Les constructeurs américains tels que Ford ne nécessitent plus de présentation. Henry Ford est un pionnier de l’industrie qui a démocratisé l’utilisation de l’automobile. Dans son génie, Ford a toutefois connu des revers retentissants, certains étant devenus des cas d’école. Connaissez-vous l’incroyable épopée de l’Edsel ? Voici les pires échecs de la marque, de 1950 à nos jours.
Ford Edsel
La Ford Edsel, fruit de l’ambition de Ford de révolutionner l’industrie automobile dans les années 1950, est un cas d’école pour les étudiants en marketing. Cette voiture, avant-gardiste pour son époque, a marqué l’histoire par son échec, lequel a coûté 250 millions de dollars à Ford. Sa commercialisation s’est déroulée dans un contexte économique difficile, juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que l’économie américaine recommençait à peine à se redresser.
Censée rivaliser avec les modèles phares de General Motors, la Ford Edsel était ambitieuse, proposant dix-huit modèles différents avec des finitions variées. Son objectif était de séduire les classes moyennes en tant que première incarnation de la voiture du futur, avec des gadgets innovants. Cependant, des choix de conception discutables, tels que la calandre verticale qui a suscité beaucoup de critiques, ainsi que la palette de vitesse au volant, ont terni son image dès le départ. Côté moteur, Ford n’a pas lésiné sur les moyens en dotant l’Edsel de moteur V8 développant 350 ch.
À vouloir en faire trop, Ford s’est sabordé tout seul ! En effet, une fois sortie des chaînes de production, l’Edsel coûtait entre 2 500 et 3 800 dollars, ce qui était élevé pour l’époque. Les estimations de vente de 100 000 à 200 000 exemplaires de Ford se sont traduites par une vente moyenne de 53 000 véhicules par an entre 1958 et 1959.

Ford Ecosport
Le Ford EcoSport a fait ses débuts sur le sol européen pour la première fois en 2013. Comme à son habitude, Ford a introduit sur le marché européen le même modèle qui connaissait déjà du succès dans un autre pays, en l’occurrence le Brésil. Entre avril et novembre 2014, seulement 11 257 exemplaires ont été vendus, bien en deçà des performances de son concurrent direct, le Renault Captur, qui a trouvé 149 701 acquéreurs pendant la même période.
En 2017, Ford décide de restyler l’Ecosport pour mieux l’adapter au marché européen. Les ajustements comprennent des modifications de design à l’avant et à l’arrière du véhicule, ainsi que la suppression de la roue de secours attachée au hayon, une caractéristique critiquée. Ce petit SUV était équipé de l’un de meilleurs moteurs 3 cylindres essence (100 ch, 125 ch et 140 ch). Comme dans la première mouture, le Ford Ecosport proposait une version diesel : 1.5 TDCi de 100 et 125 ch.
Toutefois, le restylage a fait chou blanc, notamment à cause d’un prix de vente supérieur à celui de ses concurrents, débutant à 18 990 euros. À côté des délais de livraison prolongés, l’ouverture horizontale du coffre arrière pose problème. En effet, la majorité des constructeurs sont passés à une ouverture verticale depuis longtemps, jugée plus pratique.

Ford Edge
Pour compléter sa gamme de SUV en Europe, comprenant déjà le Kuga et l’Ecosport, Ford a décidé de lancer l’Edge en 2016. Malgré le succès de l’Edge aux États-Unis (depuis 2007), le géant américain a attendu la deuxième génération, sortie en 2014 aux États-Unis, pour enfin se décider à le commercialiser en Europe. Cela pourrait-il refléter un manque de confiance de la part de Ford quant au potentiel réel de l’Edge sur le marché européen ?
Pourtant, le Ford Edge avait des atouts face à des rivaux comme le Volkswagen Touareg ou l’Audi Q5. Tout d’abord, il était proposé à un prix compétitif, pour son segment, à partir de 51 000 euros. Avec son allure sportive, ce SUV offrait un large habitacle avec une finition épurée et un coffre généreux de 507 l. En vrai 4×4, il a une traction intégrale et se décline en deux versions : un moteur diesel de 210 ch avec un couple moteur de 450 Nm et un autre, toujours en diesel, de 180 ch. La puissance du couple à l’américaine a malheureusement fait augmenter la consommation en carburant. Et puis, avec une moyenne de 150 g/ km de CO2, rien ne va plus ! Par ailleurs, le SUV du segment C + ne propose que 5 places alors que ses concurrents, plus courts, en proposent 7. Il n’est donc pas étonnant que les ventes du Ford Edge aient diminué depuis 2017. En 2018, seulement 573 exemplaires ont été vendus. Toutefois, l’Edge a trouvé son successeur : l’Explorer.

Il va de soi que les demandes aux États-Unis ne concordent pas avec celles en Europe. Connaissez-vous d’autres exemples de tels échecs ? Quels reproches pourriez-vous adresser à ces modèles ?
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