Imposé par la loi d’orientation des mobilités de 2019 puis la loi climat et résilience de 2021, le déploiement des Zones à Faibles Émissions (ZFE) continue de faire couler beaucoup d’encre. Entre assouplissements et restrictions plus sévères, le gouvernement ne sait pas sur quel pied danser pour faire accepter cette mesure explosive. On fait le point sur la situation en septembre 2023 !
Un Français sur deux encore dans le flou par rapport aux ZFE
Début 2023, le club automobile Roole, en collaboration avec le centre d’enquêtes IPSOS, a publié les résultats de son étude concernant la mobilité des Français.
Parmi les nombreuses questions posées aux plus de 25 000 Français interrogés, une s’est intéressée aux ZFE et le constat est saisissant ! 56 % des Français reconnaissent ne pas savoir ce que c’est.
On apprend aussi que 24 % des automobilistes concernés par les ZFE n’ont pas changé leurs habitudes. 13 % des Français envisageraient même de ne pas respecter les interdictions de circulation qui en découlent.
Pour rappel, les Zones à Faibles Émissions ou ZFE visent à interdire la circulation des véhicules les plus polluants à l’aide des vignettes Crit’Air. Ce dispositif concerne les agglomérations de plus de 150 000 habitants, soit 43 d’ici 2025. Évidemment, l’objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi d’encourager l’achat de véhicules électriques.
Toutefois, l’application de cette mesure n’est pas un long fleuve tranquille…
L'association 40 millions d'automobilistes se mobilise contre la mise en place des ZFE dans toutes les communes de plus de 150 000 habitants.
— Caroom 🚙 (@Caroom_fr) June 17, 2021
Où en est la mesure à la rentrée 2023 ?
En 2023, les ZFE ont connu plusieurs bouleversements. D’abord, les résultats de l’enquête de Roole et l’IPSOS ont fait beaucoup de bruit.
Ensuite, le Sénat a lancé une consultation en ligne, qui a démontré, une fois de plus, que la grande majorité des Français est contre cette mesure. Des propositions ont ainsi été présentées au gouvernement pour assouplir le calendrier de mise en œuvre des ZFE et éviter un probable conflit social d’envergure.
Certaines métropoles déjà concernées par les ZFE ont également reporté plusieurs échéances tels que l’interdiction des véhicules Crit’Air 3 dans le Grand Paris. Prévue à la base en juillet 2022, puis en juillet 2023, cette nouvelle phase entrera désormais en vigueur en 2025.
Face à la grogne de plus en plus forte, le gouvernement accepte d’assouplir les restrictions et prépare des mesures « d’acceptabilité sociale ». Par exemple, les métropoles de Toulouse, Grenoble et Reims ne sont, pour l’instant, pas obligées de renforcer les interdictions, car la qualité de l’air s’est améliorée en 2022.
En revanche, les ZFE de Paris, Marseille, Lyon, Strasbourg et Rouen « vont devoir continuer à durcir les interdictions », explique Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique.
Ces dernières ne se sont pas fait attendre puisque la ZFE marseillaise a évolué depuis le 1er septembre 2023 ! Après le bannissement des véhicules Crit’Air 5 et non classés en 2022, c’est au tour des Crit’Air 4 d’être interdits, soit les diesel d’avant 2006 et les essence d’avant 1997.

Devez-vous vous inquiéter de la mise en place progressive des ZFE ?
Le gouvernement compte bien faire appliquer les ZFE à l’ensemble des agglomérations de plus de 150 000 habitants, mais on l’a vu, la tâche n’est pas des plus faciles.
Toutes les agglomérations n’ont pas encore appliqué la mesure et peuvent le faire jusqu’en 2025 et celles qui l’ont déjà mise en œuvre revoient leur calendrier régulièrement.
Alors, avant de s’inquiéter véritablement des zones à faibles émissions, il faut considérer plusieurs paramètres, à commencer par votre lieu d’habitation, évidemment !
Si vous habitez dans une agglomération qui n’a pas encore mis en place de ZFE, alors vous avez encore quelques mois de répit, d’autant plus que les premiers véhicules concernés seront les non classés, les Crit’Air 4 et 5, soit les plus anciens.
En revanche, si vous habitez dans une des 11 agglomérations ayant déjà appliqué des restrictions de circulation, votre voiture doit être en règle. Toutefois, aucune métropole n’interdit encore les voitures Crit’Air 3 ou plus récentes, qui représentent sans aucun doute une grande partie des véhicules en circulation. Vous n’êtes alors certainement pas encore concerné par les ZFE.
Vous l’êtes ou le serez prochainement et circulez fréquemment dans des zones concernées par les restrictions ? Alors, il faudra penser à changer de véhicule, si votre situation financière le permet. Les voitures électriques et neuves plus généralement demandent un budget conséquent et pour l’instant, les aides proposées par le gouvernement ne sont pas assez suffisantes et encourageantes.
Il peut alors être judicieux d’attendre de voir comment vont évoluer les ZFE et la technologie électrique avant de s’inquiéter et de changer de voiture, car il est certain que l’on va continuer d’en entendre parler !
Pognon et pognon voilà la véritable raison