Retirée du marché français lors de son restylage, la Hyundai Ioniq 6 revient sur nos routes. Mais uniquement dans sa déclinaison sportive N, forte de 650 ch et facturée 79 000 euros.
Un retour par le haut après un échec commercial
La trajectoire de la Ioniq 6 en France tient de la sanction. Lancée fin 2022 face aux Volkswagen ID.7, BYD Seal et Tesla Model 3, la berline coréenne s’est écoulée à moins de 1 600 exemplaires en quatre ans. Soit trente fois moins que la Model 3 sur la même période.
Plusieurs facteurs se conjuguent : tarifs élevés, style clivant, éco-score insuffisant pour prétendre aux aides à l’achat françaises… Hyundai avait donc renoncé à commercialiser chez nous la version restylée, pourtant disponible ailleurs en Europe depuis 2025.
Le constructeur change d’approche sans revenir sur son constat. La Ioniq 6 reparaît au catalogue, mais seulement la version sportive N.
Jusqu’à 655 ch pendant dix secondes
La Ioniq 6 N emprunte son groupe motopropulseur au crossover Ioniq 5 N. Ses deux moteurs délivrent 609 ch et 740 Nm en configuration normale, avec transmission intégrale. La fonction N Grin Boost fait grimper l’ensemble à 650 ch et 770 Nm, mais pendant dix secondes seulement.
Malgré les 2 241 kg affichés sur la balance, comptez 3,3 secondes pour atteindre le 0 à 100 km/h et 257 km/h de vitesse de pointe. La batterie de 84 kWh autorise 487 km d’autonomie en cycle mixte WLTP, avec une recharge de 10 à 80 % en 18 minutes sur une borne délivrant 350 kW.
Le châssis a été repris en profondeur pour encaisser cette puissance. Les voies s’élargissent, ce qui pose la voiture plus fermement sur la route dans les virages rapides. La suspension s’adapte en permanence à l’état de la chaussée et au style de conduite, et la structure a été rigidifiée pour limiter les déformations en appui.
Le freinage a lui aussi été surdimensionné, une nécessité sur une berline de 2 241 kg lancée à ce rythme. Les disques avant, plus grands, résistent mieux à l’échauffement lors d’une session sur circuit.
Une fausse boîte de vitesses et un tarif à relativiser
Hyundai reconduit sur cette berline les deux équipements qui ont fait le succès de la Ioniq 5 N, à savoir une simulation de boîte de vitesses reproduisant les passages de rapports et les à-coups d’une transmission classique, accompagnée d’une sonorité moteur synthétique. S’y ajoutent le N Drift Optimizer, qui autorise les dérives du train arrière, et l’application N Track Manager, qui livre des données télémétriques sur des tracés configurables.
Le reste de la dotation ne laisse aucun équipement de côté, avec des sièges baquets chauffants et ventilés, une sellerie cuir et Alcantara, un double écran de 12,3 pouces, un système audio Bose, des caméras à 360 degrés et une conduite semi-autonome de niveau 2.
La Hyundai Ioniq 6 N est d’ores et déjà disponible à la commande à partir de 79 000 euros, un tarif qui la place sous la plupart de ses rivales électriques. Une Porsche Taycan GTS de 700 ch coûte près du double, une Audi S6 e-tron Sportback de 503 ch réclame quelque 25 000 euros de plus, et l’Alpine A390 GTS se négocie à 77 600 euros pour 470 ch. Seule la Tesla Model 3 Performance descend plus bas, avec environ 22 000 euros d’écart, mais ses 460 ch la placent dans une catégorie inférieure.
0 commentaires sur cet article
Commentez cet article