Avec une stratégie commerciale peu conventionnelle, DR Automobiles occupe actuellement 2 % du marché automobile italien et ses ventes continuent de croître. Des doutes subsistent quant aux informations concernant l’origine de ses véhicules. De son côté, l’autorité italienne de la concurrence a mené son enquête ! Explications
DR Automobiles est très connue de l’autre côté des Alpes
Fondée en 2006 par un individu du nom de Massimo Di Risio, la marque DR Automobiles a déployé tous les moyens nécessaires pour être reconnue en tant que véritable constructeur automobile italien. Son site, ses références et même son logo soulignent son caractère italien. Par la suite, elle a établi un partenariat avec le groupe Finiper pour la distribution de ses véhicules dans l’ensemble de l’Italie. Jusqu’en 2009, les consommateurs avaient ainsi la possibilité d’acquérir les voitures DR auprès des hypermarchés.
L’entreprise possède une usine de « fabrication » de voitures située à Macchia d’Isernia, avec une capacité de production journalière de 100 modèles. Alors qu’il y a encore 5 ou 6 ans, les ventes n’atteignaient même pas le millier, en 2022, la marque a réussi à écouler 24 480 voitures dans tout le pays. Au cours des 9 premiers mois de l’année 2023, 24 200 modèles ont été vendus. Le réseau de distribution de DR Automobiles repose aujourd’hui sur plus de 70 concessionnaires et plus de 100 centres de service après-vente répartis sur l’ensemble du territoire italien.
Cependant, si le succès est avéré en Italie, la situation est tout autre ailleurs. En France, par exemple, seuls 2 modèles ont été vendus dans l’Hexagone depuis le début de l’année 2023. Malgré des tarifs très compétitifs, les véhicules DR ne suscitent que peu d’intérêt auprès des Français, qui sont réticents rien qu’à l’idée de supporter des taxes liées au malus écologique. En effet, les voitures DR à moteur thermique affichent des émissions de CO2 importantes, à l’instar du SUV DR 3.0 avec 173 g/km.
Et puis, il faut bien l’admettre, les véhicules DR semblent être des véhicules chinois simplement rebadgés. On peut citer quelques exemples, tels que le SUV DR 3.0 qui ressemble étrangement au modèle Tiggo 3x de Chery, le DR 7.0 qui est pratiquement une copie conforme du Tiggo 8, ou encore le DR 4.0 qui reprend les lignes du Tiggo 4 Pro. D’autres marques chinoises telles que JAC et BAIC fournissent des voitures en CKD à assembler à l’usine de Macchia d’Isernia.
Mais il a récemment été épinglé par l’autorité italienne de la concurrence
Bien que la pratique commerciale en elle-même ne soit pas réprimée, le fait d’omettre des informations sur l’origine même des véhicules vendus est considéré comme un leurre, une tromperie envers les clients.
C’est dans ce contexte que l’autorité italienne de la concurrence (AGCM) a ouvert une enquête sur les pratiques du constructeur DR Automobiles. Aux côtés de la police fiscale italienne, l’AGCM a procédé à des inspections à l’usine située à Macchia d’Isernia, ainsi qu’auprès de la société mère Donington. Selon l’AGCM, DR Automobiles aurait enfreint le code de la consommation en dissimulant l’origine des véhicules, laissant croire qu’ils étaient produits entièrement en Italie.
Pour l’heure, l’enquête suit son cours. Mais, sur le marché, les répercussions de cette supercherie dévoilée au grand jour ne seront pas anodines. Si les potentiels clients vont montrer leur hésitation, voire leur réticence, les comportements des autres constructeurs chinois quant à l’origine de leurs produits pourraient certainement évoluer.
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