Les débats autour des zones à faibles émissions n’arrêtent pas et récemment, plusieurs métropoles ont annoncé des reports de plusieurs années. Le gouvernement a également mis en place des nouvelles zones dites « de vigilance », de quoi perturber encore un peu plus les automobilistes, qui ne savent plus quelle voiture acheter. Mais il ne s’annonce pas vaincu et veut des solutions pour faire accepter les ZFE ! On fait le point sur la situation.
Les reports des restrictions de circulation se multiplient
Après la ZFE du Grand Paris, qui a reporté l’interdiction des véhicules Crit’Air 3 à 2025, c’est au tour de Toulouse et Bordeaux de suspendre leur ZFE respective.
Alors que celle de Toulouse devait aussi interdire les voitures classées Crit’Air 3 à partir de 2024, la métropole a constaté que la pollution avait diminué et a donc suspendu toute nouvelle restriction pour le moment. Le Conseil de Toulouse Métropole affirme que « conformément à la Loi Climat et Résilience, la mise en œuvre de restrictions concernant les véhicules Crit’air 3 sera réexaminée si, sur une période de cinq ans, les seuils autorisés étaient dépassés pour trois années. »
Quant à Bordeaux, la ZFE devait entrer en vigueur à partir de 2025, mais elle a récemment été reportée à 2030, car selon Alain Anziani, président de Bordeaux Métropole et maire de Mérignac, « la pollution due à la voiture n’est pas aussi considérable qu’on le pensait ».
Ces multiples reports interviennent suite aux recommandations du Sénat vis-à-vis de l’application des ZFE. Le gouvernement a alors décidé que les métropoles qui ne dépassent pas les seuils de qualité de l’air pouvaient reporter les prochaines restrictions de circulations. Ces dernières sont alors considérées comme des « territoires de vigilance ».
À l’inverse, les métropoles qui dépassent les seuils de qualité de l’air doivent continuer d’élargir les restrictions de circulation. C’est le cas de la ZFE de Strasbourg, Paris, Lyon, Aix-Marseille et Rouen.
Et les Français sont de plus en plus dans le flou
En début d’année, un sondage du club automobile Roole, réalisé sur un panel de 25 000 Français, avait révélé que plus de la moitié d’entre eux ne savaient pas ce qu’étaient les ZFE. On apprenait également qu’elles étaient très mal perçues par les automobilistes.
Plus récemment, un nouveau sondage a confirmé cette tendance et a même démontré que plus d’un tiers des Français comptaient braver les interdictions de circulations liées aux ZFE.
Les ZFE sont donc clairement mal aimées par les Français et les récents changements adoptés par le gouvernement ont encore un peu plus créé le flou. Résultat, la prise de décision d’acheter une voiture est devenue difficile pour 6 personnes sur 10 (64 % en France) selon le sondage annuel de l’Observatoire de l’automobile.
Cette étude est réalisée à l’échelle européenne et explique aussi que le peuple le plus réticent à l’électrique est les Français avec 20 % d’intentions d’achat, contre 43 % pour les Norvégiens, par exemple.
Or, on le sait, le but ultime des zones à faibles émissions en France est de n’y autoriser que les véhicules 100 % électriques. Le moins que l’on puisse dire c’est que la tâche s’annonce ardue…
Mais le gouvernement n’abandonne pas et veut rendre les ZFE acceptables
Pour améliorer la réputation des ZFE et faire comprendre leur utilité aux Français, le gouvernement a récemment reçu un rapport de la députée Renaissance Barbara Pompili.
Ce dernier préconise notamment un changement de nom pour plus de compréhension de la part des automobilistes, « ZFE, personne ne comprend ce que ça veut dire. En Angleterre, cela s’appelle les zones d’air propre ».
La députée s’inspire aussi des autres pays européens, où ce type de mesures est mieux accepté, pour souligner le manque d’informations. « Personne ne sait où trouver l’information et personne ne sait où trouver les aides. Il faut améliorer cela. » En Belgique, par exemple, un coach mobilité a été mis en place pour répondre aux questions des automobilistes. Cela permettrait également à ces derniers de comprendre l’utilité et l’importance des ZFE.
Enfin, Barbara Pompili indique dans son rapport remis au gouvernement, que davantage d’aides doivent être créées, notamment pour les métropoles qui doivent continuer de mettre en place des restrictions de circulation.
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