Vous cherchez un 4×4 et le vendeur vous montre des SUV. C’est le problème de cette catégorie : entre une voiture capable de franchir un croisement de ponts en gamme courte et une intégrale qui rassure sur une route enneigée, il y a un gouffre mécanique que presque personne ne prend le temps de vous expliquer. Nous avons donc appliqué un seul critère, binaire et vérifiable à la source constructeur, pour trier ces quinze modèles en deux familles distinctes. Vous saurez lequel prendre pour votre usage, ce que vous payez réellement en garde au sol et en capacité de franchissement, puis pourquoi le vrai 4×4 neuf a presque disparu des concessions françaises. Le 4×4 est sans doute le type de carrosserie sur lequel l’écart entre l’image et la mécanique est le plus large.
Vrai 4×4 ou simple transmission intégrale ? La différence que personne ne vous explique
4×4, 4RM, 4WD, AWD, quatre quatre, 4 x 4 : toutes ces graphies désignent la même chose sur le papier, une voiture dont les quatre roues reçoivent du couple. Dans la vraie vie, elles recouvrent aujourd’hui deux technologies qui n’ont plus rien en commun.
Ce second levier fait toute la différence : il enclenche la gamme courte, absente des SUV à transmission intégrale.
Le seul critère qui sépare vraiment, c’est la gamme courte. Un vrai franchisseur possède une boîte de transfert à deux rapports : vous enclenchez la gamme basse, la démultiplication passe par exemple à 4 pour 1 sur un Jeep Wrangler Rubicon, le moteur reprend de la force à très basse vitesse et la voiture escalade au pas ce qu’elle ne pourrait pas grimper en gamme longue. Sans cette boîte de transfert, vous avez une transmission intégrale. Utile, souvent suffisante, mais ce n’est pas la même voiture.
Trois éléments viennent en appui, jamais en remplacement du critère principal :
Le blocage de différentiel : il force les roues d’un même essieu à tourner à la même vitesse. Quand une roue se lève et patine dans le vide, l’autre continue d’entraîner. Le Mercedes Classe G en a trois, verrouillables à 100%, l’avant, le central et l’arrière. C’est le maximum du marché.
La garde au sol et les angles : angle d’attaque à l’avant, angle de fuite à l’arrière, angle ventral au milieu. Un Suzuki Jimny annonce 37° et 49° pour 3,64 m de long. Un gros SUV avec de longs porte-à-faux talonnera bien avant lui.
Le châssis échelle : deux longerons sur lesquels repose la carrosserie, plus résistant à la torsion qu’une coque autoporteuse. Attention, ce n’est plus un critère de tri fiable.
Pourquoi cette dernière réserve ? Parce que le Land Rover Defender actuel a abandonné le châssis échelle au profit d’une monocoque en aluminium tout en conservant sa boîte de transfert. Il franchit toujours, il n’a plus l’architecture historique. Voilà exactement pourquoi nous avons retenu la gamme courte comme critère unique : c’est le seul qui résiste à l’évolution technique.
Le croisement de ponts et la garde au sol comptent davantage que la puissance quand le terrain devient cassant.
Le contre-pied vient du Jimny. Il n’a aucun blocage de différentiel. Il passe quand même là où de gros 4×4 mieux équipés s’arrêtent, grâce à ses 1,1 tonne et à son empattement minuscule. La physique fait parfois mieux que l’électronique.
Le basculement de 2026 : l’intégrale du quotidien est devenue électrique
Voilà l’information que vous ne trouverez nulle part ailleurs. Sur les huit 4×4 du quotidien de ce guide, cinq assurent désormais les quatre roues motrices par un moteur électrique posé sur l’essieu arrière, sans le moindre arbre de transmission. Dacia Duster, Dacia Bigster, Toyota Yaris Cross, Toyota RAV4 et Nissan X-Trail : plus aucune liaison mécanique ne relie l’avant à l’arrière. Le Suzuki Vitara AllGrip est la dernière exception, la seule intégrale mécanique abordable qui reste au catalogue.
Ce n’est pas un progrès technique, c’est une réponse fiscale. L’ancien Duster 4×4 avait un arbre de transmission et une boîte courte : un tel montage consommerait aujourd’hui trop et serait trop taxé pour passer les normes. L’hybridation ne sert pas ici à faire baisser la consommation, elle sert à rendre possibles les quatre roues motrices. J’y reviens en détail plus bas, parce que cette mécanique fiscale explique aussi pourquoi le neuf a disparu du côté des franchisseurs.
Résultat, en 2026 le mot 4×4 recouvre deux familles qui ne partagent plus un seul composant. C’est bien pour cela que nous faisons deux classements et pas un.
💡 Le saviez-vous ?
Près d’un Dacia Duster sur quatre vendu en France était une version à quatre roues motrices. Ce n’est donc pas la demande qui a fait disparaître le 4×4 mécanique du quotidien, c’est le coût fiscal de son architecture. Dacia a préféré réinventer la transmission plutôt que de renoncer au 4×4.
Un 4×4, un SUV, ce n’est pas la même voiture
La confusion vient de la carrosserie. Un SUV a la position de conduite haute, le style baroudeur et parfois la transmission intégrale, mais il est conçu autour d’une plateforme routière. Si vous voulez comparer sur ce terrain, notre classement des meilleurs SUV couvre exactement cette catégorie, sans mélanger les genres comme le font la plupart des tops. Pour l’origine du terme et l’histoire des premiers modèles, que veut dire 4×4 reprend le sujet depuis le début.
Autant vous le dire tout de suite, même si cela n’arrange pas nos affaires : la majorité des gens qui cherchent un 4×4 n’en ont pas besoin. Neige quelques jours par an, chemin de terre sec, remorque légère : un SUV en traction avec quatre bons pneus hiver fait le travail, coûte moins cher à l’achat, moins cher en malus, moins cher à la pompe. Le 4×4 se justifie quand vous devez y aller quoi qu’il arrive, pas quand vous voulez en avoir l’air.
Le bon 4×4 selon votre cas
Un usage, un modèle, pas trois options à départager vous-même. Vous vérifierez ensuite le détail dans sa fiche.
Vous vivez en montagne ou vous montez régulièrement à la neige : Toyota Yaris Cross AWD-i. La transmission intégrale se déclenche seule quand ça glisse, vous consommez moins de 5 l/100 km le reste de l’année, le gabarit de 4,18 m se gare en station. Inutile de payer un franchisseur pour affronter trois cols par hiver.
Vous sortez vraiment du bitume, chemin d’exploitation, terrain de chasse, sentiers défoncés : Toyota Land Cruiser. Gamme courte, blocage arrière, barre stabilisatrice avant déconnectable, châssis échelle. C’est la voiture qui y va et qui revient.
Vous tractez lourd, van à chevaux, remorque de chantier : Land Cruiser encore, avec ses 3,5 t de capacité freinée. En famille B, le Skoda Kodiaq 2.0 TDI 4×4 monte à 2 t pour moitié moins cher. Vérifiez le PTRA sur votre carte grise avant de commander, pas après.
Vous partez à cinq avec les bagages et vous quittez les routes goudronnées : Dacia Bigster Hybrid-G 150 4×4. 667 l de coffre, mode Lock, 21,9 cm de garde au sol. Les valises de cinq personnes plus le matériel de camping y passent sans jouer à Tetris.
Votre budget est serré : Dacia Duster Hybrid-G 150 4×4, dès 26 390 € remisé chez nos mandataires approuvés. Aucun autre 4×4 neuf ne descend à ce niveau. Si vous voulez explorer plus bas encore, notre sélection des 4×4 les moins chers descend jusqu’aux occasions.
Vous roulez pour le travail et vous récupérez la TVA : Ineos Grenadier en version utilitaire, ou le Jimny utilitaire 2 places. L’homologation d’un utilitaire annule le malus et ouvre la récupération de TVA. C’est le seul montage qui rende ces voitures achetables en France.
Vous voulez le look baroudeur sans le besoin réel : Suzuki Vitara AllGrip ou Dacia Duster 4×4. Vous aurez l’allure, une vraie motricité sur chemin mouillé sans payer le prix d’un franchisseur dont vous n’utiliserez jamais la gamme courte. Ne prenez pas un Wrangler pour aller au bureau, vous le regretterez au premier plein.
Et si votre critère numéro un, c’est de ne jamais tomber en panne, notre classement des meilleurs 4×4 les plus fiables prend cet angle et lui seul.
Le 4×4 qu'il vous faut, au prix mandataire
Nos mandataires approuvés négocient jusqu’à 23% de remise sur les versions à quatre roues motrices
Top 7 des vrais 4×4 à gamme courte en 2026
Ces sept modèles ont tous une boîte de transfert avec gamme courte. Ils sont classés selon ce que nous vous recommandons réellement d’acheter aujourd’hui en France, pas selon leur seule capacité brute : un véhicule introuvable ou taxé à 80 000 € descend dans le classement, aussi doué soit-il.
Le franchisseur le plus polyvalent, à condition de ne pas vivre en ville
2
Toyota Land Cruiser
🟡
640 l
4,92 × 1,98 m
39 070 €
Celui qui y va et qui revient, si le malus ne vous arrête pas
3
Mercedes Classe G
🟣 🟡 ⚡
640 l
4,86 × 1,98 m
25 390 €
Le plus capable du marché, devenu fiscalement inachetable en neuf
4
Jeep Wrangler 4xe
🟢
897 l
4,79 × 1,88 m
31 900 €
Le meilleur franchissement à prix atteignable, si vous rechargez tous les jours
5
Ford Bronco
🟣
471 l
4,84 × 1,94 m
24 990 €
Achat de passion assumé, aucune logique rationnelle en France
6
Suzuki Jimny
🟣
377 l
3,64 × 1,65 m
25 900 €
Imbattable en franchissement par euro dépensé, invivable sur autoroute
7
Ineos Grenadier
🟣 🟡
1 152 l
4,86 × 1,93 m
Aucune offre
Le franchisseur le plus pur, réservé aux professionnels via l’homologation utilitaire
Prix dès = première offre d’occasion relevée sur Caroom le 18 août 2026. Aucun de ces sept modèles n’est disponible en neuf chez nos mandataires approuvés. Le Grenadier n’est distribué par aucun d’entre eux.
1. Land Rover Defender : le franchisseur qui roule comme une grande routière
Le Defender actuel troque le châssis échelle contre une caisse monocoque, sans renoncer au tout-terrain.
Le Land Rover Defender reste un vrai franchisseur, il a simplement changé de caractère. La génération L663 lancée en 2020 conserve la boîte de transfert à deux rapports, la transmission intégrale permanente et une garde au sol qui monte jusqu’à 291 mm grâce aux suspensions pneumatiques, avec un passage à gué annoncé à 900 mm. La suspension relève même la caisse automatiquement à l’approche de l’eau. Sur le papier comme sur le terrain, il va où vous voulez.
Le revers, c’est qu’il a abandonné le châssis à échelle séparée pour une monocoque en aluminium et qu’il vise désormais autant le confort de croisière que la boue. Avec 2,11 m rétroviseurs déployés et 1,97 m de haut, il ne passe pas sous les 1,90 m de la plupart des parkings souterrains, même une fois abaissé. Ajoutez une ouverture de coffre latérale qui réclame de l’espace derrière la voiture et vous comprenez que la ville n’est pas son terrain.
La 110 offre cinq portes et un coffre exploitable, là où la 90 privilégie la maniabilité.
Avantages
Boîte de transfert à deux rapports et gamme courte conservées
Garde au sol jusqu’à 291 mm et gué de 900 mm avec la suspension pneumatique
786 l de coffre, jusqu’à 2 233 l dossiers rabattus, seuil de chargement abaissable
Confort de croisière et acoustique très au-dessus de ce que le profil laisse imaginer
Intérieur lavable assumé, rangements nombreux
Inconvénients
Gabarit inadapté à la ville, parkings souterrains inaccessibles
L’hybride rechargeable perd tout intérêt batterie vide : plus de 12 l/100 km contre moins de 4 l en rechargeant chaque jour
Recharge lente relevée en essai, très en deçà des 50 kW annoncés
Roulis, tangage, direction peu informative sur route
Bruits d’air marqués, aggravés par les grandes jantes
Specs : essence P300, diesel D250, hybride rechargeable | coffre 786 à 2 233 l | 4,76 × 2,00 m | garde au sol 291 mm | dès 62 900 € en neuf réseau
Notre verdict : si vous vivez à la campagne, que vous roulez beaucoup et que vous sortez réellement du bitume, le Defender est le meilleur compromis capacité-polyvalence de ce classement. Prenez le diesel, pas l’hybride rechargeable : cette version existe pour la fiscalité, pas pour votre usage réel. Il n’est pas fait pour vous si vous vivez en ville et que vous vous garez en souterrain, le Toyota Land Cruiser ne fera pas mieux sur ce point, un Suzuki Vitara AllGrip oui.
2. Toyota Land Cruiser : celui qui y va et qui revient
Le Land Cruiser conserve châssis échelle et réducteur, une rareté à ce niveau de finition.
Le Toyota Land Cruiser série 250, lancé en 2024, est le franchisseur le plus rassurant du lot. Il aligne tout ce qu’on attend d’un vrai 4×4 : châssis échelle, transmission intégrale permanente, gamme courte à commande électrique, blocage du différentiel arrière, Multi-Terrain Select, Crawl Control, plus une barre stabilisatrice avant déconnectable qui libère du débattement en croisement de ponts. Les commandes de franchissement restent des boutons physiques, ce qui se salue à l’heure où tout passe au tactile. La nouvelle boîte automatique à 8 rapports porte la capacité de remorquage à 3,5 t, contre 3 t auparavant.
Le prix à payer est sonore. Le 2.8 diesel de 204 ch est rugueux, bruyant à l’accélération. Le reproche revient dans tous les essais. La troisième rangée relève du dépannage, avec une assise trop basse et une garde au toit comptée. Le diamètre de braquage grimpe à 12,8 m, ce qui se sent en manœuvre. Et en France, le malus le place hors d’atteinte pour la plupart des particuliers en neuf.
Avantages
Gamme courte, blocage arrière et barre stabilisatrice déconnectable : le franchissement au niveau du Defender
Réputation de fiabilité que personne d’autre n’égale sur ce segment
3,5 t de remorquage freiné
Commandes de franchissement physiques, pas noyées dans un écran
Confort en net progrès, structure plus rigide, roue de secours sous plancher
Inconvénients
Moteur diesel bruyant et peu raffiné
Troisième rangée inconfortable, manipulation des sièges frustrante
Diamètre de braquage de 12,8 m
Pneus d’origine inadaptés au vrai franchissement
Malus dissuasif en France, aucune offre neuve chez nos mandataires
Specs : 2.8 D-4D 204 ch 48V, BVA 8 | coffre 640 l | 4,92 × 1,98 m | garde au sol 21,5 cm, attaque 31°, gué 700 mm | 89 000 à 91 000 € en neuf réseau
Notre verdict : c’est le choix de celui qui doit vraiment y aller, revenir, puis recommencer la semaine suivante. Sur un chemin d’exploitation ou un terrain de chasse, avec une remorque derrière, rien de ce classement ne fait mieux pour ce budget. Il n’est pas fait pour vous si vous cherchez une septième place utilisable au quotidien : le Skoda Kodiaq en offre de vraies pour bien moins cher. Face au Defender, il gagne sur la fiabilité perçue, il perd sur le confort et l’insonorisation.
3. Mercedes Classe G : le plus capable du marché, devenu inachetable en neuf
Sous ses habits de luxe, le Classe G reste un outil de franchissement à blocages de différentiels.
Personne ne conteste les capacités du Mercedes Classe G. Châssis échelle conservé sur toutes les versions, y compris l’électrique, boîte de transfert basse, trois blocages de différentiel verrouillables à 100% à l’avant, au centre et à l’arrière. Aucun concurrent premium ne s’approche de ce niveau. Sur le G580 EQ électrique, les quatre moteurs indépendants remplacent purement les différentiels, avec une motricité que les essayeurs décrivent comme exceptionnelle.
Puis vient la note. Le G450d diesel de 367 ch est affiché à 161 951 €, auquel un particulier ajoute 80 000 € de malus au titre de ses 235 g de CO2. Soit 241 951 € clés en main. L’électrique échappe au malus mais pèse 3 085 kg, consomme jusqu’à 45 kWh/100 km à vive allure pour une autonomie réelle de 250 à 350 km. Il ne peut rien tracter du tout. C’est le défaut structurel qui revient dans tous les essais.
Avantages
Trois blocages de différentiel à 100% et boîte de transfert basse : la référence absolue
Châssis échelle sur toute la gamme, électrique compris
Qualité de finition et présentation intérieure sans équivalent
Le G500 six cylindres est le plus homogène de la gamme thermique
1 350 offres d’occasion disponibles, le vivier le plus large du classement
Inconvénients
80 000 € de malus sur toutes les versions thermiques en 2026
Le G580 EQ électrique ne peut pas tracter et son coffre descend à 620 l
Consommation électrique très lourde, 35 kWh/100 km en usage mixte relevés
Notre verdict : le Classe G thermique reste le franchisseur le plus capable et le plus désirable du marché, il est devenu fiscalement absurde en neuf pour un particulier. Si vous y tenez vraiment et que vous achetez neuf, la seule voie rationnelle est le G580 EQ, qui échappe au malus et revient donc moins cher qu’une G500 essence, à condition d’accepter 300 km d’autonomie réelle et l’impossibilité de tracter. Sinon, l’occasion récente est la vraie réponse. Il n’est pas fait pour vous si vous devez tracter un van : le Land Cruiser ou le Grenadier tractent 3,5 t sans broncher.
4. Jeep Wrangler 4xe : le franchissement pur à prix atteignable
Photo prise lors de notre essai. La série Willys reprend les codes militaires d’origine, elle n’est pas au catalogue français où le Wrangler se limite aux finitions Sahara et Rubicon.
Le Jeep Wrangler reste la référence de franchissement de ce classement en rapport capacité-prix. Le Rock-Trac de la finition Rubicon offre une démultiplication de 4 pour 1 en gamme basse, un essieu arrière flottant, des blocages avant et arrière. En Europe, une seule motorisation subsiste : le 4xe hybride rechargeable de 380 ch et 637 Nm. Ce n’est pas un hasard, ses 96 g de CO2 homologués lui évitent le malus qui écraserait le V6 ou le 2.0 turbo seuls.
Le Wrangler que nous avons essayé. La version 4xe allège la facture à l’immatriculation sans amputer les capacités de franchissement.
Soyez lucide sur cette hybridation. L’autonomie électrique annoncée jusqu’à 52 km tombe à une vingtaine de kilomètres en hiver. Batterie vide, la consommation rejoint celle d’un thermique classique, autour de 11,6 l/100 km. Nous l’avons constaté à l’essai comme les propriétaires le signalent : la tenue de cap devient instable au-delà de 110 km/h et la sensibilité au vent latéral est marquée. Un rappel pour risque d’incendie de la batterie haute tension a visé les Wrangler 4xe des millésimes 2020 à 2025 en Amérique du Nord, avec consigne provisoire de ne pas les recharger ni les stationner près d’un bâtiment. Le correctif passe par une mise à jour logicielle, voire un remplacement de batterie. Si vous visez une occasion importée, demandez au vendeur si la campagne a été réalisée.
Avantages
Rock-Trac avec démultiplication 4:1, blocages avant et arrière sur Rubicon
380 ch et 637 Nm, boîte automatique 8 rapports
96 g de CO2 homologués, donc malus contenu là où les concurrents explosent
Contrôle manuel de la gestion de l’autonomie électrique, rare sur un hybride rechargeable
897 l de coffre, jusqu’à 2 038 l, toit et portes démontables
Inconvénients
Autonomie électrique réelle très en deçà de l’annonce, une vingtaine de kilomètres en hiver
Consommation d’un thermique classique une fois la batterie vide
Tenue de cap instable au-delà de 110 km/h, sensibilité au vent
Rouille précoce signalée après un hiver salé
Bruit du quatre cylindres turbo jugé désagréable
Specs : 4xe hybride rechargeable 380 ch, BVA 8 | coffre 897 à 2 038 l | 4,79 × 1,88 m | Sahara et Rubicon | recharge 2 à 3 h sur borne domestique
Le Wrangler, c’est mon coup de cœur, je le trouve sublime et je ne vais pas faire semblant du contraire. Mais je vous dois la vérité de terrain : si vous ne rechargez pas tous les soirs, le 4xe n’a plus aucun intérêt et vous roulez avec le poids de la batterie pour rien. Achetez-le parce que vous en avez envie, avec une prise à côté de la place de parking. Pas parce qu’un vendeur vous aura vendu l’argument écologique.
Jonathan LUCK
caroom
Notre verdict : c’est le franchisseur qu’on achète avec le cœur et qui tient quand même ses promesses en terrain. Prenez le Rubicon si vous franchissez réellement, le Sahara suffit pour le reste. Il n’est pas fait pour vous si vous avalez 30 000 km d’autoroute par an : à ce rythme, la tenue de cap et la consommation vous useront, un Land Rover Defender diesel sera bien plus tenable.
5. Ford Bronco : le plus authentique, le moins raisonnable
Photo prise lors de notre essai. Le Bronco assume le look baroudeur jusqu’au bout, il reste pourtant confidentiel en France.
Le Ford Bronco relancé en 2021 n’a jamais été distribué officiellement en Europe. Il arrive chez nous par les importateurs et les mandataires spécialisés, en 2.7 V6 EcoBoost de 335 ch, dans deux finitions : Outer Banks plutôt routière, Badlands orientée tout-terrain avec ses gros pneus et son pare-chocs acier. La garde au sol va de 23 cm à 26 cm selon la version, avec blocages de différentiel avant et arrière plus les modes de conduite G.O.A.T. Le toit et les portes se démontent en moins d’une demi-heure, nous l’avons fait. Cela reste son argument émotionnel numéro un.
En France, aucune de ces qualités ne survit au calcul. Un V6 essence de 335 ch importé, c’est le malus au plafond, auquel s’ajoutent les frais d’homologation. La version européenne est par ailleurs appauvrie par rapport à l’américaine. Un Bronco conçu pour l’Europe a été annoncé le 5 juin 2026, avec une production prévue à Almussafes en 2028 : si vous pouvez attendre, attendez.
Avantages
Blocages avant et arrière, modes G.O.A.T., garde au sol jusqu’à 26 cm
Toit et portes entièrement démontables
Poids contenu pour la catégorie, environ 2,2 t
Intérieur moderne et ergonomique, écran de 12 pouces réactif
471 l de coffre, jusqu’à 1 800 l banquette rabattue
Inconvénients
Jamais distribué officiellement en Europe, aucun réseau constructeur derrière
Malus au plafond sur le V6 essence, plus les frais d’homologation
Version européenne appauvrie face à l’américaine
Gabarit encombrant, ouverture de coffre latérale
Aucune consommation réelle mesurée en France sur cette motorisation
Specs : 2.7 V6 EcoBoost 335 ch, BVA | coffre 471 à 1 800 l | 4,84 × 1,94 m | Outer Banks et Badlands | 51 000 à 57 000 € à l’import, hors homologation et malus
Notre verdict : c’est le plus authentique franchisseur de ce classement après le Grenadier. C’est un achat de passion assumé, pas un choix rationnel. En occasion française déjà immatriculée, le calcul redevient tenable puisque le malus a été réglé par le premier propriétaire. Il n’est pas fait pour vous si vous voulez un réseau et une garantie constructeur classiques : le Jeep Wrangler offre la même philosophie avec un vrai maillage d’ateliers en France.
6. Suzuki Jimny : imbattable en terrain, invivable sur autoroute
Le Jimny que nous avons essayé. Il reste le plus court des vrais 4×4, avec les contraintes de gabarit que cela implique.
Le Suzuki Jimny est le contre-exemple qui valide notre critère. Châssis échelle, boîte de transfert avec gamme courte, quatre roues motrices enclenchables, 1,1 tonne sur la balance, 3,64 m de long, des angles de 37° à l’attaque et 49° à la fuite. Aucun blocage de différentiel. Il passe pourtant là où des 4×4 bien mieux équipés renoncent, simplement parce qu’il est court, léger et que son contrôle de traction fait le reste. Il franchit 40 cm d’eau sans broncher. En ville, ce gabarit devient un atout et la consommation descend à 7,8 l/100 km.
Le problème commence à 70 km/h. Au volant, le bruit moteur devient gênant au point de perturber une conversation. À 130 km/h le moteur tourne à 4 000 tr/min, la tenue de cap devient floue et le vent latéral se fait sentir. C’est probablement la seule voiture du marché qui consomme plus sur autoroute qu’en ville. S’ajoute la situation française : plus homologué en véhicule particulier depuis 2021, il ne se vend plus qu’en utilitaire deux places autour de 24 990 € HT, ou en quatre places après transformation, pour 34 000 à 36 000 € au total.
Avantages
Boîte de transfert avec gamme courte et châssis échelle sur une voiture de 3,64 m
1,1 tonne seulement, angles de 37° et 49°, gué de 40 cm
Franchit là où des 4×4 plus lourds et mieux équipés s’arrêtent
Accessible aux débutants du tout-terrain
7,8 l/100 km en ville, le niveau d’une citadine essence
Inconvénients
Inutilisable sereinement sur route rapide, bruit et tenue de cap
Direction très démultipliée et sans rappel, roulis important
Coffre de 377 l seulement banquette rabattue, quasi nul autrement
Insonorisation quasi inexistante
Plus homologué en véhicule particulier en France depuis 2021
Specs : 1.5 VVT 102 ch, AllGrip Pro avec réducteur | coffre 377 l banquette rabattue | 3,64 × 1,65 m | utilitaire 2 places à environ 24 990 € HT
Notre verdict : aucun 4×4 de ce classement ne va aussi loin pour aussi peu, y compris ceux qui coûtent cinq fois plus cher. C’est un outil formidable devenu un achat compliqué. Ce n’est pas la faute de Suzuki. Si vous cherchez les quatre places, visez une occasion antérieure à 2021 ou passez par l’importation, que nous détaillons plus bas. Il n’est pas fait pour vous si vous faites de l’autoroute chaque semaine : le Dacia Duster 4×4 vous offrira une motricité suffisante avec un vrai confort de route.
7. Ineos Grenadier : le franchisseur le plus pur, le plus taxé de France
Le Grenadier reprend la recette de l’ancien Defender, ponts rigides compris.
L’Ineos Grenadier existe précisément parce que le Defender d’origine avait disparu et que plus personne ne fabriquait de tout-terrain rustique. Il assume la mission jusqu’au bout : châssis échelle, boîte de transfert à deux rapports, essieux rigides, ZF à 8 rapports, trois blocages de différentiel avec le pack adéquat, 3,5 t de remorquage, plus de 2 000 l de volume de chargement à l’arrière. Six cylindres BMW de 3.0 l, essence de 286 ch ou diesel de 249 ch. Commandes physiques partout, boussole au tableau de bord, aucun écran face au conducteur. Le millésime 2026 corrige enfin la direction, la climatisation et les aides à la conduite. Il est assemblé en France, à Hambach. Trois carrosseries coexistent : le Station Wagon, la version cinq places immatriculée en voiture particulière, l’Utility Wagon homologué utilitaire, puis le pick-up Quartermaster.
Là où l’histoire dérape, c’est à l’immatriculation. Un essai indépendant relève 16,7 l/100 km sur environ 500 km, contre 14,4 l en WLTP, soit à peu près 325 g de CO2 par kilomètre. À ce niveau, le malus atteint son plafond : 80 000 € qui s’ajoutent aux 73 140 € de la version cinq places. La taxe coûte plus cher que la voiture. Ajoutez un diamètre de braquage de 13,50 m, le plus élevé de la catégorie. Vous saurez que la ville n’est pas envisageable.
Avantages
Trois blocages de différentiel, boîte de transfert, essieux rigides, châssis échelle
264 mm de garde au sol, angles de 35,5° à l’attaque et 36,1° à la fuite, gué de 800 mm
3,5 t de remorquage, plus de 2 000 l de chargement, treuil et snorkel en option
16,7 l/100 km relevés en essai, environ 325 g de CO2
80 000 € de malus pour un particulier, soit plus que le prix du véhicule
Diamètre de braquage de 13,50 m, direction très démultipliée
Empattement de 2,92 m et gabarit qui rendent le stationnement urbain très difficile
Aucun mandataire ne le distribue en neuf, seule l’importation d’une occasion reste ouverte
Specs : 6 cylindres 3.0 BMW, essence 286 ch ou diesel 249 ch, ZF 8 | coffre 1 152 l, plus de 2 000 l chargé au toit | 4,86 × 1,93 m | garde au sol 264 mm, gué 800 mm | 73 140 € en cinq places, hors malus
Notre verdict : si vous cherchez un outil de travail ou d’expédition, c’est lui, sans discussion. Pour un professionnel, la version utilitaire annule le malus, ouvre la récupération de TVA et échappe à la taxe sur les véhicules de société : c’est la seule configuration qui rende ce 4×4 achetable en France, à condition de vérifier la catégorie exacte portée sur le certificat de conformité. Pour un particulier, c’est non, la fiscalité tranche à votre place. Il n’est pas fait pour vous si vous devez vous garer en ville chaque jour : à ce compte, le Toyota Land Cruiser reste un peu plus civilisé.
Top 8 des 4×4 du quotidien : neige, chemins et remorques en 2026
Aucun de ces huit modèles n’a de gamme courte. Ils appartiennent donc à la seconde famille : transmission intégrale correcte sur la neige, les chemins et les remorques, incapable de franchissement pur. Nous les classons par rapport entre la capacité réelle et le prix payé.
Le meilleur rapport capacité-prix du marché, sans concurrence
2
Dacia Bigster Hybrid-G 150 4×4
🟢
667 l
4,57 × 1,81 m
29 690 €
Le Duster 4×4 avec le coffre en plus, pour partir à cinq
3
Toyota Yaris Cross AWD-i
🟢
320 l
4,18 × 1,77 m
29 217 €
Le plus sobre du classement, pour la ville et les cols enneigés
4
Suzuki Vitara AllGrip
🟢
375 l
4,18 × 1,77 m
26 720 €
La dernière intégrale mécanique abordable du marché
5
Skoda Kodiaq 2.0 TDI 193 4×4
🟡
910 l
4,76 × 1,86 m
47 786 €
Le familial le plus rationnel, puni par la fiscalité française
6
Toyota RAV4 AWD-i
🟢
446 l
4,60 × 1,85 m
48 880 €
Fiabilité et remorquage imbattables, version 4×4 la moins aboutie
7
Volkswagen Tiguan 4MOTION
🟡
652 l
4,54 × 1,84 m
35 000 €
652 l et 2 t de remorquage, à chercher d’occasion uniquement
8
Nissan X-Trail e-4ORCE
🟢
575 l
4,68 × 1,84 m
13 590 €
Le seul dont le prix baisse quand la famille s’agrandit
Prix dès = prix de la version à quatre roues motrices, neuve et remisée par nos mandataires approuvés, relevé le 18 août 2026. Ce n’est jamais le prix d’accès du modèle : sur le Duster, l’écart atteint 8 000 € entre la version d’entrée et la version 4×4. Le Tiguan et le X-Trail sont donnés en occasion, faute d’offre neuve à quatre roues motrices. Ces montants sont des prix remisés, pas des tarifs catalogue : le Suzuki Vitara affiche jusqu’à 16% de remise, le Skoda Kodiaq 23%.
1. Dacia Duster Hybrid-G 150 4×4 : personne ne fait mieux pour ce prix
Photo prise lors de notre essai. Le Duster reste la porte d’entrée la moins chère vers une transmission 4×4 crédible.
Le Dacia Duster 4×4 de 2026 n’a plus rien à voir avec celui d’avant. Exit l’arbre de transmission et la boîte courte : le Hybrid-G 150 4×4 associe un 1.2 essence-GPL micro-hybridé de 140 ch à l’avant à un moteur électrique de 31 ch posé sur l’essieu arrière, sans aucune liaison mécanique entre les deux trains. Une molette dédiée gère les modes Eco, Auto, Snow, Mud puis Lock, un bouton bascule d’un carburant à l’autre, la garde au sol atteint 217 mm. Lors de notre essai, il a grimpé une butte raide en sol meuble sans patiner. Avec ses deux réservoirs, l’autonomie cumulée dépasse les 1 000 km.
Deux réserves à connaître avant de signer. Le réservoir GPL fait tomber le coffre à 400 l contre 450 l sur les autres Duster. Il ne reste ni roue de secours ni sous-coffre. Ensuite, la consommation grimpe : autour de 7,2 l/100 km en essence, 8,9 l en GPL, jusqu’à 12,9 l en GPL sur autoroute. Ce 4×4 ne vous fera pas économiser du carburant. Il vous fera passer là où un Duster classique s’arrête, ce qui n’est pas la même promesse.
Avantages
Mode Lock, Terrain Control, Hill Descent et 217 mm de garde au sol
Franchissement validé en terrain meuble, sans patinage
Boîte automatique double embrayage 6 rapports, absente des versions inférieures
Double réservoir, plus de 1 000 km d’autonomie cumulée
116 g de CO2 seulement, donc un malus très contenu pour un 4×4
Inconvénients
Coffre réduit à 400 l par le réservoir GPL, sans roue de secours
Consommation supérieure de 1 à 2 l/100 km à celle du Duster hybride deux roues motrices
Moteur arrière de 31 ch seulement, vous le sentez quand le rythme monte
Batterie de 0,84 kWh, phases électriques anecdotiques
Trois étoiles seulement à l’Euro NCAP
Specs : Hybrid-G 150 4×4, essence et GPL, 150 ch cumulés | coffre 400 l | 4,34 × 1,81 m | garde au sol 217 mm | dès 28 800 € au catalogue
Quand le Duster est sorti, j’ai vécu une situation que je n’ai jamais revue depuis. Je vendais les occasions plus cher que le neuf, uniquement à cause des délais d’attente. Les gens préféraient payer davantage pour rouler tout de suite. C’était dingue. Ça dit tout de la place que ce modèle occupe sur le marché français.
Notre verdict : si vous vivez à la campagne et que vous quittez régulièrement le bitume sans avoir besoin de franchir, arrêtez de chercher. Aucun autre 4×4 neuf ne descend à ce niveau de prix avec cette dotation. Il n’est pas fait pour vous si vous partez à cinq avec les bagages : avec 400 l et sans roue de secours, le Dacia Bigster 4×4 est le même véhicule en plus grand et il règle le problème.
2. Dacia Bigster Hybrid-G 150 4×4 : le Duster 4×4 avec le coffre en plus
En usage réel, la garde au sol du Bigster suffit aux chemins d’accès comme aux routes enneigées.
Le Dacia Bigster reprend exactement le groupe motopropulseur du Duster : même bicarburation, même moteur électrique de 31 ch à l’arrière, même mode Lock, même boîte automatique à 6 rapports. Ce qui change tient au gabarit. Avec 4,57 m de long et un porte-à-faux arrière allongé, le coffre passe à 667 l contre 400 l sur le Duster. Les deux réservoirs de 50 l portent l’autonomie annoncée à 1 500 km. La garde au sol atteint 21,9 cm. En terrain, le mode Auto se débrouille seul, ce qui ne demande aucun apprentissage au conducteur.
Le défaut du Duster se retrouve ici, amplifié par le poids. Les 31 ch du train arrière s’essoufflent dès que la vitesse monte, la réactivité se fait attendre et vous n’avez pas toujours le sentiment de disposer des 155 ch annoncés. Le trois cylindres est graveleux, les sièges sont durs, les contre-portes entièrement en plastique. Une précision utile : contrairement à ce qu’on lit souvent, le Bigster n’est pas une sept places, ces places-là sont réservées au Jogger.
Avantages
667 l de coffre, l’argument décisif face au Duster
1 500 km d’autonomie annoncée avec les deux réservoirs de 50 l
Mode Lock et 21,9 cm de garde au sol, capacités réelles constatées en terrain
Boîte automatique 6 rapports avec palettes au volant
L’un des plus légers de son segment, comportement sain
Inconvénients
Moteur arrière de 31 ch vite dépassé quand le rythme monte
Trois cylindres graveleux, environnement sonore perfectible à allure élevée
Sièges durs, plastiques bruts, pas de poignée de maintien passager
Cinq places seulement, malgré ce qu’affirment plusieurs sites
Tarif d’accès en 4×4 supérieur de 3 300 € à celui du Duster
Specs : Hybrid-G 150 4×4, essence et GPL, 155 ch cumulés, 260 Nm | coffre 667 l | 4,57 × 1,81 m | garde au sol 21,9 cm | dès 31 200 € au catalogue
Notre verdict : si vous partez à cinq avec les bagages et que vous quittez le goudron, c’est lui qu’il vous faut, pas le Duster. Ne comptez pas sur lui pour vous amuser au volant, comptez sur lui pour tout emporter. Il le fait mieux que tout ce que propose la concurrence à ce tarif. Il n’est pas fait pour vous s’il vous faut sept places : le Skoda Kodiaq en offre de vraies, pour bien plus cher.
3. Toyota Yaris Cross AWD-i : le plus sobre du classement
Le petit moteur électrique arrière dépanne sur sol glissant, il ne fait pas du Yaris Cross un franchisseur.
Le Toyota Yaris Cross AWD-i est le plus petit 4×4 de ce guide et le plus économe, de très loin. Comptez 5,5 l/100 km sur autoroute, 4 à 5 l en ville, sur une hybride qui n’a jamais besoin de prise. La transmission intégrale passe par un moteur électrique arrière qui s’active quand l’adhérence manque, ce qui suffit largement pour une route de montagne enneigée ou un chemin gras. Le passage de 115 à 130 ch, seule version à recevoir l’AWD-i, ne coûte que 500 € : mettez-les.
Il y a un point que personne ne vous dira en concession. Le coffre tombe à 320 l sur la version AWD-i, contre 397 l en traction, parce que le moteur électrique arrière occupe l’espace sous le plancher et supprime le double fond. 77 litres et toute la modularité en moins, sur une voiture déjà derrière un Ford Puma ou un Renault Captur sur ce critère. S’ajoutent des bruits de vent marqués au-delà de 110 km/h.
Avantages
Moins de 5 l/100 km en usage courant, des chiffres de diesel d’il y a quinze ans
Transmission intégrale automatique, aucune manipulation à connaître
Fiabilité Toyota, argument d’achat numéro un de sa clientèle
Gabarit de 4,18 m qui se gare partout, y compris en station
Fabriqué à Onnaing, dans le Nord
Inconvénients
Coffre réduit à 320 l en AWD-i, le plus petit du classement
Perte du double plancher et de la modularité sur la version 4×4
Bruits de vent marqués au-delà de 110 km/h
Plastiques durs sur les zones de contact, ambiance terne
Malus applicable sur la 130 AWD-i, alors que la 116 ch en est exonérée
Specs : hybride 130 ch AWD-i, moteur électrique arrière | coffre 320 l | 4,18 × 1,77 m | garde au sol 17 cm | dès 22 600 € au catalogue en traction
Notre verdict : c’est le bon choix si vous vivez en ville et que vous montez à la montagne l’hiver. Vous payez la motricité quand vous en avez besoin, sans payer la consommation d’un franchisseur le reste de l’année. Il n’est pas fait pour vous si vous partez en vacances à cinq avec le coffre plein : 320 l, c’est une contrainte réelle, le Dacia Duster 4×4 en offre 400 pour moins cher et le Bigster 667.
4. Suzuki Vitara AllGrip : la dernière intégrale mécanique abordable
L’AllGrip du Vitara offre un mode verrouillé qui manque à la plupart des SUV de ce gabarit.
Voici le seul modèle de cette seconde famille à conserver un véritable arbre de transmission vers l’essieu arrière. Là où Dacia, Toyota et Nissan sont passés au moteur électrique arrière, le Suzuki Vitara garde l’AllGrip à coupleur piloté, avec un mode Lock pour les passages délicats. Ce n’est pas un détail de puriste : c’est une transmission simple, réputée, sans électronique de puissance à entretenir. Ajoutez une consommation mesurée à 5,7 l/100 km sur 1 100 km, exactement conforme aux annonces ainsi qu’une distribution par chaîne.
Sa limite est nette et il faut le dire franchement : avec 17 cm de garde au sol, ce n’est pas un franchisseur, c’est un SUV urbain à quatre roues motrices. Les générations précédentes autorisaient un vrai usage hors bitume, celle-ci non. L’insonorisation lâche au-delà de 110 km/h, la position de conduite laisse un angle de genoux prononcé. Le malus s’applique à toutes les versions, jusqu’à 2 049 € sur l’AllGrip automatique. Ne le confondez pas avec l’e-Vitara électrique, qui est un modèle entièrement distinct.
Avantages
Transmission intégrale mécanique avec arbre de transmission, la dernière du segment
5,7 l/100 km mesurés sur 1 100 km, conformes aux annonces
Mode Lock efficace sur routes boueuses de campagne, constaté en essai
Aides à la conduite bien calibrées et non intrusives
Moteur à chaîne de distribution, fiabilité Suzuki
Inconvénients
17 cm de garde au sol seulement, hors bitume très limité
Bruits d’air marqués au-delà de 110 km/h
Position de conduite critiquée, assise haute et angle de genoux prononcé
Malus sur toutes les versions, jusqu’à 2 049 € en AllGrip automatique
Pas de charge à induction, pas d’accoudoir central arrière
Specs : 1.4 Boosterjet hybride 48V 110 ch, AllGrip à coupleur piloté | coffre 375 l | 4,18 × 1,77 m | garde au sol 17 cm | remorquage 1 200 kg freiné
Notre verdict : prenez-le si vous voulez de la motricité fiable sur neige et chemins boueux sans dépendre d’une électronique de puissance. Face au Dacia Duster 4×4, il gagne sur la mécanique et sur la consommation, il perd sur l’espace et sur la garde au sol. Il n’est pas fait pour vous si vous comptez sortir des chemins carrossables : 17 cm ne suffisent pas, le Duster 4×4 en offre 21,7 et le Bigster 21,9.
5. Skoda Kodiaq 2.0 TDI 193 4×4 : le familial que la fiscalité punit
Le Kodiaq 4×4 sept places couvre le besoin familial que les vrais 4×4 remplissent mal.
Le Skoda Kodiaq est le plus rationnel des grands de ce classement. 910 l de coffre en cinq places, jusqu’à 2 105 l dossiers rabattus, une banquette qui coulisse sur 18 cm, sept places réellement exploitables contrairement à la plupart de ses rivaux. Il reste 340 l de chargement avec la troisième rangée déployée. Le confort de voyage et la finition sont d’un niveau que les essayeurs comparent volontiers à des références bien plus chères. En 2.0 TDI 193 ch à quatre roues motrices, il tracte et avale l’autoroute sans forcer.
Le problème n’est pas la voiture, c’est ce que la France fait de son moteur. Sur un véhicule lourd et taillé pour la route, le diesel est le choix mécaniquement logique, sauf qu’il cumule ici malus au CO2, malus au poids et fiscalité société alourdie. La conséquence est visible dans notre catalogue : une seule offre neuve en 4×4 sur cinq Kodiaq disponibles. La garantie de deux ans est par ailleurs la plus courte du segment.
Avantages
910 l de coffre en cinq places, 2 105 l rabattu, parmi les plus grands du marché
Sept places réellement exploitables, 340 l subsistent avec la troisième rangée
Banquette coulissante sur 18 cm, astuces de rangement nombreuses
Confort de voyage et qualité de finition très au-dessus de son prix
Le 2.0 TDI 193 4×4 est le meilleur moteur pour tracter et rouler loin
Inconvénients
Malus lourd sur le 2.0 TDI 193 à quatre roues motrices
Tarifs en forte hausse par rapport à la génération précédente
Garantie de deux ans, la plus courte du segment
Comportement sage, aucun agrément dynamique
Une seule offre neuve en 4×4 disponible à ce jour
Specs : 2.0 TDI 193 ch 4×4, DSG | coffre 910 l en 5 places, 340 l en 7 places | 4,76 × 1,86 m | 7 places | dès 46 000 € au catalogue
Notre verdict : si vous roulez beaucoup et que vous tractez une remorque, c’est le bon choix, à condition d’accepter le malus au moment de l’immatriculation. Sinon, la version essence ou hybride rechargeable vous coûtera nettement moins cher à l’usage, en renonçant aux quatre roues motrices. Il n’est pas fait pour vous si vous cherchez d’abord une capacité de franchissement : sans gamme courte, le Kodiaq s’arrête là où le Dacia Duster 4×4 continue, malgré son prix double.
6. Toyota RAV4 : la fiabilité et le remorquage, dans sa version la moins aboutie
Le RAV4 illustre la limite du genre : une transmission intégrale utile l’hiver, sans réducteur.
La sixième génération du Toyota RAV4, arrivée au printemps 2026, reste le seul familial du marché à proposer les quatre combinaisons possibles : hybride simple ou rechargeable, traction ou intégrale. Sur les versions à quatre roues motrices, la capacité de remorquage grimpe à 2 000 kg contre 800 kg en traction, ce qui change tout si vous tractez une remorque ou un van. L’hybride rechargeable embarque 22,68 kWh pour 121 à 137 km d’autonomie électrique homologuée puis affiche plus de 900 km au tableau de bord avec le plein.
Il y a un os. Il tombe pile sur la version disponible chez nous. Les seules versions à quatre roues motrices proposées par nos mandataires approuvés sont les hybrides rechargeables de 300 ch. C’est précisément la déclinaison que nous jugeons la moins réussie, comme le reste de la presse spécialisée : plus lourde, moins bien amortie, avec un comportement parfois aléatoire. La boîte à variation continue s’emballe en forte accélération, les plastiques déçoivent pour un modèle qui monte en gamme, le coffre recule face à la génération précédente.
Avantages
2 000 kg de remorquage freiné en quatre roues motrices
22,68 kWh de batterie et 121 à 137 km d’autonomie électrique sur l’hybride rechargeable
Fiabilité et valeur de revente que personne n’égale sur le segment
Seul modèle à offrir les quatre combinaisons hybride simple ou rechargeable, traction ou intégrale
Insonorisation et bruits d’air maîtrisés sur autoroute
Inconvénients
La version intégrale rechargeable est la moins aboutie de la gamme
Boîte à variation continue qui s’emballe en forte accélération
Qualité d’assemblage et plastiques critiqués vu le positionnement
Coffre en recul par rapport à la génération précédente, sans plancher plat en rechargeable
Le plus cher du classement en version à quatre roues motrices
Specs : hybride rechargeable AWD-i 300 ch, hybride simple AWD-i 191 ch | coffre 446 l en hybride rechargeable | 4,60 × 1,85 m | remorquage 2 000 kg | dès 46 450 € au catalogue
Notre verdict : si vous rechargez tous les jours et que vous tractez, le RAV4 se justifie par sa fiabilité et sa valeur de revente. Sinon, vous payez très cher une version que nous plaçons derrière l’hybride simple. Il n’est pas fait pour vous si votre budget compte : le Dacia Duster 4×4 vous donnera l’essentiel de la motricité pour à peu près la moitié du prix. Le Skoda Kodiaq offre le double de coffre.
7. Volkswagen Tiguan 4MOTION : à chercher d’occasion, pas en neuf
Le 4MOTION vise l’adhérence sur route mouillée plutôt que le chemin défoncé.
Le Volkswagen Tiguan de troisième génération met une claque à sa catégorie sur le volume : 652 l de coffre, jusqu’à 1 650 l banquette rabattue, une banquette coulissante sur 16 cm. Le 4MOTION fonctionne par coupleur multidisque piloté électroniquement, sans réducteur ni blocage, ce qui le range sans ambiguïté dans cette seconde famille. Il offre en revanche le meilleur attelage de la gamme, avec 2 t de remorque freinée contre 1,8 t en hybride rechargeable.
Un point à connaître avant de chercher : le 4MOTION est réservé au 2.0 TDI. Aucune autre motorisation ne le propose. Or c’est exactement la combinaison que la fiscalité française punit, ce qui explique que nos mandataires approuvés n’en proposent aucune en neuf sur les 28 Tiguan disponibles. Le prix comptant achève le tableau : un 1.5 TSI en finition intermédiaire avec options dépasse allègrement les 55 000 €.
Avantages
652 l de coffre, jusqu’à 1 650 l, banquette coulissante sur 16 cm
2 t de remorque freinée, le meilleur attelage de la gamme
Qualité perçue et technologie embarquée en net progrès
Attelage rabattable électriquement disponible
Occasion récente accessible, à partir d’environ 35 000 € en 4MOTION
Inconvénients
4MOTION réservé au seul 2.0 TDI, celui que la fiscalité pénalise le plus
Aucune offre neuve en 4MOTION chez nos mandataires approuvés
Prix d’achat comptant difficile à justifier sur les finitions hautes
Consommation réelle au-dessus des annonces sur les versions essence
Commandes tactiles critiquées, poignées de porte non affleurantes
Specs : 2.0 TDI 4MOTION, coupleur multidisque piloté | coffre 652 l, 490 l en eHybrid | 4,54 × 1,84 m | remorquage 2 000 kg | 40 900 à 68 600 € au catalogue
Notre verdict : si vous tractez régulièrement et que vous roulez beaucoup, cherchez-le d’occasion plutôt qu’en neuf : le malus a déjà été acquitté par le premier propriétaire et vous récupérez 652 l de coffre sans le payer au tarif du neuf. En neuf, la question ne se pose même pas puisque l’offre n’existe pas. Il n’est pas fait pour vous si vous voulez du volume à petit prix en neuf : le Skoda Kodiaq est plus spacieux, le Dacia Bigster bien moins cher.
8. Nissan X-Trail e-4ORCE : le seul dont le prix baisse quand la famille s’agrandit
En e-4ORCE, le X-Trail confie l’essieu arrière à un second moteur électrique, sans arbre de transmission.
Le Nissan X-Trail fonctionne à l’envers des autres hybrides. Avec l’e-Power, le trois cylindres 1.5 ne touche jamais les roues : il ne sert que de générateur, l’entraînement est intégralement électrique. L’e-4ORCE ajoute un second moteur sur le train arrière, ce qui porte l’ensemble à 213 ch et 525 Nm, contre 204 ch et 330 Nm en deux roues motrices. Le résultat est silencieux, souple, avec un couple immédiatement disponible. En essai sur terre humide profonde, le système travaille et la voiture passe sans difficulté. Sept places sont disponibles, ce que peu de rivaux proposent à ce niveau.
L’atout décisif est ailleurs, je le vois passer sur mes dossiers d’immatriculation. À partir du troisième enfant à charge, vous récupérez 20 g de CO2 et 200 kg par enfant sur le calcul des deux malus. Sur un X-Trail qui émet autour de 140 g pour un peu moins de deux tonnes, la note peut tomber à zéro. Un point que personne ne précise : ce n’est pas une exonération, c’est un remboursement. Vous payez la totalité à l’immatriculation, puis vous demandez le remboursement. Le véhicule doit compter au moins cinq places, un seul par foyer, renouvelable tous les deux ans. Attention par ailleurs à la batterie tampon de 1,73 kWh : elle ne se recharge pas sur une prise, ce n’est pas un hybride rechargeable.
Avantages
Architecture e-Power : entraînement 100% électrique, agrément et silence
e-4ORCE avec second moteur arrière, 213 ch et 525 Nm
5,8 l/100 km relevés sur près de 1 000 km, conformes aux annonces
Franchissement validé en terre humide profonde, garde au sol généreuse
Sept places disponibles en version à quatre roues motrices
Inconvénients
Batterie tampon de 1,73 kWh non rechargeable sur prise, à ne pas confondre avec un hybride rechargeable
Prix élevé sur les finitions hautes, au-delà de 57 000 €
Maintien latéral de la banquette arrière insuffisant
Plastiques bruts en bas de contre-portes et sur la console centrale
Aucune offre neuve en e-4ORCE chez nos mandataires approuvés
Specs : e-Power e-4ORCE 213 ch, deux moteurs électriques | coffre 575 l en 5 places, 485 l en 7 places | 4,68 × 1,84 m | remorquage 1 650 kg freiné | 5 ou 7 places
Notre verdict : pour une famille de trois enfants ou plus, c’est le calcul le plus malin de tout ce guide, puisque le remboursement peut effacer la totalité des deux malus. En dessous de trois enfants, à plus de 50 000 € en finition haute, l’affaire disparaît. Il n’est pas fait pour vous si vous cherchez du neuf en quatre roues motrices : nous n’en avons aucune offre, le Skoda Kodiaq ou le Toyota RAV4 restent disponibles. Prudence à l’occasion, les annonces mélangent les générations et seul le T33 reçoit l’e-4ORCE.
Zéro offre neuve sur 7 franchisseurs : ce que le malus a fait au 4×4
Nous n’immatriculons presque plus de 4×4. Sur les dossiers que traite ma société de gestion d’immatriculation, ces véhicules sont devenus l’exception, alors qu’ils constituaient un flux régulier il y a quelques années. Les malus les ont tués en France. C’est bien triste pour une catégorie qui a une vraie utilité chez ceux qui en ont besoin.
Le mécanisme, chiffres en main
Deux taxes se cumulent au moment de l’immatriculation, sur la base de la valeur WLTP inscrite en case V.7 du certificat d’immatriculation :
Le malus au CO2 se déclenche dès 108 g/km en 2026, contre 113 g/km l’an dernier, puis grimpe jusqu’à un plafond de 80 000 € à partir de 192 g/km (barème en vigueur au 1er janvier 2026).
Le malus au poids commence à 1 500 kg, contre 1 600 kg auparavant, à raison de 10 € par kilo entre 1 500 et 1 699 kg, puis davantage au-delà (barème en vigueur au 1er janvier 2026).
Le cumul des deux ne peut pas dépasser le montant maximal du malus CO2, soit 80 000 €.
Un franchisseur cumule tout ce que ce barème sanctionne : un moteur puissant, une masse importante, une aérodynamique de parpaing. Il tape le plafond presque mécaniquement.
Deux cas qui résument tout
L’Ineos Grenadier. Un 4×4 assemblé en France, à Hambach, affiché 73 140 € dans sa version cinq places. Un essai indépendant relève 16,7 l/100 km sur 500 km, soit environ 325 g de CO2, très au-delà du seuil des 192 g. Un particulier ajoute donc 80 000 € de taxe à un véhicule qui en coûte 73 140. La taxe dépasse le prix de la voiture, sur un véhicule produit sur le sol français.
Une objection revient souvent à ce stade : le malus n’était-il pas plafonné à la moitié du prix du véhicule ? Ce plafonnement a existé, il a été supprimé en 2024. Depuis, plus rien n’empêche une taxe de dépasser le prix de la voiture.
Le Mercedes Classe G. Le G450d diesel est affiché 161 951 €, plus 80 000 € de malus au titre de ses 235 g, soit 241 951 € clés en main. Le G580 EQ électrique, lui, est affiché 176 251 € et n’a aucun malus. La version électrique revient donc moins cher que la G500 essence, affichée 171 601 € auxquels il faut ajouter les 80 000 € de taxe, soit 251 601 €. Un Classe G électrique moins cher qu’un Classe G essence : voilà où nous en sommes.
Ce que ça produit dans les catalogues
Nous avons compté, modèle par modèle, sur notre propre comparateur. Le résultat est net : aucun des sept franchisseurs de ce guide n’a la moindre offre neuve chez nos mandataires approuvés. Zéro sur sept. Dans le même temps, six des huit 4×4 du quotidien ont bien des offres neuves en version à quatre roues motrices. La formule juste n’est donc pas « le 4×4 neuf a disparu » mais le vrai 4×4 neuf a disparu, le 4×4 du quotidien se porte bien.
Le cas du Skoda Kodiaq résume la mécanique à lui seul. Sur un véhicule lourd taillé pour l’autoroute, le diesel est le choix logique, sauf qu’il est précisément celui que le barème frappe le plus fort. La fiscalité pousse l’acheteur vers un moteur moins adapté à son usage. Si le sujet vous intéresse pour votre propre choix, notre guide sur le carburant à choisir pour un 4×4 déroule le calcul énergie par énergie.
Les trois seules échappatoires légales
Elles existent, elles sont parfaitement légales. C’est mon métier de les mettre en œuvre et aucune n’est un montage douteux.
L’homologation en véhicule utilitaire. Un Grenadier en version utilitaire, un Jimny deux places : la catégorie N1 supprime le malus, ouvre la récupération de TVA pour un professionnel et échappe à la taxe sur les véhicules de société. C’est ce qui explique que ces versions dominent les ventes françaises de certains modèles. Attention toutefois aux versions à cabine approfondie : plusieurs utilitaires à deux rangs de sièges restent soumis au malus, comme les pick-up cinq places. Vérifiez la catégorie exacte portée sur le certificat de conformité avant de commander, pas après.
Le remboursement famille nombreuse. À partir de trois enfants à charge, vous récupérez 20 g de CO2 et 200 kg par enfant sur le calcul des deux malus. Sur plusieurs modèles de ce guide, la note tombe à zéro. Attention au mécanisme : vous payez d’abord la totalité au moment de l’immatriculation, puis vous demandez le remboursement. Véhicule de cinq places minimum, un seul par foyer, renouvelable tous les deux ans. C’est précisément l’étape que la moitié des familles éligibles oublient.
L’immatriculation à l’étranger. Elle ne concerne que ceux qui ont une résidence ou une activité réelle dans le pays concerné. Ce n’est pas une astuce à monter depuis la France, c’est une situation de fait qu’on régularise.
À l’époque où je vendais des véhicules pour le compte d’un mandataire, les Mercedes ML partaient régulièrement, sans que personne ne calcule quoi que ce soit avant de signer. Le modèle est devenu le GLE depuis, mais surtout le réflexe d’achat a changé : aujourd’hui, la première question d’un client sur un gros 4×4 porte sur le malus, pas sur la finition.
⚠️ Attention
Le malus se calcule sur la valeur inscrite en case V.7 de la carte grise, pas sur la brochure commerciale. Une option qui alourdit le véhicule ou des jantes plus larges peuvent faire basculer une version dans la tranche supérieure. Demandez la valeur exacte de la version configurée avant de signer le bon de commande, pas après.
Panda 4×4, Jimny, Bronco : les 4×4 qui ne s’achètent plus en concession
Trois modèles de ce guide échappent au circuit classique, chacun pour une raison différente.
Le Fiat Panda 4×4 est le 4×4 le plus recherché de France, avec plus de 8 000 recherches sur Google chaque mois. Il n’est plus produit depuis mai 2022, la série finale ayant été écoulée en 2023. Si vous le cherchez pour son gabarit et sa motricité, les vraies remplaçantes s’appellent Suzuki Vitara AllGrip, Toyota Yaris Cross AWD-i et Dacia Duster Hybrid-G 150 4×4. Aucune n’a son charme, toutes font le travail.
Le Suzuki Jimny n’est plus homologué en véhicule particulier chez nous depuis 2021. Il reste commercialisé ailleurs en Europe, ce qui ouvre la voie de l’importation pour retrouver les quatre places.
Le Ford Bronco n’a jamais été distribué officiellement en Europe depuis sa relance en 2021. Il arrive par les importateurs et les mandataires, entre 51 000 et 57 000 € hors homologation et malus.
Concrètement, importer l’un de ces véhicules suit toujours le même chemin : vous passez par un mandataire ou un importateur, vous réglez la TVA en France si le véhicule est fiscalement neuf, vous obtenez le quitus fiscal auprès du service des impôts, puis vous immatriculez, le plus souvent en plaques WW provisoires avant la carte grise définitive.
Sur le malus, la règle a changé le 1er mars 2025 et beaucoup l’ignorent encore. L’ancienne décote de 10% par année a disparu. Nous partons désormais du barème de l’année de première immatriculation à l’étranger, auquel s’applique une décote par tranches de mois d’ancienneté. Deux planchers utiles à connaître : le malus est nul si le véhicule a été immatriculé pour la première fois avant le 1er janvier 2015. La décote atteint 100% à quinze ans et un mois. Un Bronco de 2021 importé aujourd’hui est donc taxé sur le barème 2021, pas sur celui de 2026.
Comptez sur le fait que l’homologation et le malus s’ajoutent au prix affiché : c’est l’erreur la plus fréquente sur ces dossiers, un acheteur qui a budgété le véhicule mais pas son immatriculation.
4×4 ou pick-up : transportez-vous des personnes ou du matériel ?
Ils cochent tous notre critère : boîte de transfert, gamme courte, châssis échelle. Techniquement, un Ford Ranger ou un Toyota Hilux appartient donc à la famille des vrais franchisseurs, au même titre qu’un Land Cruiser.
Nous les traitons à part parce que leurs critères de choix n’ont rien à voir avec ceux d’un 4×4 de tourisme : charge utile, dimensions de benne, homologation, fiscalité applicable depuis le passage de la plupart d’entre eux en catégorie tourisme. Ces arbitrages méritent leur propre comparatif. C’est exactement ce que fait notre top des pick-up. Si vous hésitez entre un 4×4 et un pick-up, la question à vous poser est simple : transportez-vous des personnes ou du matériel ?
L’essentiel à retenir
En 2026, le mot 4×4 recouvre deux types de voitures qui n’ont plus rien de commun. D’un côté les franchisseurs à gamme courte, capables d’aller partout, devenus quasi inaccessibles en neuf pour un particulier à cause d’un malus qui atteint 80 000 €. De l’autre des 4×4 du quotidien à transmission intégrale, désormais assurée par un moteur électrique arrière, qui suffisent très largement à la neige, aux chemins et aux remorques légères. Le bon choix dépend moins de votre envie que de votre usage réel. La bonne nouvelle, c’est que l’usage réel de la plupart des gens tient dans la seconde famille.
Le critère qui sépare les deux familles : la boîte de transfert avec gamme courte. Sans elle, vous avez une transmission intégrale, pas un franchisseur.
Le meilleur rapport capacité-prix : Dacia Duster Hybrid-G 150 4×4, dès 26 390 € remisé. Personne n’approche ce niveau.
Le plus capable si vous devez vraiment y aller : Toyota Land Cruiser, avec ses 3,5 t de remorquage. À condition d’accepter le malus.
Le calcul le plus malin pour une famille nombreuse : Nissan X-Trail e-4ORCE, dont le remboursement peut annuler les deux malus dès le troisième enfant.
La question à se poser avant tout : sortez-vous réellement du bitume ? Si la réponse est non, quatre bons pneus hiver sur un SUV en traction vous coûteront beaucoup moins cher.
Vous roulez déjà en 4×4 ou vous hésitez entre deux de ces modèles ? Dites-nous en commentaire lequel vous utilisez et pour quel usage, ce sont vos retours qui nous permettent d’affiner ce classement à chaque mise à jour.
Quels sont les vrais 4×4 ?
Ce sont les véhicules équipés d’une boîte de transfert à deux rapports, donc d’une gamme courte. Dans ce guide, sept modèles remplissent ce critère : Land Rover Defender, Toyota Land Cruiser, Mercedes Classe G, Jeep Wrangler, Ford Bronco, Suzuki Jimny et Ineos Grenadier. Tous les autres véhicules vendus comme 4×4 disposent d’une transmission intégrale sans réducteur, ce qui suffit sur la neige et les chemins mais pas en franchissement.
Quelle différence entre un 4×4 et un SUV ?
Un SUV est conçu sur une plateforme routière : il en a le style et la position de conduite haute, parfois la transmission intégrale, jamais la gamme courte. Un 4×4 au sens strict possède une boîte de transfert, souvent un blocage de différentiel et une garde au sol supérieure. Un SUV traverse un chemin de terre, un 4×4 franchit un obstacle.
Quel est le 4×4 le plus fiable ?
Le Toyota Land Cruiser conserve la meilleure réputation du segment, portée par une mécanique diesel éprouvée et un châssis échelle. Chez les 4×4 du quotidien, les hybrides Toyota et le Suzuki Vitara à distribution par chaîne s’en sortent très bien. La fiabilité dépend toutefois autant de l’entretien que du modèle. Un franchisseur réellement utilisé hors bitume s’use plus vite qu’un exemplaire de ville.
Combien coûte un 4×4 en 2026 ?
Le 4×4 du quotidien le moins cher démarre à 26 390 € en neuf remisé chez nos mandataires approuvés, en Dacia Duster Hybrid-G 150 4×4. Un vrai franchisseur neuf dépasse les 62 000 € auxquels s’ajoute un malus souvent maximal, ce qui explique qu’aucun ne soit proposé en neuf par nos partenaires. En occasion, les premiers Ford Bronco et Mercedes Classe G apparaissent autour de 25 000 €.
Peut-on encore acheter un 4×4 neuf en France ?
Oui pour les 4×4 du quotidien : six des huit modèles de notre seconde famille ont des offres neuves en version à quatre roues motrices. Non, en pratique, pour les vrais franchisseurs : au 18 août 2026, aucun des sept modèles de notre première famille n’a d’offre neuve chez nos mandataires approuvés. L’occasion récente et l’importation sont devenues les voies normales.
Faut-il payer un malus sur un 4×4 d’occasion ?
Pas sur une occasion déjà immatriculée en France : le malus se paie une seule fois, à la première immatriculation. C’est le premier propriétaire qui l’a réglé. C’est précisément ce qui rend l’occasion récente intéressante sur les gros franchisseurs. La rumeur d’une taxation de toutes les voitures d’occasion est fausse : la seule mesure en projet vise les véhicules exonérés à l’origine, principalement au titre du handicap. Elle est reportée au 1er janvier 2027. En revanche, un 4×4 importé de l’étranger déclenche bien un malus à son immatriculation française, calculé sur le barème de son année d’origine.
Quel 4×4 choisir pour tracter 3 500 kg ?
Deux modèles de ce guide atteignent 3 500 kg de charge freinée : le Toyota Land Cruiser et l’Ineos Grenadier. Chez les 4×4 du quotidien, le plafond tombe à 2 000 kg, sur le Volkswagen Tiguan 4MOTION et le Toyota RAV4 en quatre roues motrices. Deux vérifications s’imposent avant d’acheter. D’abord le PTRA de votre véhicule, en case F.3 de la carte grise : le poids total de la remorque ne peut jamais le dépasser. Ensuite votre permis, car le permis B seul ne suffit plus dès que la somme des PTAC du véhicule et de la remorque dépasse 3 500 kg. Entre 3 500 et 4 250 kg, une formation de 7 heures donne la mention B96, sans examen. Au-delà de 4 250 kg, ce qui est le cas de tout attelage approchant les 3,5 t, il vous faut le permis BE.
Sources et méthodologie
Pour ce guide, nous avons croisé les données constructeurs avec les barèmes fiscaux en vigueur et notre expérience terrain de l’immatriculation et de l’importation. Notre liste de départ vient des volumes de recherche réels et de notre catalogue d’offres, pas de la notoriété des modèles : c’est pourquoi un Fiat Panda 4×4 arrêté depuis 2022 est traité à part plutôt qu’inclus au classement. Nous avons écarté les modèles sans version à quatre roues motrices au catalogue 2026, ainsi que les pick-up, qui relèvent de critères différents. Ce que nous n’avons pas fait : nous n’avons pas mesuré les quinze coffres nous-mêmes au litre près, ni tenu de carnet de fiabilité sur 100 000 km. Quand nos relevés divergent d’un chiffre constructeur, nous vous donnons les deux. Les relevés d’offres et de prix ont été effectués le 18 août 2026 sur notre comparateur et évoluent en permanence.
Barème du malus au CO2 2026, seuil de 108 g et plafond de 80 000 € : notre guide malus écologique 2026, qui reprend le barème gramme par gramme et les montants relevés sur nos propres dossiers d’immatriculation.
Malus sur la masse, seuil de 1 500 kg et barème par tranches : notre guide taxe au poids 2026.
Spécialiste de l’importation, de l’immatriculation et de la lutte contre les arnaques automobiles, j’aide les automobilistes à payer leur voiture au bon prix, en toute confiance, et à éviter les pièges. J’ai contribué à plus de 10 000 importations, réalisé plus de 18 000 immatriculations et aidé des milliers d’acheteurs à ne pas se faire arnaquer. En savoir plus.
6 commentaires sur cet article
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Et la jeep renegade?
La fiat panda n est plus au catalogue
Il en reste chez les mandataires auto 😊
la jeep wrangler rubicon unlimited pour moi, la meilleure elle est juste waouh !
Suzuki ignis ???
Vous avez oublié de parler de TOYOTA qui on de très bon 4×4?