Plusieurs grands titres français ont annoncé mi-août l’arrêt programmé de la Porsche Taycan en la présentant comme le seul modèle électrique de la marque. La formule est fausse et provient d’une dépêche que l’AFP a depuis rectifiée.
Un recul des immatriculations de deux tiers depuis 2023
Présentée en 2019 et commercialisée à partir de 2020, la Taycan a inauguré l’offre électrique de Porsche avec succès, plus de 40 000 unités trouvant preneur dans le monde en 2023. La courbe s’est ensuite inversée sans discontinuer.
Le restylage de mi-carrière a pourtant élargi les autonomies et augmenté la puissance de charge. Insuffisant pour enrayer la chute, avec 16 000 exemplaires écoulés en 2025, puis 6 219 sur le premier semestre 2026, un repli de 25,1 % sur un an.
Deux dynamiques se conjuguent. Le Macan électrique, arrivé en 2024, offre une porte de sortie à des acheteurs qui n’avaient auparavant aucune alternative dans la gamme. Et le SUV pèse désormais plus d’une immatriculation sur deux, tous segments confondus, un contexte défavorable à une berline.
Trois électriques au catalogue de la marque allemande
C’est précisément ce point que la reprise médiatique a manqué. Outre la Taycan, Porsche vend aujourd’hui le Macan depuis 2024 et le Cayenne électrique depuis le début de l’année 2026.
Parler d’un unique modèle à batterie transformait mécaniquement une décision de gamme en renoncement stratégique. Libération et Le Figaro, aux lignes éditoriales pourtant opposées, ont tous deux repris cette lecture.
L’erreur remonte à une dépêche AFP du 13 août, sollicitant Porsche sans obtenir de réponse avant publication. L’agence a depuis corrigé son texte, mais les tous articles en découlant n’ont pas fait de même.
Un retrait progressif envisagé d’ici 2030, sans engagement écrit
L’information d’origine, publiée par l’hebdomadaire économique WirtschaftsWoche, décrit quelque chose de plus mesuré. Le comité d’entreprise aurait donné un accord de principe à une sortie progressive du catalogue à l’horizon 2030, sans que rien ait été formalisé par écrit.
Michael Leiters, patron de la marque, avait par ailleurs écarté toute échéance rapprochée dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung, invoquant les investissements engagés et la nécessité d’observer la demande avant de trancher.
Deux facteurs peuvent encore peser. Une fonction E-shift, attendue l’an prochain, reproduira les sensations d’une transmission manuelle pour séduire les amateurs de sportives réticents à la batterie. Et le marché européen progresse, l’électrique ayant dépassé 20 % des ventes au premier semestre, avec des hausses de 48 % en Allemagne et de 62,9 % en France, quand les États-Unis reculent.
Ce qui se joue reste donc l’avenir d’un modèle, pas celui d’une technologie chez Porsche.
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