Pour homologuer et commercialiser leurs véhicules, les constructeurs automobiles sont obligés de réaliser des crash-tests pour s’assurer qu’ils soient sûrs. S’ils sont systématiquement effectués avec un mannequin masculin, une ingénieure suédoise a conçu un mannequin féminin pour la première fois. Ce dispositif innovant vise à améliorer la sécurité des femmes en voiture. Explications !
Les femmes plus exposées aux blessures lors des accidents de la route
Selon une étude publiée en 2019 par l’Université de Virginie, « les passagères portant la ceinture de sécurité ont 73 % plus de risques d’être gravement blessées dans des collisions frontales que les hommes ceinturés ».
En cas d’accident routier, les femmes sont aussi deux fois plus susceptibles de souffrir d’entorses cervicales.
Comment expliquer de tels résultats ?
Tommy Petterson, ingénieur à l’Institut suédois de recherche sur la sécurité des transports (VTI), explique que « les muscles du cou sont généralement plus faibles chez une femme. Si on compare avec un mannequin masculin, on voit ici que le cou est plus flexible, il y a plus de mouvements ».
De même, les crash-tests ne sont réalisés qu’avec des mannequins hommes mesurant 1,77 m et pesant 77 kg. La morphologie moyenne des femmes n’est donc pas prise en compte pour tester la sécurité d’un véhicule face aux chocs et accidents et l’adapter en conséquence.
Toutefois, une ingénieure suédoise a décidé de créer le premier mannequin féminin de crash-test pour davantage protéger les femmes !
Vers des crash-tests plus inclusifs grâce à SET 50F
Astrid Linder, ingénieure au VTI est à la tête de ce projet innovant baptisé SET 50F. Le premier mannequin féminin de crash-test au monde a été conçu sur le modèle d’une « femme type ».
Il mesure 1,62 m pour 62 kg, soit 15 cm et 15 kg de moins que le modèle masculin traditionnellement utilisé. De plus, ses épaules sont plus étroites, ses hanches sont plus larges et le centre de gravité est plus bas.
Ces caractéristiques sont essentielles pour évaluer les risques auxquels sont exposés les femmes en voiture en cas de choc ou d’accident. Ils permettront de concevoir des sièges auto davantage adaptés aux morphologies des femmes et ainsi d’améliorer leur sécurité à bord.
Pour l’heure, seul le constructeur Volvo aurait utilisé ce nouveau mannequin féminin de crash-test pour ses véhicules, mais l’organisme indépendant Euro NCAP devrait aussi en utiliser un d’ici à quelques années.
Astrid Linder a été récompensée par un prix qui distingue les femmes qui font avancer le secteur automobile, mais ce dernier ne suit pas encore. « Selon la norme minimale requise pour la vente d’une voiture, il est stipulé qu’il faut utiliser le modèle d’un homme moyen pour tous les tests, point final », explique-t-elle. Toutefois, elle souhaite continuer à développer ses mannequins SET 50F pour les faire connaître et démocratiser leur utilisation lors des crash-tests.
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