D’ordinaire, les contenus autour des meilleurs 4×4 concernent les modèles, leurs différentes versions et l’éventail des finitions et des motorisations qui les animent. Pourtant, s’intéresser aux constructeurs de ces véhicules n’est absolument pas dénué de sens, car derrière chaque modèle, il y a un ADN de la marque. Avant d’entrer dans le vif du sujet, soulignons que le terme 4×4 peut revêtir une multitude de sens et de définitions plus ou moins personnelles. Dans un souci de simplicité, nous l’avons entendu comme un véhicule doté d’une transmission intégrale et capable de s’aventurer en tout-terrain. Si vous êtes simplement là par curiosité ou si vous avez un projet d’achat d’un 4×4 en tête, découvrons les meilleures marques qui les fabriquent !
Si l’on vous dit 4×4 pour la pratique de l’off-road, à qui pensez-vous ?
Notre compréhension du terme 4×4 implique que vous n’y trouverez pas, par exemple, le système Quattro d’Audi, alors qu’il s’agit objectivement de l’une des meilleures transmissions intégrales du monde. Peut-être qu’un futur article élargira la problématique pour englober les berlines et les SUV, mais dans le cas présent, nous en resterons aux vrais baroudeurs. Or si l’on parle de tout-terrain, les deux marques qui viennent immédiatement à l’esprit de la plupart d’entre nous seront les mêmes, et cela ne doit rien au hasard, tant leur histoire s’intègre dans celle de l’automobile. Il s’agit bien sûr de Jeep et de Land Rover, le constructeur américain ayant été à l’origine de la Willys puis de sa descendante, la Wrangler, tandis que la marque britannique proposait à la fois le mythique Defender, et le luxueux Range Rover.
Aujourd’hui, ces deux constructeurs se sont bien entendu diversifiés, proposant par exemple des SUV 100 % électriques tels que l’Avenger chez Jeep, ou des Crossover Premium au travers de l’Evoque, chez Land Rover. Toutefois, l’âme du 4×4 continue de les animer, à chaque nouvelle génération de Wrangler et de Defender, notamment, mais également dans des modèles de plus grande diffusion, du Jeep Grand Cherokee au Land Rover Discovery. Pour terminer par deux petites anecdotes, savez-vous d’où provient le nom de Jeep ? Eh bien, rassurez-vous, car en réalité, personne n’en est certain, les explications fluctuant entre une bande dessinée, un acronyme Just Enough Essential Parts, ou bien encore le terme militaire de GP (prononcé Dji-pi en anglais), pour indiquer la vocation multi-rôle (General Purpose) du véhicule. Et, d’après vous, de quel véhicule les frères Wilks travaillant chez Rover se sont-ils inspirés pour créer le premier Land ? De la Jeep Willys, bien sûr, et voilà la boucle bouclée pour nos deux marques pionnières du 4×4.
Un segment qui a vu s’affronter les marques low-cost, généralistes et Premium
Pendant longtemps, la plupart des constructeurs Premium ont été réticents à se lancer dans le 4×4, mais les généralistes, eux, ont rapidement compris l’intérêt de proposer ce type de véhicules à leurs gammes, de manière à atteindre une clientèle en quête de grands espaces ou ayant besoin d’une motricité renforcée pour des raisons professionnelles, voire pour habiter en montagne, tout simplement. Toyota, notamment, a été parmi les premiers à se lancer avec son Land Cruiser, de même que Mitsubishi avec le Pajero, mais les 4×4 américains, du Ford Bronco au Hummer de chez General Motors, n’étaient pas en reste non plus. C’est d’autant plus vrai si l’on inclut également les pick-up capables de s’aventurer en off-road à la liste des 4×4 considérés, puisque l’on peut alors rajouter des modèles tels que l’indestructible Toyota Hilux ou le démoniaque Ford F150 Raptor, sans oublier le Nissan Navara et le GMC Sierra Denali. Du côté des Européens, il a fallu davantage de temps pour que les constructeurs s’emparent du sujet 4×4, et cela a essentiellement été un effet secondaire, en quelque sorte, de l’essor du SUV. En effet, si l’on s’appuie sur le cas du Volkswagen Touareg, par exemple, c’est en cherchant à proposer un SUV polyvalent que le constructeur d’outre-Rhin a voulu le doter de réelles capacités en tout-terrain, et il en va de même chez Nissan pour son Pathfinder, ou Renault avec le Koleos.
Parallèlement à ces constructeurs grand public, chez lesquels Toyota et Ford se démarquent clairement, plusieurs marques low-cost ont également proposé des 4×4 tout à fait pertinents, revenant même à une certaine forme bienvenue de simplicité. On pense ici à Suzuki (avec son Jimny de poche, par exemple), ou bien à Dacia, dont le Duster a toujours su se montrer impressionnant en tout-terrain (à condition d’opter pour une version 4×4, bien sûr). N’oublions pas non plus la petite Fiat Panda 4×4, dont la légèreté était un réel atout en hors-piste, pour y suivre sans sourciller des modèles ô combien plus puissants et plus coûteux.
Nous en arrivons donc aux marques des 4×4 Premiums et même, tout au sommet, aux constructeurs de prestige, qui ont longtemps perçu les 4×4 comme inutilement lourds, patauds (avec des centres de gravité trop hauts) et trop peu classieux. Toutefois, là encore, l’incroyable croissance du marché des SUV a frappé fort, faisant voler en éclats bon nombre de certitudes. Après tout, qui aurait pensé, en 2000, que Porsche sortirait, deux ans plus tard, le Cayenne, un véhicule sportif dont l’aisance en tout-terrain a laissé pantois des centaines d’essayeurs par le monde. Et qui se serait imaginé, en 2015, que Ferrari, la mythique marque au cheval cabré, lancerait un SUV Purosangre doté d’un système à 4 roues motrices réellement efficace dans la boue et la neige ? Mentionnons également le Lamborghini Urus, ou le Maserati Levante, le Bentley Bentayga et même le Rolls-Royce Cullinam… Tous ces modèles ont pour point commun que leurs acheteurs ne les emmèneront probablement jamais se salir une jante hors du bitume, mais que tous ont été conçus pour être capables d’affronter les pires obstacles en off-road !
Un cran au-dessus, des 4×4 allemands sont également disponibles. Mercedes-Benz mérite un coup de projecteur, car si ses concurrents principaux, BMW et Audi, pour ne pas les nommer, ont fait le choix de SUV strictement routiers, la marque à l’étoile a préféré proposer de vrais 4×4 robustes, depuis le Classe G aux origines militaires jusqu’au ML (désormais baptisé GLE), qu’un pack off-road transforme en crapahuteur hors pair.
Un marché toujours attractif, et qui prépare son avenir au travers de la transition énergétique
En l’espace de 20 ans, et malgré la crise récente de la COVID, le marché automobile chinois a connu une explosion, aussi bien de la demande que de l’offre, avec l’apparition de nombreux constructeurs, dont la plupart ont opté pour des véhicules électrifiés. Et dans leurs gammes, il n’est pas rare de trouver un (ou plusieurs) 4×4 aux performances remarquables en tout-terrain, de l’Ickx K2 au Dongfeng Mengshi 917, en passant par le YangWang U8 de BYD, le Jetour Traveler, etc. Tous ne sont pas (encore) importés en Europe, mais ce n’est qu’une question de temps avant que l’on voie fleurir les propositions de 4×4 éco-responsables en provenance de l’Empire du Milieu.
Et puis, bien sûr, il y a les néo-constructeurs d’outre-Atlantique, qui eux aussi ont choisi de commercialiser des 4×4 électriques, aux accélérations aussi envoûtantes sur la route que leurs prestations hors des sentiers battus sont impressionnantes. On pense ici en tout premier lieu à Tesla avec le Model X, ou le récent Cybertruck, mais ne négligeons pas non plus Rivian (au travers du R1), ni le Lucid Gravity.
Vous l’aurez remarqué, ce que ces constructeurs ont en commun, c’est de s’orienter à marche forcée vers l’électrification, et pour un 4×4, cela s’apparente effectivement à une évidence pour plusieurs raisons. Tout d’abord, ces véhicules ayant vocation à évoluer hors des routes, c’est-à-dire au beau milieu de la nature, il est évidemment préférable qu’ils puissent y rouler sans la polluer. Ensuite, s’agissant de modèles lourds et aux coefficients aérodynamiques généralement moins bons que ceux des berlines, les consommations énergétiques peuvent rapidement s’envoler, d’où l’intérêt de ne pas les alimenter en énergies fossiles. L’objectif poursuivi consiste en effet à réduire l’empreinte carbone de leurs déplacements, et donc de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. Enfin, puisque l’on parle de véhicule aux gabarits imposants, ils offrent suffisamment d’espace pour accueillir non seulement confortablement leurs passagers, mais aussi des batteries assez grosses et performantes pour autoriser des autonomies tout à fait correctes.
Bien entendu, quasiment toutes les marques que nous avons précédemment évoquées se lancent dans la même démarche de transition énergétique de leurs 4×4, mais les nouveaux arrivants, par leur audace, ont véritablement montré la voie, et cela mérite d’être salué.
L’essentiel à retenir
Il n’y a pas véritablement de meilleures marques de 4×4 dans l’absolu, car la plupart des constructeurs low-cost, généraliste, Premium et de prestige proposent désormais de tels véhicules à leurs gammes, avec des prestations qui vont de correctes à stupéfiantes. Toutefois, ce panorama n’a sans doute pas été inutile, en ce sens qu’il a montré la pertinence de l’offre, qui se maintient, voire se renforce au fil du temps.
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