Nouvelle norme WLTP : Quelles différences avec le cycle NEDC/WLTC ?

Mazda 6 testée à l'aide d'un système PEMS

Craint aussi bien par les constructeurs que par les automobilistes, le nouveau cycle WLTP est appliqué depuis 2018 à l’ensemble des voitures vendues au sein de l’union européenne. Mais que change-t-il exactement ? Voici un guide pour y voir plus clair.

Que sont les cycles de conduite ?

Les cycles de conduite sont des séries de tests normalisés des automobiles, faisant partie de leur processus d’homologation. Concrètement, ils consistent à conduire toutes les voitures neuves dans des conditions similaires afin de proposer au consommateur un élément de comparaison objectif en ce qui concerne les rejets polluants, ainsi que la consommation de carburant des véhicules neufs.

À quoi sert le cycle WLTP et en quoi diffère-t-il des anciens cycles ?

Le cycle WLTP (pour Worldwide Harmonized Light vehicles Test Procedures, comprenez « Consensus global pour les procédures d’essais des véhicules légers ») joue plusieurs rôles :

  • Comme son nom l’indique, harmoniser les normes entre les pays : les valeurs issues de ces tests seront applicables aussi bien dans l’UE qu’en Inde ou encore au Japon. Ainsi, il limite les disparités, rendant au passage le processus d’homologation plus efficace.
  • Remplacer des conditions de tests devenues obsolètes : En effet, l’origine du cycle NEDC utilisé jusqu’en 2018 remontait … Aux années 70 ! Depuis tout ce temps, l’automobile a connu des évolutions considérables, et ces tests n’étaient plus adaptés aux technologies modernes (boîtes automatiques, hybridation …).
  • Déjouer les tricheurs : En raison de sa forte prédictibilité, puisque réalisé en laboratoire, le cycle NEDC laissait des failles que certains constructeurs ne se sont pas privés d’exploiter. Ce fut par exemple le cas lors du Dieselgate, où Volkswagen avait truqué ses moteurs pour que ceux-ci adaptent leur fonctionnement lorsqu’ils reconnaissaient une phase de test.

Pour y parvenir, le WLTP est désormais effectué sur route (test RDE « Real Driving Emissions »), perdant légèrement en régularité, mais donnant des valeurs qui se veulent nettement plus réalistes. Il prend également en compte les équipements pouvant influencer les consommations et les émissions, comme les kits carrosserie, les grandes jantes, le toit ouvrant, les barres de toit, etc …

Ces tests ne sont cependant pas parfait, puisque la vitesse moyenne y demeure assez lente par rapport à la façon dont conduiraient la plupart des automobilistes, et aussi parce que l’itinéraire ne comporte pas de pentes. Ne soyez donc pas surpris de constater que les consommations indiquées ne correspondent toujours pas aux vôtres !

Quelles conséquences a-t-il ?

Du fait que ces tests soient réalisés sur route ouverte, ils sont plus durs pour les véhicules, ce qui entraîne une hausse des consommations et des émissions. On observe ainsi une augmentation conséquente des valeurs (entre 20 et 40%).

Pour l’automobiliste français, cela impacte directement son budget, puisqu’une voiture autrefois dispensée de malus sous le cycle NEDC pourrait se voir taxée, ou celles déjà malussées risqueraient de passer dans les tranches supérieures du malus écologique. Une mauvaise nouvelle pour les acheteurs donc, mais aussi pour les constructeurs, qui pourraient voir les ventes de certains de leurs modèles s’effondrer.

Les véhicules vendus jusqu’en 2020 utilisent la norme WLTP, mais la norme NEDC est celle qui fait foi vis-à-vis des normes Euro. En 2020-2021, l’UE pourra utiliser les mesures du cycle WLTP pour réévaluer ses objectifs en matière d’émissions de CO2. En France, le cycle WLTP ne sera pas pris en compte dans l’attribution du malus avant le mois de Septembre 2019.

 

Credit photo : LSDSL

 

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