En 2021, le constructeur aux anneaux avait annoncé l’arrêt du développement de nouveaux moteurs thermiques à partir de 2026, avec une transition totale vers une gamme 100 % électrique à l’horizon 2033. Mais trois ans après sa déclaration, Audi a radicalement changé de discours. Le nouveau PDG, Gernot Döllner, en a décidé autrement. Désormais, la fin de ses motorisations thermiques n’est plus d’actualité chez Audi. Mais pourquoi ce revirement stratégique ? Et surtout, que devient l’interdiction imposée par l’Union européenne en 2035 ? Découvrez quelques éléments de réponses avec Caroom.
Les raisons du désistement d’Audi face à l’arrêt des moteurs thermiques
Le principal facteur de cette volte-face stratégique d’Audi est l’évolution du marché moins rapide que prévu, en matière d’électrification. Alors que le constructeur s’était engagé sur une trajectoire ambitieuse, les résultats ne sont malheureusement pas à la hauteur des attentes.
Les ventes des modèles 100 % électriques ont certes progressé au premier trimestre 2025, à raison de 30 %. Néanmoins, elles restent insuffisantes par rapport à la concurrence directe : avec 46 371 unités vendues, Audi se situe encore derrière BMW qui a écoulé 86 449 modèles. Cependant, la marque dépasse Mercedes qui atteint 40 706 voitures électriques vendues.
L’arrêt de la production du Q8 e-tron et la fermeture de l’usine de Bruxelles font également partie des raisons de ce changement d’avis. Ces revers industriels montrent que la clientèle n’est pas encore complètement prête à adopter l’électrique, en dépit des efforts et des offres variées des constructeurs.
Dans ce contexte, le nouveau patron Gernot Döllner prône désormais la flexibilité. Les marchés n’évoluant pas tous au même rythme, il pourrait être risqué de miser exclusivement sur une offre totalement électrique. Par conséquent, la marque entend conserver, et même renouveler son offre thermique et hybride. Selon Döllner, il n’est pas question d’abandonner l’électrification, mais plutôt de lui laisser le temps de mûrir, et de s’adapter à la réalité du marché.
Des changements au niveau de la gamme thermique
Si le constructeur allemand revient sur sa décision de supprimer la motorisation thermique, il songe également à faire évoluer sa gamme, en optant pour une stratégie plus sélective et haut de gamme.
Parmi ses premières mesures concrètes, Audi planifie la suspension des modèles A1 et Q2, jugées peu rentables. Ces modèles ne seront pas remplacés, et l’entrée de gamme sera dorénavant assurée par les Q3 et A3. D’ailleurs, une compacte électrique plus accessible et inspirée de cette dernière est prévue dès 2026.
En parallèle, Audi prévoit de monter en gamme avec l’arrivée probable d’un SUV Q9, encore plus spacieux et haut de gamme que le Q7. La marque projette, en outre, de faire renaître l’esprit des modèles sportifs emblématiques comme les R8 et TT, récemment arrêtés.
D’autre part, l’intégration totale de la plateforme PPC marque l’investissement renouvelé d’Audi dans les motorisations thermiques. Présente sur les récentes A5, A6 et Q5, elle permet d’allier performance, efficacité et hybridation. Audi envisage d’ailleurs de prendre la responsabilité du développement des gros modèles thermiques du groupe Volkswagen, une preuve de plus de sa volonté de rester actif dans ce segment.
Qu’en est-il de l’interdiction de l’UE de vendre des moteurs thermiques neufs en 2035 ?
Mais un élément pourrait désorganiser cette réorientation : l’imprécision qui plane autour de l’interdiction des moteurs thermiques en 2035 décidée par l’Union européenne. Si cette échéance reste officiellement applicable, elle fait toutefois l’objet de nombreuses critiques et incertitudes.
Cette mesure pourrait-elle réellement entrer en vigueur dans les délais annoncés ? Les infrastructures de recharge sont encore instables, le coût de l’électricité demeure élevé, tandis que les écarts de progression entre les marchés européens rendent l’interdiction difficile à mettre en place.
Au lieu de se projeter vers une électrification totale, la marque aux anneaux préfère garder une certaine marge et adapter sa stratégie en fonction de l’évolution des réglementations, des technologies et de la demande des acheteurs. En attendant 2035 et les décisions politiques qui s’ensuivront, les moteurs thermiques ont donc encore de beaux jours devant eux chez Audi !
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