Depuis sa présentation en novembre 2022 par la Commission européenne, la norme Euro 7 a été vivement critiquée par les constructeurs automobiles. Bien que prévue initialement pour 2025, son application a été repoussée à 2030 ! On fait le point.
La norme Euro 7, critiquée par les constructeurs depuis le début
La norme Euro, plus précisément, la norme européenne d’émissions, constitue un ensemble de régulations élaborées par les États membres de l’UE pour limiter les rejets polluants des voitures neuves, dans une perspective écologique.
Depuis 1992, avec des mises à jour presque tous les 5 ans, plusieurs éditions se sont succédé afin de réglementer l’évolution des véhicules à moteur. Les dates de mise en œuvre des normes varient pour les véhicules légers, les utilitaires, les motos et les poids lourds. Concernant la norme Euro 7, elle devait prendre effet le 1er juillet 2025 pour les véhicules légers et le 1er juillet 2027 pour les poids lourds. Actuellement, nous sommes encore à la norme Euro 6d.
Jugée trop stricte, la norme Euro 7 a été remise en question. En effet, les constructeurs automobiles ont été les premiers à soulever des préoccupations, avançant que l’application de cette norme serait très coûteuse, particulièrement à l’aube de l’électrification complète des voitures prévue pour 2035. Les gouvernements des pays membres de l’UE, y compris la France, dont l’économie nationale repose largement sur l’industrie automobile, n’ont pas hésité à réclamer un report, tant la concurrence chinoise est rude.
Pour rappel, les dispositions initiales de la norme Euro 7 imposaient aux moteurs diesel de réduire leurs émissions d’oxyde d’azote de 25 % et celles des particules fines de 13 %. Elle introduit également des mesures pour réduire la pollution provenant des freins et des pneus des véhicules. De plus, elle oblige les véhicules à maintenir leurs niveaux d’émissions conformes aussi longtemps que possible, soit pendant 200 000 km ou 10 ans, comparé à la norme Euro 6 qui impose une limite de 100 000 km ou 5 ans.
Reportée à 2030 avec peu de changements
Après des mois de lutte acharnée, les constructeurs automobiles ont eu gain de cause, puisque la norme ne prendra effet qu’au 1er juillet 2030 pour les véhicules légers et les camionnettes, et en 2031 pour les camions et les bus. Cette date se rapproche désormais de l’interdiction des ventes de voitures neuves à moteur thermique prévue en 2035.
Dans les modifications apportées par le Conseil européen, la différence est minime en comparant la norme 6d à la norme 7 revue. Si les nouveaux éléments liés à l’abrasion des pneumatiques et aux freins ont été préservés, les limites d’émissions de particules sont restées au même niveau, du moins pour les véhicules M1 et N1 (légers et utilitaires). À cela s’ajoutent les exigences minimales de performance concernant la durabilité des batteries des véhicules électrifiés.
Bien que l’Association des constructeurs européens d’automobiles en soit satisfaite, les défenseurs de l’environnement, tels que la fédération Transport & Environnement, désapprouvent non seulement le report à l’année 2030, mais aussi la tiédeur des initiatives en faveur de l’environnement.
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