Les automobilistes européens tentés par un Rivian devront patienter. Le R2, SUV compact électrique taillé pour affronter le Tesla Model Y, doit ouvrir la voie de l’Europe au constructeur américain, mais son lancement y est retardé.
Le premier Rivian vendu hors d’Amérique du Nord
Fondé en 2009 et aujourd’hui installé en Californie, Rivian s’est fait connaître outre-Atlantique avec le R1T, premier pick-up électrique au monde, puis avec le grand SUV R1S. Ces deux modèles ne quittent pas le continent nord-américain. Le R2, dévoilé en 2024, changera la donne puisqu’il sera le premier véhicule de la marque commercialisé au-delà des États-Unis et du Canada.
Ce SUV compact vise directement le Tesla Model Y, référence du segment. Aux États-Unis, il démarre à 45 000 dollars, soit environ 42 000 euros hors taxes, un positionnement qui laisse deviner un tarif européen dans la même zone une fois la fiscalité appliquée.
RJ Scaringe, fondateur et patron du constructeur, affirme auprès d’Auto Express que le modèle a été conçu dès l’origine en tenant compte des attentes des automobilistes européens, avec un gabarit nettement plus mesuré que celui des R1T et R1S.
Un calendrier européen qui recule
L’incertitude porte sur la date. Aucune échéance n’a été communiquée pour la France, et pour l’Europe le dirigeant se contente désormais d’évoquer une arrivée avant la fin de la décennie. La formulation marque un net recul, puisqu’un lancement en 2027 avait circulé avant d’être repoussé il y a quelques mois. Les acheteurs intéressés devront donc patienter sensiblement plus longtemps que ne le laissaient espérer les premières annonces.
La cause est à chercher du côté des chaînes de production. Rivian ne dispose pas encore du volume nécessaire pour alimenter un second continent, et le déblocage viendra d’un site géorgien dont l’ouverture est espérée pour 2028, dimensionné au départ pour 300 000 unités annuelles.
D’autres modèles pourraient rejoindre le R2 en Europe, notamment le crossover R3, sa déclinaison sportive R3X et un modèle encore plus abordable évoqué sous le nom de R4. Toutefois, cette expansion dépendra avant tout du succès du R2 sur le Vieux Continent.
L’appui de Volkswagen et le contre-pied de Tesla
Le constructeur n’aborde pas cette expansion seul. Volkswagen a mis la main à la poche en s’associant à lui au sein d’une structure commune, Rivian and Volkswagen Group Technologies, dont l’enveloppe peut grimper jusqu’à 5,8 milliards de dollars. L’Américain, toujours dans le rouge, y gagne l’oxygène financier nécessaire à son développement international. L’Allemand, lui, récupère ce qui l’intéresse chez son partenaire, à savoir son architecture électronique et ses logiciels.
Reste à exister face à Tesla sans en devenir une copie. Les similitudes sont pourtant nombreuses entre les deux Américains, du refus d’Apple CarPlay à la stratégie consistant à débuter par le haut de gamme avant de descendre en tarif.
RJ Scaringe insiste sur les différences de marque et de méthode, et surtout sur un point de rupture assumé. Là où les prises de position d’Elon Musk ont pesé sur les ventes de Tesla dans le monde, le patron de Rivian revendique une position apolitique, estimant qu’il faut pouvoir vendre à tout le monde.
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