Alors que la France, l’Allemagne ou la Norvège poursuivent la transition vers l’électrique à marche forcée, l’Italie semble jusqu’ici peu pressée de passer au tout électrique. Mais la situation tend à évoluer, puisque depuis le 1er octobre 2025, le gouvernement italien a instauré un dispositif d’aides à l’achat plutôt généreux. Grâce à des subventions pouvant dépasser 10 000 euros, certaines voitures électriques s’obtiennent à moins de 5 000 €. Mais ce dispositif est-il durable ? Est-il réellement avantageux, sachant qu’il profite en particulier à certains véhicules assemblés en Chine ? Les réponses avec Caroom !
Une transition vers l’électrique très lente en Italie
Jusqu’à ce jour, l’Italie accuse un certain retard en matière d’électrification. En 2024, la part de marché de l’électrique n’y atteignait que 4 à 5 %, contre près de 17 % en France et environ 90 % en Norvège. Ce décalage s’explique par divers facteurs, à commencer par le réseau de bornes de recharge local très limité, ou les prix d’achat encore élevés pour la plupart des acheteurs.
Sous le gouvernement de Giorgia Meloni, dont la position vis-à-vis de l’électrique n’est pas très positive, l’État avait un moment projeté de supprimer les aides à l’achat. Mais face aux pressions européennes et à la nécessité d’accélérer l’électrification, Rome a finalement revu sa stratégie. Dans cette optique, une enveloppe de 597 millions d’euros découlant du Plan national de relance et de résilience (PNRR) et financée par l’Union européenne vient d’être débloquée. Destiné à redynamiser l’économie italienne après la pandémie de Covid, ce plan inclut un volet visant à activer la transition écologique.
Ainsi, depuis le 1er octobre 2025, de nouvelles primes à l’achat permettent aux particuliers et aux micro-entreprises d’acquérir une voiture électrique neuve à certaines conditions. Le principe est simple : plus le revenu est bas et plus l’aide sera élevée. Les foyers dont le revenu annuel (ISEE) ne dépasse pas 30 000 euros peuvent bénéficier d’une prime plafonnée à 11 000 €. Ceux dont les revenus varient de 30 000 à 40 000 € peuvent recevoir une aide de maximale de 9 000 €. Par ailleurs, les micro-entreprises peuvent jouir d’une somme allant jusqu’à 20 000 € pour l’acquisition d’un utilitaire électrique.
En revanche, la mesure s’adresse principalement aux zones urbaines de plus de 50 000 habitants, ce qui réduit son champ d’application. Quoi qu’il en soit, les bénéficiaires devront, en contrepartie, mettre à la casse une voiture répondant à une norme Euro 5 ou antérieure.
Des modèles électriques Dacia et Leapmotor à moins de 5 000 euros !
Grâce à ces nouvelles primes, le prix de certains modèles chute à un niveau jamais vu en Europe occidentale. C’est notamment le cas de la Dacia Spring, fabriquée en Chine et dont le tarif est déjà particulièrement attractif. Pour les ménages les plus modestes respectant toutes les conditions, le coût de cette voiture s’affiche désormais à partir de 3 900 euros.
Quant à la Leapmotor T03, son tarif débute à 4 900 € seulement, soit le prix d’un vélo électrique haut de gamme ou d’un petit scooter urbain. Ces tarifs imbattables sont le résultat d’un cumul de subventions provenant de l’État et de remises constructeur, qui diminuent amplement le coût d’achat.
Les deux modèles, produits dans l’Empire du Milieu, constituent donc les premiers choix dans le cadre du programme italien. En comparaison, les véhicules européens, conçus localement, restent nettement plus chers. C’est le cas de la Fiat 500e, créée en Italie, mais dont le prix démarre à 9 950 € après déduction des aides.
Les Renault 5 E-Tech et 4 E-Tech, produites en France, présentent quant à elles un prix d’entrée autour de 15 900 € même après bonus. Selon certaines prévisions, près de 60 000 voitures pourraient être vendues grâce à ces aides d’ici juin 2026, date de bouclage du dispositif.

Une absence de score environnemental qui profite aux véhicules assemblés en Chine
Contrairement à la France, l’Italie n’a pas établi de score environnemental afin de distinguer les modèles produits en Europe de ceux importés de Chine. Pour certaines marques asiatiques, le programme est plutôt favorable. C’est ainsi que les Dacia Spring et Leapmotor T03, toutes deux fabriquées dans des usines chinoises, ont droit aux aides italiennes et ce, sans aucune restriction relative à leur empreinte carbone.
En France, ces modèles auraient été exclus du bonus écologique, en raison de ce critère environnemental fixé en fin 2023, favorisant les véhicules européens. Cette situation est paradoxale, puisque le dispositif, supposé soutenir la transition écologique européenne, contribue en réalité à consolider la dépendance envers la Chine, leader incontesté en matière de production de véhicules électriques à faible coût.
Le gouvernement italien avait un temps songé à instaurer un écoscore identique à celui de la France. Mais la mesure a été abandonnée, car en plus d’être considérée comme trop complexe, elle pourrait retarder la mise en œuvre des aides. En tout cas, cette stratégie pourrait séduire les automobilistes italiens à court terme, attirés par des prix compétitifs. Mais à moyen terme, elle risque de fragiliser la concurrentialité de l’industrie automobile européenne, déjà sous pression face aux offres des acteurs chinois.
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