L’ASA vient de réitérer l’interdiction de la promotion publicitaire de BMW et MG. L’autorité de régulation des publicités en Angleterre affirme que les véhicules de ces constructeurs émettent du CO2. Mais, une voiture électrique n’est-elle pas zéro émission ? BMW et MG sont-ils réellement coupables ?
BMW et MG ont été pointés du doigt
L’ASA ou Advertising Standards Authority est l’instance britannique de régulation de la publicité, comparable à l’ARPP en France. Bien qu’elle n’ait pas de pouvoir de sanction officiel, c’est un organisme influent et ses directives sont largement suivies par les entreprises et le gouvernement britannique.
Depuis que les voitures électriques ont le vent en poupe en Europe, l’ASA fait régulièrement parler d’elle. Il y a quelques mois, ce gendarme de la publicité au Royaume-Uni a censuré les messages commerciaux de Kia et Mercedes en affirmant que les deux constructeurs avaient menti sur l’autonomie réelle de leurs véhicules électriques. Cette fois-ci, c’est BMW et MG qui sont dans la tourmente pour avoir mis en avant la mention « zéro émission » dans leurs annonces Google Ads. Pour montrer sa détermination, l’ASA a demandé de supprimer les mots-clés correspondant aux différents mensonges.
Mais, de quoi accuse-t-on BMW et MG dans cette histoire rocambolesque ?
Après réévaluation, l’ASA a conclu que pour qu’un véhicule électrique soit certifié « zéro émission », son cycle de vie ne doit pas avoir généré de CO2. Cela comprend toutes les étapes de fabrication des batteries et des véhicules, depuis l’extraction des matières premières jusqu’au recyclage final de la batterie et du véhicule.
Même si les véhicules électriques ne produisent pas d’émissions lorsqu’ils roulent, ils en génèrent lors de leur fabrication et leur recharge. Et, l’ASA marque un point, car la fabrication des batteries Lithium-ion, par exemple, entraîne des émissions de carbone significatives, bien plus que la fabrication des modèles thermiques selon les experts. De plus, la source d’énergie utilisée pour recharger les véhicules électriques peut varier en termes d’empreinte carbone, en fonction du mix énergétique du pays. Ainsi, bien que les voitures électriques contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre lors de leur utilisation, elles ne sont pas totalement vertes vis-à-vis de l’environnement.
BMW et MG ont immédiatement retiré leurs campagnes Google Ads. D’après le constructeur allemand, l’utilisation de ce mot-clé entrait dans le cadre d’une stratégie SEO afin de mieux promouvoir sa publicité sur Google. Toutefois, il est fort à parier que l’ASA va étendre cette interdiction sur les spots publicitaires TV qui sont destinés à une plus large diffusion.
Cette décision souligne une tendance croissante à surveiller de près les allégations écologiques des constructeurs automobiles, en particulier dans le contexte de la transition vers des véhicules électriques. Tout comme l’Australie et l’Angleterre, la France est très pointilleuse sur la véracité des publicités concernant les véhicules électriques. Comme le démontrent les décisions rendues par le Jury de Déontologie Publicitaires ou JDP, visibles sur le site de l’ARPP, concernant les mentions « zéro émission » dans les publicités de la Renault ZE ou de la Citroën Ami.
Une décision plutôt contradictoire
La décision de l’ASA a été perçue comme paradoxale, étant donné que le gouvernement britannique lui-même utilise largement le terme « zéro émission » pour promouvoir l’adoption de véhicules électriques. En effet, dès 2023, ce dernier a lancé une vaste campagne en faveur des véhicules électriques afin de réduire son empreinte carbone, avec pour objectif que 80 % des voitures vendues d’ici 2030 soient électriques. L’année dernière, les ventes de voitures électriques en Angleterre ont connu une hausse de 17,8 %. Plusieurs acteurs du secteur auto soulèvent donc des questions sur la cohérence des messages promus par les différentes entités gouvernementales et régulatrices.
Il est important de reconnaître que les voitures électriques offrent des avantages environnementaux indéniables par rapport aux véhicules à moteur thermique, comme le soulignent diverses études. Sur son cycle de vie entier, un véhicule électrique génère jusqu’à 45 % moins d’émissions de carbone que les modèles thermiques.
Certains observateurs soulèvent également le fait qu’aucune publicité pour voiture thermique n’a été censurée pour ne pas avoir pris en compte toutes les sources d’émissions, ce qui pourrait compromettre l’objectivité de l’ASA.
Et vous, que pensez-vous de cette décision de l’ASA ?
De toute façon il faut reconnaître qu une voiture électrique n est pas forcément écologique.
Consommation de pneumatiques , .les batteries qu a l’on nous en faire , comment éteindre une voiture électrique qui brûle sans parler de la charge en départ de vacances