Les habitudes bien ancrées peuvent rendre le passage à de nouvelles pratiques, un réel défi. C’est dans ce contexte que plusieurs pays de l’UE, y compris l’Allemagne, ont offert des subventions à l’achat d’un véhicule électrique. Toutefois, plusieurs de ces incitations économiques ont pris fin et les conséquences n’ont pas mis longtemps à se faire ressentir.
Baisse des ventes, fin des subventions et prix élevés
Depuis 2020, c’est la Roumanie qui est le pays le plus généreux en matière de subventions sur l’achat d’un véhicule électrique, avec une moyenne de 11 500 €. La France est en 3e position tandis que l’Allemagne, qui a une solide culture auto, ne figure qu’en 5e position. Même si l’introduction de ces subventions a été critiquée, cela a permis une augmentation des ventes de véhicules électriques dans tous les pays européens.
La fin des subventions gouvernementales en décembre 2023 a marqué un tournant pour le marché des voitures électriques en Allemagne. La demande intérieure a souffert, et les conséquences se font sentir sur les chaînes de production et les importations. Les véhicules électriques s’accumulent dans les parkings d’usines, chez les concessionnaires et dans les ports. C’est un phénomène qui touche aussi bien les constructeurs allemands que les importateurs comme Tesla.
À part la fin des mesures incitatives à l’achat, les prix élevés des voitures électriques constituent également un frein majeur pour les consommateurs, malgré l’intérêt croissant pour une mobilité plus propre. L’Allemagne n’est pas seule dans cette situation, le Royaume-Uni a par ailleurs mis fin à son bonus écologique, et la France a modifié le sien en introduisant un score environnemental en 2024.
Par ailleurs, les préoccupations concernant l’autonomie des batteries, le manque d’infrastructures de recharge et le coût élevé sont autant de facteurs qui freinent l’adoption des véhicules électriques. Cette tendance est confirmée par la baisse des immatriculations de voitures neuves en France et la chute significative de 30,6 % des ventes de voitures électriques en Allemagne.
En effet, l’Agence fédérale pour l’automobile (KBA) a révélé une diminution globale de 4,3 % des immatriculations en Allemagne. La Chine, quant à elle, continue d’être un acteur majeur dans l’exportation de voitures électriques, malgré l’accumulation de véhicules invendus. Un fait qui devrait changer puisque l’Union européenne prévoit d’ajouter de nouvelles restrictions sur les voitures électriques chinoises.
Résultat, 100 000 voitures électriques entreposées en Allemagne
Selon une étude, environ 100 000 voitures électriques sont actuellement stockées dans des parkings à travers le pays, près des usines, des concessions et des ports.
Tesla, le constructeur américain de voitures électriques, est particulièrement touché par cette baisse des ventes, avec une chute de 64 %. Ces stocks de véhicules électriques sont à leur plus haut niveau, comme on le constate à Brandebourg. Le port de Bremerhaven, où arrivent la plupart des voitures importées, notamment de Chine, est également confronté à ce problème de surstockage. Cette situation n’est pas propre à l’Allemagne puisque le port d’Anvers, en Belgique, est aussi saturé.
Face à cette surabondance de l’offre face à la demande, certains constructeurs ont annoncé leur intention de réduire leur volume de production. Tesla, par exemple, a arrêté son usine de Berlin pendant cinq jours en juin. Pourtant, l’Allemagne était auparavant un leader sur le segment de l’électrique, avec 524 200 voitures électriques vendues sur son territoire et 786 000 exportées.
Pour faire face à l’urgence de la situation, la Fédération allemande des constructeurs automobiles internationaux (VDIK) a appelé le gouvernement à prendre ses responsabilités. L’une des pistes avancées est de réduire la facture énergétique en Allemagne.
L’autre possibilité sera de baisser les prix comme le font les constructeurs chinois, BYD et MG. En effet, les constructeurs auto doivent rendre les voitures électriques plus abordables pour stimuler la demande. Certains leaders européens, comme Renault, ont déjà emboîté le pas aux entreprises chinoises.
Plusieurs constructeurs ont annoncé leur volonté de revenir aux véhicules thermiques et de consolider leur offre hybride. Quelles sont, d’après vous, les vraies solutions pour démocratiser les véhicules électriques ?
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