur la technologie e-Power. Dans ce système hybride particulier, le moteur essence ne sert pas à faire tourner les roues : il fonctionne comme un générateur qui alimente un moteur électrique, seul chargé de la propulsion. Lors du lancement de la version restylée en 2024, cette motorisation représentait environ 90 % des commandes. Le SUV s’écarte donc déjà du schéma hybride classique adopté par ses rivaux.
Un calendrier incertain et une avance perdue
Le constructeur n’a communiqué aucun calendrier de relance. Selon Reuters, même si le projet venait à être réactivé, le Qashqai électrique ne pourrait sans doute pas arriver sur le marché avant le début des années 2030. Un modèle conçu en 2026 risquerait alors d’être dépassé sur le plan technique et technologique, face à des marques chinoises qui multiplient les lancements sur le segment des SUV.
Le site de Sunderland, qui emploie 6 000 personnes, se trouve au cœur de ces arbitrages. Sa production est passée d’environ 507 000 véhicules en 2016 à environ 273 000 en 2025. L’usine fabrique la nouvelle génération de la Leaf et se prépare à accueillir le futur Juke électrique, dont le lancement est prévu pour le printemps 2027. Pionnier de la voiture électrique grand public avec le lancement de la Leaf en 2010, Nissan se retrouve aujourd’hui sans déclinaison électrique de son modèle phare, tandis que Tesla, les groupes européens et les constructeurs chinois ont pris l’avantage.
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