La Chine mènerait-elle une concurrence déloyale sur le marché automobile ? C’est en tout cas l’hypothèse sur laquelle l’Union européenne est en train de pencher en ce moment. Diverses preuves pousseraient en effet à penser que le gouvernement chinois subventionnerait ses constructeurs pour proposer des prix plus attractifs en Europe.
Le gouvernement chinois financerait ses marques automobiles
Depuis septembre 2023, une enquête européenne est en cours afin de déterminer si le gouvernement chinois finance ou non ses constructeurs automobiles. L’objectif serait de faire baisser les prix au maximum dans le but d’imposer le Made in China sur le Vieux Continent. Grâce aux subventions, les marques seraient en effet en mesure de réduire drastiquement leur tarif sans être déficitaires.
Si la pratique a du sens d’un point de vue géopolitique et économique, elle est cependant anti-concurrentielle. Selon l’Union européenne, elle serait d’ailleurs la cause principale de l’essor fulgurant de BYD et MG dans les ventes. À noter que le premier est récemment devenu le numéro du segment électrique, devant Tesla. Entre octobre 2023 et janvier 2024, il y a eu 177 839 importations de véhicules chinois, ce qui représente une augmentation de 14 % par rapport à la même période de l’exercice précédent.
Dans son enquête, l’UE a également remarqué une tendance similaire sur les semi-conducteurs et les produits pharmaceutiques.
L’UE veut des droits de douane plus élevés
Pour lutter contre cette pratique jugée anti-concurrentielle, l’UE prévoit d’imposer des droits de douane plus élevés pour les véhicules provenant de Chine. Si l’enquête doit encore se poursuivre jusqu’au mois de novembre, la Commission n’exclut pas la mise en place provisoire de cette mesure dès le mois de juillet 2024.
Aucun pourcentage spécifique n’a pour le moment été annoncé, mais il devrait osciller entre 10 et 20 %. À noter en effet que l’Union européenne est pour le moment l’espace commercial le plus généreux en termes de droits de douane pour les produits venant de Chine. À l’heure actuelle, ces derniers ne sont taxés qu’à 10 % contre 27,5 % aux États-Unis. Certains pays exigent d’ailleurs des taxes jusqu’à 50 % comme en Turquie.
Il ne s’agit pas de la première tentative européenne pour endiguer le raz de marée chinois sur le marché des véhicules électriques. La France, par exemple, a déjà réformé son bonus écologique afin d’exclure d’office toutes les voitures non-assemblées en Europe. Les premières cibles sont bien entendu les marques chinoises comme MG.
Celles-ci ont cependant rapidement trouvé une parade en cassant les prix. Sur ses modèles les plus populaires, MG propose par exemple jusqu’à 7 000 euros de remises.
Et vous, que pensez-vous de la bataille de prix menée par la Chine ?
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