C’était l’une des cartes majeures que Leapmotor avait à jouer pour s’imposer sur le marché européen de la voiture électrique. En misant sur un assemblage partiel de sa citadine T03 en Europe, la jeune marque chinoise espérait contourner les critères stricts du bonus écologique français. Une stratégie qui n’a pas tenu face à la fermeté des autorités. Résultat : la T03 ne sera finalement plus produite en Pologne, et sa commercialisation en France se poursuivra sans aide à l’achat.
Une ambition contrariée par un tour de vis réglementaire
À la fin de l’année dernière, à l’occasion des essais presse organisés à Milan, Leapmotor – filiale du groupe Stellantis – affichait une ambition claire : rendre la T03, sa petite électrique low cost, éligible au bonus écologique française. Pour cela, la marque avait décidé d’assembler le modèle dans l’usine Stellantis de Tichy, en Pologne, aux côtés d’autres véhicules du groupe comme les Fiat 600 ou Alfa Romeo Junior.

Mais si l’assemblage final avait lieu en Europe, la quasi-totalité des composants – batteries, châssis, moteurs – provenait toujours de Chine. Une approche jugée insuffisante par les autorités françaises, qui ont décidé en janvier de restreindre drastiquement les conditions d’attribution du bonus. Seuls les véhicules produits de A à Z sur le sol européen peuvent désormais prétendre à cette aide publique. Un durcissement qui a eu raison des ambitions de Leapmotor.
Un retrait discret mais sans appel
Face à cette impasse, la marque n’a eu d’autre choix que de renoncer. En effet, Stellantis a confirmé que “l’assemblage de la T03 dans l’usine de Tichy a cessé le 30 mars dernier”, mettant ainsi un terme à une tentative de contournement pourtant annoncée avec insistance.

Cette situation enterre définitivement les espoirs de voir la Leapmotor T03 figurer sur la liste des modèles éligibles au bonus écologique français. Pour les clients, cela signifie un prix d’achat inchangé, à 19 500 € hors aides, soit un positionnement moins compétitif face à une Dacia Spring vendue dès 16 900 € bonus compris.
Une fiche technique pourtant flatteuse
Sur le papier, la Leapmotor T03 présente pourtant de sérieux atouts pour séduire les citadins. Avec son moteur de 95 cheveux, ses équipements assez nombreux (climatisation automatique, écran tactile 10,1 pouces, toit panoramique, caméra de recul…) et ses dimensions compactes, elle offre un niveau de prestations supérieur à celui de la Dacia Spring, plus rustique et nettement moins puissante, de seulement 45 chevaux.

Mais sans incitation fiscale, difficile de combler l’écart de notoriété et de réseau face à la marque roumaine. En 2023, seuls 258 exemplaires de la T03 ont trouvé preneur en France. Un chiffre difficile à embellir, surtout face aux 5 000 unités de Spring vendues la même année, et 5 000 exemplaires est déjà une performance en baisse pour le Spring.
Un avenir incertain en France
Depuis le début de l’année, les ventes de la T03 ont légèrement progressé, avec un peu plus de 600 immatriculations au premier trimestre. Mais c’est encore trois fois moins que sa rivale roumaine, qui continue de dominer le segment malgré ses limites.
Sans bonus, avec une production désormais intégralement relocalisée en Chine, la T03 risque de rester cantonnée à une diffusion très confidentielle sur notre marché européen. Reste à savoir si Leapmotor saura rebondir avec de futurs modèles plus adaptés aux exigences européennes… et capables, cette fois, de décrocher le précieux sésame du bonus écologique.
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