Alors que l’électrification s’impose progressivement dans l’industrie automobile, le groupe Stellantis adopte une approche plus nuancée en maintenant ses moteurs diesel en production au moins jusqu’en 2030. Une décision stratégique qui répond à plusieurs impératifs, notamment les besoins des professionnels et des gros rouleurs, tout en assurant une transition plus progressive vers les motorisations électriques
Une prolongation du 1.5 BlueHDi jusqu’en 2030
Selon Les Échos, le constructeur va prolonger la carrière de son moteur 1.5 BlueHDi, initialement voué à disparaître en 2025. Ce bloc quatre-cylindres turbo diesel, produit en France à Metz-Trémery, sera mis à jour pour se conformer à la norme Euro 7 qui entrera en vigueur en 2026. Son maintien constitue une opportunité pour Stellantis, alors que de nombreux concurrents, comme Renault ou Volkswagen, réduisent progressivement leur offre en diesel dans le segment des véhicules particuliers. Peugeot et Citroën continueront donc à proposer cette motorisation sur certains modèles stratégiques comme la 308 ou le C5 Aircross, renforçant ainsi leur attractivité auprès des automobilistes parcourant de longues distances.

Un moteur diesel robuste pour les utilitaires
L’intérêt du diesel ne se limite pas aux véhicules particuliers. Stellantis prévoit également de prolonger la vie de son moteur 2.2 MultiJet, un quatre-cylindres turbo diesel utilisé dans ses utilitaires. Ce moteur d’origine Fiat, fabriqué en Italie à Pratola Serra, bénéficie déjà d’une pré-disposition à la norme Euro 7 et devrait être intégré dans les prochaines évolutions des fourgons du groupe, tels que le Peugeot Boxer ou le Fiat Ducato, dès 2027. Selon Les Échos, une version de ce bloc pourrait même être adaptée aux voitures particulières, une perspective qui témoigne de la volonté du groupe de capitaliser sur une technologie éprouvée et toujours pertinente pour certains usages.

Un choix stratégique pour l’industrie et l’économie
Ce maintien du diesel répond à une logique industrielle autant qu’économique. L’usine de Metz-Trémery, qui produit à la fois des moteurs thermiques et électriques, tourne actuellement en deçà de ses capacités en raison d’une demande en véhicules électriques plus faible qu’anticipé. En conservant le 1.5 BlueHDi en production, Stellantis assure ainsi une meilleure rentabilité de son outil industriel tout en évitant une transition trop brutale pour les clients encore attachés au diesel.

Une approche équilibrée entre thermique et électrique
Cette stratégie pragmatique permet à Stellantis de ménager la chèvre et le chou : d’un côté, il poursuit son développement dans l’électrification pour répondre aux impératifs environnementaux et réglementaires ; de l’autre, il maintient une offre thermique adaptée aux réalités du marché. Une approche qui, si elle peut sembler aller à contre-courant des tendances annoncées, reflète en réalité une prise en compte des attentes des professionnels et des gros rouleurs, pour qui le diesel reste une solution pertinente en termes d’autonomie et de coût d’exploitation.
Mais attention, garder des motorisations diesel dans sa gamme en Europe n’entre pas en adéquation avec la norme CAFE, qui vise justement à réduire les émissions de CO₂ moyennes d’une gamme en dessous de 95 g/km. Stellantis va certainement devoir acheter des quotas à des constructeurs comme Tesla, partenariat déjà établi, pour pouvoir continuer à vendre des moteurs diesel sans risquer l’amende.
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